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7 octobre 2022

Le président du PNSP, Frantzo Réjouis, écrit une lettre ouverte au Secrétaire Général de l’ONU

Le président du PNSP, Frantzo Réjouis, écrit une lettre ouverte au Secrétaire Général de l'ONU

Président du Parti Nasyonal Seksyonm se Priyorite m (PNSP).
Frantzo Réjouis.
Tél : (509) 34 05 39 83
Email : [email protected]
 
Au (x) : Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (ONU).
Antonio Guterres,
en ses bureaux.
 
Objet : Lettre ouverte.

Port-au-Prince, le 21 septembre 2022.
 
Monsieur le Secrétaire Général.
 
Je profite de la présente, en ma qualité du président du PNSP, pour encourager les efforts que vous avez accomplis depuis votre nomination et l’engagement continu des Nations Unies à soutenir le peuple haïtien sur la voie de la paix et du développement, par le biais d’un nouveau partenariat. Ce, en dépit des maigres acquis démocratiques suite aux différentes missions de maintien de paix qui peinent à donner les résultats escomptés vingt-huit (28) ans après.
 
Cependant, je rappelle que l’exercice quotidien des droits des membres d’une société complexifiée par le pluralisme et la présence de multiples organisations non étatiques aboutissent à une fragilisation même de la primauté du droit comme principe d’un Etat démocratique. L’espace public politique a alors pour fonction de rétablir la cohésion sociale en établissant des règles de conduite basées sur la discussion rationnelle et à même de régir la vie des hommes. Tel est le rôle de la société civile. Pourtant, même la société civile est sous la menace de la domination qui prévaut dans toutes les sphères politiques en Haïti.
 
Il est important de vous rappeler que le crime économique rongeant le pays va intensifier avec l’option « awousa » utilisée pour dépouiller le peuple Haïtien, en situation de faiblesse. Tabassé, pillé, coincé par l’inconscience des acteurs du chaos, tenaillé par la misère et la violence, il vit l’illusion et le désespoir. Ainsi, l’idée d’augmenter à nouveau des prix du carburant décidée par ces mercenaires politiques ou aloufa au pouvoir traduit le niveau de criminalité d’une série de potentats nationaux et internationaux sans gênes et sans humanité. Un complot mûrement réfléchi pour continuer le désarroi et l’appauvrissement du plus grand nombre aux fins d’assurer leur pérennisation au pouvoir.

Après maintes tergiversations, le gouvernement de facto décide d’augmenter les prix des produits pétroliers sur le marché. En décembre 2021, le prix du gallon de gazoline passait de 201 à 250 gourdes, le diesel, 169 à 353 gourdes et le kérosène, 163 à 352 gourdes à la pompe. Qui pis est, en moins d’un mois, c’est pour la deuxième fois que le prix est revu à la hausse. Ainsi, le gallon de la gazoline passe de (250 à 570 gourdes), le diesel (353 à 670 gourdes), le kérozene (352 à 665 gourdes). Pendant que le salaire des ouvriers reste fixe, les prix de produits de première nécessité grimpent au passage, la dévaluation de la monnaie nationale continue par rapport au dollars.
 
De plus, vous savez pertinemment que la dignité ne doit pas être un simple concept pour embellir le discours politique mais un engagement pour doter la grande majorité, négligée de toute politique publique de proximité, un minimum vital nécessaire. C’est pourquoi le PNSP part en guerre contre toute décision démocraticide, liberticide et cleptocratique. Hélas !
 
Monsieur le Secrétaire Général.
 
Je pense qu’il est opportun pour cette nouvelle classe de jeunes politiques, nationalistes haïtiens de restaurer la grandeur morale propre de l’État, par l’application ou le développement des grandes théories de politiques publiques soucieuses aux revendications populaires.  Puisque le capitalisme d’État doit enfin compenser le crime économique basant sur la décapitalisation causée par le plan néolibéral.

Pour ce faire, il faut premièrement reviser la politique extérieure (diplomatie, coopération externe) puis récupérer ensuite le monopole de la production collective, transformation, l’autosuffisance, l’exportation dans la perspective de refonder l’État (de droit) par la rurbanisation, force motrice de la Deghettoïsation du pays.
 
C’est pourquoi je suis préoccupé par votre récente déclaration surprenante concernant les manifestations, infiltrées dans laquelle vous indexez ou pointez du doigt la jeunesse du pays assimilée aux gangsters girouettes travaillant à la solde des corrupteurs, corrompus et racketteurs de tout poil. Elle est erronée et ne reflète pas la réalité. Or, je doute fort que du haut de vos expériences de diplomate vous soyez trompé aussi facilement sur les conséquences de la crise politique actuelle. N’étant autre que le résultat du poids de la mauvaise gouvernance et d’ingérence étrangère dans les affaires internes d’Haïti. À moins que vous étiez induit en erreur.
 
Il devient une nécessité pour la population haïtienne estimée d’environ douze (12) millions habitants, dont plus de la moitié étant constituée des « jeunes » (révolutionnaires), de revendiquer son « droit à l’insurrection » contre la tyrannie et le despotisme des autorités en place. Conformément à l’article 35 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
 
Enfin, je vous invite donc à revoir la politique sélective de double standard répertoriée dans les rapports des organismes onusiens selon leur accointance avec les dirigeants haïtiens. Tout en souhaitant aux représentants ou diplomates des organisations à vocation universelle et régionales (ONU, U.E, OEA…) que ceux de certains pays dits  » Amis d’Haïti » d’en finir avec la campagne de dénigrement à l’égard de la Première République Noire (Haïti).
 
Comptant sur votre esprit de bon jugement, je vous prie Monsieur le Secrétaire général des Nations-Unies, d’agréer mes sentiments patriotiques.
 
Signé 

Frantzo Réjouis,  Président du PNSP.

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