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9 décembre 2019

Le pays sera exactement ce que veulent le corps législatif et le peuple haïtien.

Par Carlens NAPOLEON
Le Philanthrope.

Temps de lecture: 3mns.

Même quand ici on change pour ne rien changer, on remplace pour tenir les mêmes pratiques et empirer le statu quo à des fins politiciennes; il faudrait en toute évidence comprendre et évaluer la dimension du pouvoir de nos parlementaires, puis regarder et analyser le degré de leur complicité dans notre misère de peuple suite à ce remaniement effectué dans la nuit du 23 au 24 avril 2018.

Par rapport au régime politique dont nous sommes, les députés et sénateurs exercent délibérément leurs emprises sur le fonctionnement du pouvoir exécutif. Ces derniers, pendant les semministreaines écoulées, montaient au créneau pour envoyer un ultimatum au président de la République et au premier ministre Jacques Guy LAFONTANT concernant le dossier du remaniement ministériel. Certains d’entre-eux menaçaient de renvoyer le gouvernement dans son ensemble si on ne procederait pas au renvoi de certains ministres. Et de fait, l’administration MOISE/LAFONTANT se laisse guider au caprice des parlementaires en remplaçant inéluctablement 5 ministres dans l’appareil gouvernemental.

Au ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, Jobert C. Angrand Prend la place de l’agronome Carmel Béliard. Au ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Jean-Marie Reynaldo Brunet succède Rudolph St-Albin. Jean Roudy Aly, un cadre du ministère, detrone Me Heidi Fortuné, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique pour en prendre le règne de ce ministère. Le journaliste enquêteur Guyler C. Delva devient le nouveau ministre de la Culture et de la Communication après le renvoi de Limond Toussaint. Le ministère des Haïtiens vivant à l’étranger revient à Guy André Junior François qui était entre les mains de la ministre des Affaires sociales Stéphanie Auguste.

En fait, que pouvons-nous tirer comme réflexion suite à ce branle-bas de combat sur les ambitions et les désirs politiques de nos dirigeants?

Comme réflexion, nous pouvons soutenir que les parlementaires peuvent garantir le bien-être des citoyens haïtiens, s’ils veulent, en faisant des recommandations qui vont au profit de leur désidératas. Malgré le président a mis beaucoup de réticences, il arrive à être succombé sous le poids du parlement. Ce qu’implique qu’aujourd’hui, il est inutile de solliciter le départ du président quand surgissent les problèmes sociaux. Il est préférable à ce que la population procède à l’interpellation du parlement et demande la dissolution de cette structure au cas échéant. Parce qu’elle pourrait permettre de nous débarrasser d’un carcan imposé par le président ou le gouvernement en place.

En outre, cet acte de remaniement nous montre à quel point que Jovenel MOISE était innocent dans l’affaire du budget. Les parlementaires montrent qu’ils sont les premiers complices dans notre misère de peuple. Il est clair pour tout le monde que les élections s’approchent, ce remaniement se fait dans l’optique de répondre aux besoins des députés qui souhaitent d’être réélus pour un énième mandat. Donc, cet acte expose à la vue de tous comment qu’ils se regroupent aisément quand il s’agit d’une affaire personnelle ou clanique.

Claude Bariteau, un professeur d’anthropologie avance dans son allocution que: «Les institutions politiques devraient être là pour répondre au désir des citoyens de participer aux débats qui les concernent. Ces changements majeurs effectués dans la nuit du lundi 23 avril 2018, quoiqu’ils restent la traduction parfaite des interventions du corps législatif haïtien, n’apporteront guère du soulagement à la misère de la population haïtienne contrairement à ce qu’on devrait croire au dire du professeur. Ils se font au profit de la bande majoritaire se trouvant au parlement haïtien.

Il est à souligner que « Le régime parlementaire est avant tout, selon les experts du domaine politique, un produit de l’Histoire dont on n’a réalisé qu’a posteriori la théorisation ». Face à une telle configuration, les parlementaires représentent les yeux de la population dans l’espace du pouvoir. Ils sont les co-dépositaires de la souveraineté nationale.

En fin de compte, si le parlement émane du vote populaire lors des élections législatives démocratiques, il sera donc impérieux pour que le peuple haïtien change désormais son regard d’autrefois pour faire le choix des personnes responsables et sensibles à sa vie calamiteusement inhumaine, une fois investi au poste législatif. Au cas contraire, notre dénuement serait perpétuel.

Paru le 24 avril 2018.

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