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24 octobre 2020

Mes Réflexions sur l’avenir d’Haïti en la Fête de la Présentation de l’Enfant Jésus au Temple de Jérusalem.

Mes Réflexions sur l'avenir d'Haïti en la Fête de la Présentation de l'Enfant Jésus au Temple de Jérusalem. 1

Paru le 2 Février 2020.
Père Jean-Miguel Auguste.

Il aurait pu être de bon augure de signer un accord politique consensuel en ce jour palindrome. En ce jour de la Fête de la Lumière (La Chandeleur), une clarté spéciale aurait pu accompagner la fin d’une crise politique destructrice pour le pays, qui n’a que trop duré. La fête de la Chandeleur nous apprend que les parents de Jésus, Joseph et Marie, respectaient les traditions et rituels de leur Religion juive et nationale. Ils se rendaient au temple, fervents et humbles, présenter leur enfant au Seigneur. Geste répété par ma mère quand, elle nous emmenait, enfants, à l’église tôt le dimanche matin dans un soupir et dans une prière simple que je ne comprenais pas à l’époque : » Bondyé men pitit ou yo mwen mennen ba ou. » Comme si c’était la seule qu’elle connaissait. Mais c’est bien celle-ci qui a formé et nourri mon identité. Ma chrétienté et ma catholicité s’enracinent dans cette humble prière maternelle. Nous appartenons au Seigneur… Il n’y avait rien de plus beau dans mon enfance et dans ma prime jeunesse que de voir les familles de la ville de Petit-Goâve, où je suis né et j’ai grandi, se diriger vers la Maison du Seigneur, le dimanche matin. Cette ambiance et ces moments sacrés, ont formé mon caractère et aiguisé mon sens du beau, du vrai, du sublime, du solennel, du mystérieux et du spirituel. Et ils m’ont guidé, ma vie durant, dans mes choix, mes décisions, mes dires et mes actions. Pour cette base de vie chrétienne, je demeure mille fois reconnaissant envers ma mère qui vient de partir et qui fut mon directrice spirituel. Je n’oublierai jamais sa Devise et son Conseil : « Fais toujours ce qui est utile et vrai, beau et agréable partout et toujours”. J’avoue ne pas toujours les avoir respectés mais je m’y attèle.

C’est pourquoi je rêve du beau pour mon Pays, pour sa jeunesse et pour les haïtiennes et les haïtiens qui ne sont pas encore nés. Lentement je réalise que je deviens ou que je suis devenu passionné de la cause haïtienne, de son présent comme de son futur, de son développement comme de sa modernisation, de son environnement comme de sa prospérité, de sa dignité comme de sa grandeur. Je me surprends à rêver d’une Haïti pleine de succès partout et toujours, dans la politique comme dans les sports, dans l’agriculture comme dans l’industrialisation, dans les sciences comme dans les arts comme, dans le tourisme comme dans la technologie, dans l’éducation comme dans la santé, dans l’urbanisme comme dans la sécurité, dans la diplomatie comme dans les politiques publiques.

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Pourtant la réalité est tout autre. Elle est faite et se nourrit d’échecs et de tintinnades comme ce fut le cas pour les pseudo-négociations à la Nonciature.

Pourquoi aimons-nous autant conjuguer le verbe échouer et à tous ses temps?

Nos échecs ne sont pourtant pas inévitables. Avec un peu d’abnégation, de logique, de planification, de sérieux, ils peuvent être corrigés et même transformés en succès. Qui ignore la mauvaise foi du Président ? Ses Premiers Ministres : Lafontant, Céant, Lepin, William Michel, ont chacun été choisis suite à des dialogues, sans pour autant en être le fruit. Tous ont été sélectionnés unilatéralement par le Président Moïse après ces dialogues bidons. Faut-il plus de preuves pour être convaincu que le Président de la République ne recherche que l’ersatz du dialogue, qu’un dialogue de façade. Rien ne justifie la présence, l’engagement et la participation de ces hommes d’une certaine réputation que sont Victor Benoit, Paul Denis, Gardy Leblanc ou Joseph Lambert. Des personnalités que j’aime et que je respecte.

Cependant comment prennent-ils autant plaisir à se faire rouler dans la même farine avariée par le même mauvais boulanger?

Négocier, c’est donner et recevoir. N’ayant ni le support de la population ni celui de la rue, qu’avaient-ils à donner et offrir au Président Jovenel pour lui exiger le poste de Premier Ministre et des élections générales anticipées?

On négocie, on n’obtient et on ne cède que lorsqu’on a peur des rétributions, des conséquences et qu’on se sent menacé. Aller aux négociations les mains vides et sans troupe, est d’une naïveté et puérilité déconcertantes. La preuve : c’est qu’à l’annonce de l’échec de cet énième dialogue, la population haïtienne est demeurée coite. Il n’y a eu ni agitation de rues et encore moins de mobilisation.

L’opposition, en réalité, a raté les bonnes occasions de négocier. Il fallait le faire au moment où des milliers de manifestants dans les rues réclamaient le départ du Président, l’arrestation et le jugement de tous nos dilapidateurs/voleurs/décherpilleurs. A ce moment l’opposition bénéficiait du parfait momentum. Malheureusement, mal inspirée, elle n’a pas saisi cette opportunité pour faire avancer la cause du peuple Haïtien. C’est bien dommage !

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Malgré tout, le Président Jovenel n’a pas gagné. Sa mauvaise foi est mise à nue maintenant. Il ne peut plus prétendre vouloir négocier une sortie de crise. Il devient et demeure le grand problème, l’obstacle majeur pour le Pays et l’International. Je suis certain que le Core Group va encore s’immiscer dans nos affaires et forcer les acteurs à revenir à la table de négociation. Espérons que cette fois, les vrais représentants du peuple et du secteur populaire seront également présents pour obliger les représentants de ces pays à respecter la volonté du peuple haitien dans sa grande majorité, tel que le réclame la DEMOCRATIE.

Il est grand temps que ce pays soit pris au sérieux. Pour cela, il faut une prise en charge par des hommes et des femmes de très grande compétence et d’un patriotisme inébranlable qui se mettront au service du pays et travailleront sous un leadership dynamique focalisé sur une vision réaliste, nette et claire.

Je réitère ma position : laissez le Président Jovenel faire sa course en solitaire et terminer son mandat, sans cohabitation et sans partage de pouvoir et de responsabilités. Le PHTK en est à jeter ses derniers feux et son déclin est garanti par sa non-performance. Messi 1 et Messi 2 du PHTK n’ont été que des  » Mess » comme dirait l’Américain. Une fois de plus au grand détriment du pays.

A la couche saine de la population de devenir des Arc-en-ciel dans les nuages de notre Haïti.

Ainsi pourrons-nous, un jour, entonner dans notre pays cette chanson de Siméon le Vieillard et le Sage :  » Et maintenant, ô Maître Souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut… »

Bonne Fête de la Chandeleur.

Père Jean-Miguel Auguste

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