Un proche des victimes de Santiago révèle des éléments compromettants pour la police

14 septembre 2025

Un proche des victimes de Santiago révèle des éléments compromettants pour la police

Familles et autorités s’impliquent dans l’enquête sur la mort d’un jeune coiffeur à Santiago

Une affaire qui secoue la ville de Santiago voit ses protagonistes principaux réclamer justice et transparence. Après un incident confus survenu sur l’avenue Olympique, les proches de la victime, un jeune coiffeur, ont fourni de nouvelles informations aux autorités, affirmant que plusieurs agents de la Police Nationale seraient impliqués dans la tragédie.

Une tragédie qui a coûté la vie à un jeune homme et à plusieurs autres

José Vladímir Valerio Estévez, connu sous le nom de « Le Barbier », a perdu la vie lors de cet incident, aux côtés de cinq autres personnes, dont un de ses clients. La confusion qui entoure cette invasion policière a suscité la colère de la famille et a relancé le débat sur la conduite des forces de l’ordre dans ce genre d’opérations. Rafael Valerio, cousin de la victime et représentant légal de la famille, s’est rendu au bureau du Procureur à Santiago pour demander des éclaircissements. Il a souligné l’urgence de faire toute la lumière sur cette affaire et de réparer la réputation de son défunt.

Des contradictions dans la version officielle

Les proches de la victime affirment détenir des informations qui contredisent la version officielle du ministère public. Selon Rafael Valerio, « Je ne peux pas divulguer beaucoup d’informations pour ne pas compromettre l’enquête, mais il y a des individus que la police affirme déjà avoir identifié, et qu’elle compte rendre publics ». Il critique également la version avancée par la police, qui selon lui, « a tenté d’enfiler sept paires de chaussures dans un seul pied » et que, trois jours plus tard, la haute hiérarchie policière diffuse des déclarations incohérentes avec celles du ministère public.

L’objectif principal de la famille est de « laver le nom de Vladimir Valerio Estévez et de sa famille ». Il a également demandé à ce que des autorités supérieures interviennent, notamment le Chef de la Police, Faride Raful, et la Procureure Générale de la République, Yeni Berenice Reynoso, qui aurait manifesté un intérêt particulier en contactant directement la famille pour une éventuelle rencontre.

Une famille déterminée à faire la lumière

« Ici, tout le monde sait qui sont les policiers impliqués, leurs noms, leur comportement, leurs motivations », a affirmé le cousin de la victime. Il a aussi vivement critiqué l’intervention des services de renseignements policiers : « Pourquoi ne pas l’avoir arrêté dans un lieu où personne ne risquait d’être blessé ? Parce que c’est un service de renseignement. »

Rafael Valerio a également dénoncé des pratiques qu’il considère comme irrégulières durant l’intervention. Parmi celles-ci, il mentionne la supposée destruction ou modification de vidéos cruciales, tout en accusant la police de s’adonner à des activités de trafic ou de dissimulation, rappelant que la police aurait déjà été mêlée à des affaires similaires par le passé.

« C’est pour cela qu’ils ont même enlevé la signalétique du coiffeur… car ils ont l’habitude de faire passer cela pour du trafic de drogue, et la procureure aussi semble leur donner un coup de pouce. Rappelez-vous des affaires qu’ils ont traitées auparavant », a-t-il confié.

La famille affirme avoir recueilli des informations provenant de différentes sources, qui seront bientôt rendues publiques. Selon eux, ces éléments aideront à comprendre le contexte réel de l’incident.

Un jeune homme aux passions simples, victime d’un malentendu?

José Vladímir était un jeune homme actif, impliqué dans la musique et la coiffure dès l’adolescence. « Ses seuls vices étaient la musique et la coiffure… Et les armes qu’ils ont prises sont exactement celles qu’il utilisait : des ciseaux, des tondeuses. Ce sont ses vrais outils de travail », a précisé Rafael, affirmant que ces instruments restent en la possession du salon.

Le cousin a également évoqué une autre victime de l’incident, un jeune homme qui aurait tenté de fuir après avoir été blessé par balle. Selon lui, plusieurs témoignages et appels reçus de proches indiqueraient que cette personne « n’avait apparemment aucun lien avec ce que la police affirme ». Il pourrait s’agir d’une exécution extrajudiciaire, destinée à éliminer un témoin ou un possible « élément incontrôlable ».

Une équipe légale et technique mobilisée

Les proches de la victime disposent désormais d’une équipe juridique renforcée, avec des conseillers à l’étranger, afin de récupérer et analyser des vidéos qui, selon Rafael, auraient été supprimées ou modifiées par la police. La famille cherche à faire toute la lumière sur cette intervention controversée.

Selon une source policière, plusieurs agents impliqués dans l’affrontement ayant causé la décès de cinq personnes sont actuellement interrogés sous ordre de leur hiérarchie.

Interventions judiciaires en cours

L’Attorney General, Yeni Berenice Reynoso, a ordonné la conduite d’enquêtes approfondies sur les circonstances ayant conduit à la mort des cinq hommes, abattus mercredi après-midi dans un centre commercial de La Barranquita. Elle a chargé le Directeur Général de la Poursuite au sein du Ministère Public, ainsi que le procureur de Santiago, d’assurer la direction de cette enquête afin de déterminer avec précision comment ces personnes ont été tuées.

Reynoso a également adressé une lettre au procureur général adjoint, Wilson Camacho, et à la procureure par intérim de Santiago, Quirsa Abreu, leur demandant de diligenter toute investigation nécessaire pour « établir clairement les faits et en tirer toutes les conclusions possibles ».

Les victimes ont été identifiées comme étant : Edward Bernardo Peña Rodríguez, Carlos Enrique Guzmán Navarro (affectueusement surnommé Charly ou Charli Chasc), José Vladímir Valerio Estévez, Elvis Antonio Martínez Rodríguez, et Julio Alberto Gómez. Ces dernières ont trouvé la mort alors qu’elles recevaient des soins à l’hôpital José María Cabral y Báez de Santiago.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.