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17 novembre 2019

Chili et le VIH/SIDA: une menace pour la migration haïtienne.

Le docteur Jean Ford Figaro, MD/MSC/HEM,
Consultant en santé publique
Professeur de médecine sociale
Expert en santé publique, invite les jeunes haïtiens à la prévention du VIH/SIDA au Chili

Au delà d’un devoir médical d’alerter et de prévenir sur les maladies infectieuses, contagieuses et chroniques, il est celui aussi d’un médecin patriote de mettre la puce à l’oreille de mes compatriotes haïtiens sur les menaces de santé publique sur le territoire national et d’outre-mer. J’étais plus que stupéfait de constater que les nouvelles faisant état de la re-émergence à une vitesse galopante de l’épidémie de VIH/SIDA au Chili, n’a pas créé une agitation et un vacarme au niveau de la presse nationale et suscité une alerte épidémiologique au niveau du ministère de la santé publique.

Je suis paniqué de peur du fait qu’une grande partie de nos jeunes, qui ont été forcés de laisser le pays à cause des problèmes socio-économiques, ne soient pas imbus de cette situation.

Selon l’Université de Chili, le pays sud-américain connaît ces dernières années une forte hausse des cas de VIH/SIDA. Elle constate une augmentation record et l’incidence a doublé entre 2010 et 2018. D’après les chiffres du ministère de la santé publique du Chili, 2900 cas avaient été recensés en 2010, 5816 ont été dépistés en 2017, soit un bond de 96%. À cela, il faut ajouter, selon les données, que le taux de décès lié à cette pandémie donne de quoi s’inquiéter, soit 2.9 pour 100000 habitants au Chili, donc on parle du triple de la moyenne mondiale.
Le journal chilien “La segunda” a rapporté les propos du spécialiste Alejandro Afjani, de l’hôpital de l’université de Chili, et je cite “le VIH/ SIDA est totalement hors de contrôle, et que, en tant que pays, nous avons atteint le fond”. Le médecin a indiqué qu’il y a au moins “40 000 personnes infectées qui ne le savent pas encore”. Il estime selon les projections, le nombre peut être environ 100 000 infectés.

Il faut rappeler que le Chili est le seul pays de l’Amérique latine, de la Caraïbe et même de l’Afrique sub-saharienne, à connaître cette remontée exponentielle de la maladie. Le gouvernement pense déjà à développer une politique publique capable de diminuer la virulence de cette pathologie qui a causé pas mal de problèmes à notre pays. Dans les années 80 ,les spéculations que la nouvelle maladie mystérieuse des 4 H (Haïtiens, homosexuels, hémophiles, héroïnomanes) pouvait avoir comme origine l’île d’Haïti. Heureusement, la science a démenti les accusations gratuites qui ont coûtées en partie la disparition de l’industrie touristique, florissante à l’époque. Nous restons avec les cicatrices de ce tort infligé à notre orgueil et dignité de peuple, sans aucune forme de réparation.

Malgré une baisse considérable des voyageurs haïtiens au Chili, causée par des restrictions émanées du nouveau président de la droite Chilienne, nos compatriotes n’ont pas perdu l’espoir de s’envoler vers ses cieux dits, plus “Cléments.”
Il est regrettable de dire que personne n’a passé des informations ou donné des condoms à ces derniers, qui pour la plupart sont des jeunes inexpérimentés dans la vie sexuelle.

Sur les réseaux sociaux, il fait pitié de voir comment des jeunes haïtiens s’exhibent avec des femmes “blanches” chiliennes avec une vantardise extrême, faisant savoir qu’ils ont trouvé “l’amour”. Ils affirment que ces dernières font étalage de leur bonne performance sexuelle. Et au cours de mon voyage effectué au cours de l’année 2017 au Chili, je pouvais constater qu’une bonne partie de nos femmes haïtiennes étaient tombées enceintes et selon mon investigation, leurs partenaires étaient, soit des haïtiens, des chiliens ou d’autres citoyens étrangers qui bien sûr, abusent de l’innocence et des problèmes migratoires dont elles font face après l’expiration du délai de quatre vingt dix jours.

Tout en souhaitant, que le Chili se relève rapidement de cette situation, il faut alerter nos visiteurs et ceux s’y trouvent déjà de prendre des précautions et d’adopter les mesures préventives telles que l’utilisation correcte d’un préservatif. Les études ont démontré une baisse de 13% de de ce méthode préventif dans la république de Pinochet. Aux jeunes haïtiens du Chili, je vous mets en garde et soyez protégés!!

Auteur: Dr Jean Ford Figaro