Les agents municipaux de New York dont le statut TPS pour Haïti arrive à expiration seront contraints de quitter leur emploi
Les employés de la ville de New York bénéficiant du statut de protection temporaire (TPS) pour Haïti se verront obligés de quitter leur poste après l’expiration de leur autorisation de travail, fixée au 24 juillet, a annoncé vendredi le maire Zohran Mamdani.
Les données officielles de la ville ne permettent pas d’établir un décompte précis du nombre de travailleurs par pays d’origine ou selon leur statut TPS. Toutefois, le rapport de la ville intitulé “Les plus récents New-Yorkais, 2026”, qui s’appuie sur des données de 2023, estime qu’environ 7 000 New-Yorkais d’origine haïtienne sont employés dans la fonction publique, au niveau local, étatique ou fédéral.
« La ville de New York a été contrainte, en vertu d’une loi fédérale récemment confirmée par la Cour Suprême, à examiner l’autorisation de travail des détenteurs de TPS haïtien », a déclaré le maire dans un communiqué publié vendredi.
Ce communiqué intervient suite à une série de rencontres que Mamdani a tenues récemment avec la communauté haïtienne et des militants en faveur des migrants, alors que l’échéance du TPS approchait à grands pas.
Lors d’une réunion tenue le 31 juillet avec des leaders haïtiens, le maire a évoqué les conséquences de la décision fédérale ainsi que le rôle que la ville devait jouer face aux inquiétudes de la communauté.
Ce rendez-vous précède une période marquée par une inquiétude grandissante dans la communauté à l’annonce de la fin du TPS, source de pertes d’emplois, d’instabilités financières, de séparations familiales et de stress émotionnel dû à une incertitude prolongée concernant leur situation migratoire.
Le maire a également appelé le président Donald J. Trump à intervenir, estimant que ce dernier pourrait, via ses pouvoirs présidentiels, restaurer le TPS ou accorder une Dérogation Provisoire (Deferred Enforced Departure, DED), une autre forme de protection temporaire contre l’expulsion.
« Seul le président Trump détient le pouvoir de rétablir le TPS », a affirmé Mamdani. « Il devrait exercer cette autorité afin de protéger tous les New-Yorkais, de préserver notre économie et d’apporter de la certitude à nos employeurs et à nos communautés. »
Contrairement au TPS, qui est une protection migratoire statutaire gérée par le gouvernement fédéral, la DED est une directive présidentielle pouvant offrir une protection temporaire contre l’expulsion ainsi que l’autorisation de travailler à certains groupes de personnes désignés. Mamdani presse Trump de faire usage de cette possibilité pour les Haïtiens concernés par la fin du TPS.
« Le président doit exercer son pouvoir afin de bénéficier à tous les New-Yorkais, protéger notre économie et apporter la stabilité nécessaire aux familles, employeurs et communautés », a-t-il souligné.
« En agissant ainsi, il offrirait une protection immédiate tout en apportant la sécurité dont ont besoin familles, entreprises et collectivités », a-t-il ajouté.
Les travailleurs et les entreprises haïtiennes traversent une période d’incertitude accrue à travers le pays
La fin du TPS ne concerne pas uniquement la paperasserie migratoire. Elle a également des répercussions profondes, aussi bien financières qu’émotionnelles, pour tous ceux qui ont investi des années à construire une vie aux États-Unis.
Depuis plusieurs semaines, plusieurs médias rapportent la pression financière et psychologique que subissent les détenteurs du TPS, qui risquent de perdre leur droit au travail. La perte de cette autorisation soulève des inquiétudes concernant le paiement des hypothèques ou loyers, la gestion des finances familiales, l’accès à l’assurance maladie et à d’autres dépenses essentielles.
Les entrepreneurs haïtiens ne sont pas en reste. Beaucoup ont vu leur activité diminuer ou ont été contraints de licencier des employés, en particulier ceux qui dépendaient du TPS pour leur personnel ou leur clientèle, ce qui a pour conséquence immédiate une chute des ventes dans plusieurs régions.
En Floride, par exemple, Jean Morisset, propriétaire du Tropical Island Restaurant à Boynton Beach – située à environ 100 kilomètres au nord de Miami – a été obligé de licencier neuf employés durant la dernière semaine, tous titulaires du TPS, ce qui a entraîné une baisse d’environ 60 % du flux de clients.
« Beaucoup d’Haïtiens, entre 30 et 40 d’entre eux, venaient chaque matin en gros véhicules pour acheter de la nourriture », explique Morisset, qui a repris l’établissement de ses parents. « Depuis l’expiration du permis de travail, je ne les ai plus vus. »

À Maryland, Roosevelt Toussiant, pasteur principal du centre Word of Life, a constaté une baisse de plus de la moitié de la fréquentation lors de ses messes du dimanche, en raison de la décision sur le TPS.
La ville de New York promet de venir en aide aux employés concernés
À New York, les répercussions économiques touchent aussi bien les employeurs que les entreprises qui emploient des travailleurs haïtiens, présents dans des secteurs aussi variés que la santé, la construction ou l’hôtellerie.
« Leur apport dans les domaines de la santé, de la construction ou de l’hôtellerie, et bien d’autres, contribue à la vigueur de notre économie », a déclaré Mamdani.
Le maire a également souligné l’engagement de nombreux New-Yorkais d’origine haïtienne, qui vivent dans la ville depuis plusieurs décennies, ont fondé des familles et créé des entreprises.
La municipalité prévoit de mettre en relation les employés affectés avec ses services afin d’étudier leurs options. Ces mesures comprennent notamment des consultations juridiques gratuites pour déterminer s’ils peuvent prétendre à une autre forme d’autorisation de travail, une assistance pour accéder à l’assurance santé et d’autres ressources, ainsi que des informations sur les voies possibles pour leur réintégration, si leur autorisation est renouvelée ou si leur statut juridique évolue favorablement.
Mamdani a précisé que tout licenciement serait considéré comme sans sanction disciplinaire et que ces employés pourraient éventuellement revenir à leur poste dès lors qu’ils obtiendraient à nouveau l’autorisation de travailler ou changeraient de statut légal.
La fin du statut TPS pour Haïti constitue un défi majeur, non seulement pour les individus concernés mais aussi pour l’ensemble de la société, avec ses implications prioritaires pour le tissu économique et social de New York et d’ailleurs, tout en mettant en lumière la nécessité d’un dialogue et d’actions à tous les niveaux pour limiter les conséquences sociales de cette décision.