Trois Américains d’origine haïtienne élus aux conseils scolaires en Floride, une première historique dans le sud de la Floride

7 novembre 2026

Trois Américains d'origine haïtienne élus aux conseils scolaires en Floride, une première historique dans le sud de la Floride

Lors du scrutin très attendu du 3 novembre, Marly Métayer, malgré une campagne très médiatisée, n’a pas réussi à ravir le siège de la commission municipale de Coral Springs, anciennement détenu par sa défunte fille, Nancy Métayer, vice-maires de la ville, qui a été tragiquement tuée plus tôt cette année. Cependant, trois autres femmes ont marqué l’histoire en devenant les premières Américaines d’origine Haïtienne à siéger dans des conseils scolaires dans la grande région de la Floride du Sud.

Cynthia Alcéus Dominique, Christina Romélus et Linda Cothière ont remporté leurs élections dans des conseils d’écoles publiques situés dans des districts fortement peuplés d’Haitiens, à Broward, Miami-Dade et Palm Beach.

« Ce serait formidable si toutes nos candidates issues de nos communautés avaient remporté leur scrutin », confie Dieudonne Joisil, enseignante dans la région de Fort Lauderdale, à Broward, depuis près de 40 ans.

« Mais en politique, il faut accepter de gagner ou de perdre », poursuit-elle. « Ce qui est certain, c’est que c’est une étape importante que d’être représentée dans les trois principaux conseils scolaires de la région. Il faut savoir se satisfaire de ce qu’on a tout en bâtissant sur cette base pour obtenir encore plus. »

Dans le comté de Broward

Agée de 41 ans, Cynthia Alcéus Dominique a remporté sans difficulté le siège dans le district 7 lors du premier tour, le 18 août, avec environ 60 % des voix. Infirmière diplômée, vétérane de la réserve militaire et engagée dans la vie associative, Dominique possède une expérience à la croisée des chemins entre la santé, le service militaire et l’engagement communautaire dans le système scolaire.

Originaire de Broward, elle a été élevée par une mère immigrée haïtienne qui n’avait jamais fréquenté l’école. Malgré cette absence de scolarité formelle, sa mère a toujours encouragé sa fille à réussir. Diplômée en sciences infirmières avec un master à l’Université de Miami, elle enseigne également en tant que professeur associée à la Nova Southeastern University.

Elle n’est pas inconnue du système scolaire de la région, ayant consacré près d’une décennie à faire du bénévolat et à occuper des postes de responsabilité dans diverses associations et conseils consultatifs, notamment l’Association des parents et enseignants (PTA), les conseils consultatifs d’écoles (SAC), le Conseil consultatif de la région Nord (NAAC) ainsi que le Conseil consultatif du district (DAC).

Au conseil scolaire, elle représentera une zone comprenant Coconut Creek, Deerfield Beach, Hillsboro Beach, Lighthouse Point, Margate, Pompano Beach ainsi que la région tribale.

Comme dans la majorité des conseils scolaires de Floride du Sud, cette élection s’est déroulée dans un contexte marqué par des difficultés financières, des fermetures d’écoles et une chute du nombre d’inscriptions, qui a conduit le district à réduire ses dépenses en supprimant 1 000 postes. Entre les années scolaires 2024-2025 et 2025-2026, la perte d’élèves s’élève à près de 5 %.

Dans le comté de Palm Beach

Contrairement à Dominique, qui a remporté son siège dans Broward lors du premier tour, Christina Romélus a été élue dans le district 4 en novembre avec environ 62 % des suffrages.

Native de Port-au-Prince, la jeune femme de 38 ans a précédemment été commissaire de la ville de Boynton Beach et vice-maires de la ville. Son parcours professionnel comprend l’enseignement infirmier, la formation universitaire et le conseil en affaires publiques et politiques.

Élue pour la première fois en 2016 à l’âge de 27 ans, elle a exercé son mandat pendant six ans. En dehors de son engagement politique, elle est forte d’une expérience diversifiée en soins infirmiers, notamment comme professeur d’anatomie et de physiologie à Palm Beach State College.

Mariée et mère de deux enfants, Romélus a fondé et dirige PolitiCALM, une société spécialisée dans la consultation en affaires publiques, la stratégie politique et la formation au leadership.

Elle possède un Bachelor en biologie/chimie de l’Université de Miami et un Master en sciences biomédicales de l’Université Barry.

Au conseil scolaire, elle représentera une zone allant de West Palm Beach à Boca Raton, en bord de mer.

Dans le comté de Miami-Dade

La troisième victoire, et non des moindres, a été enregistrée dans le comté de Miami-Dade, où Linda Cothière a également battu sa rivale et devient la première Américaine d’origine haïtienne à siéger au conseil scolaire.

Elle a battu la candidate concurrente, Katrina Wilson, lors du second tour le 3 novembre, avec 51,6 % des voix, contre 48,4 %. Originaire de Cap-Haïtien et immigrée aux États-Unis à l’âge de 15 ans, Cothière possède plus de trente ans d’expérience en enseignement dans le système éducatif public de Miami-Dade.

Elle représentera des quartiers comme Miami Gardens, North Miami, North Miami Beach et Opa-locka.

Au total, ces victoires placent des femmes américaines d’origine haïtienne dans des postes de direction au sein des conseils scolaires dans trois des plus grands districts de la Floride du Sud, où les décisions concernant l’éducation publique touchent des centaines de milliers d’élèves et de familles.

« C’est une période très enthousiasmante et rafraîchissante pour la communauté haïtienne en Floride du Sud », déclare Waltere G. Bien-Aimé, résident de Coconut Creek. « Il est essentiel que la communauté sache qu’il existe des personnes dans les conseils scolaires qui comprennent notre culture ainsi que les besoins éducatifs de nos enfants. »

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.