Quatre enseignements clés du nul entre Haïti et la République dominicaine lors des qualifications féminines à la Coupe du Monde

20 avril 2026

Quatre enseignements clés du nul entre Haïti et la République dominicaine lors des qualifications féminines à la Coupe du Monde

Les Femmes Haïtiennes de Football Se Qualifient pour le Deuxième Tour des Eliminatoires de Coupe du Monde

CAP-HAÏTIEN — L’équipe nationale féminine de football d’Haïti a réussi à se qualifier pour le second et dernier tour des éliminatoires de la Coupe du Monde féminine, après avoir obtenu un match nul 1-1 face à la République Dominicaine, disputé au stade Roger-Zami à Rosier, en Guadeloupe.

La sélection haïtienne a terminé en première position du Groupe D avec un total de 10 points, surpassant la République Dominicaine qui en comptait 8. Cependant, malgré cette victoire, la performance globale des Grenadières, comme on les surnomme, n’a pas tout à fait répondu aux attentes lors du match du 17 avril.

Les passes se sont souvent cassées, la possession du ballon a été facilement perdue, et l’équipe manquait de précision à l’approche du but. Les conditions météorologiques pluvieuses, ainsi que la mauvaise qualité du terrain au stade Roger-Zami, ont complexifié le jeu, tandis que la tactique défensive adoptée par la République Dominicaine a ralenti les attaques haïtiennes. Malgré cela, ces éléments ne suffisent pas à expliquer un schéma de performances en dents de scie qui perdure depuis près de trois ans.

La star du milieu de terrain, Melchie Dumornay, n’a pas pu participer à la rencontre en raison d’une blessure. En son absence, on attendait tout de même que la sélection haïtienne — plus forte sur le papier que ses adversaires du groupe — s’impose.

Le sélectionneur principal, Pia Sundhage, recrutée en février dernier pour reconstruire une équipe qui s’était déjà illustrée lors de la Coupe du Monde 2023, n’a pas encore constaté d’amélioration significative après trois matches sous sa conduite. L’équipe montre plus d’intensité, mais peine encore à réaliser des sequences simples et essentielles.

Ces faiblesses pourraient coûter cher dans la prochaine étape, où Haïti pourrait affronter des nations régionales telles que les États-Unis, le Mexique ou le Canada. À leur niveau actuel, il semble difficile pour la sélection haïtienne de se qualifier pour la Coupe du Monde 2027 organisée au Brésil.

Une attaque menée par Sherly Jeudy en fin de match, mais encore des inquiétudes concernant le poste de gardienne

Sherly Jeudy a permis à Haïti d’ouvrir le score à la 67e minute, en reprenant un centre de Jennifer Lymage de la tête. La République Dominicaine a réussi à égaliser à la 73e minute, rendant la fin de match particulièrement tendue, la victoire ou le nul étant nécessaires pour que Haïti se qualifie.

Cependant, le résultat a été suffisant : Haïti a conservé sa première place dans le groupe et a validé sa qualification.

Voici quatre enseignements clés à tirer de cette rencontre.

1. Les inquiétudes autour du poste de gardienne subsistent

Kaïna Cesar Pietrus, âgée de 20 ans, occupe la position de gardienne titulaire depuis l’année dernière. Elle montre un certain potentiel, mais manque encore d’expérience et de constance dans ses performances.

Elle a concédé un but sur un tir peu puissant qui semblait à sa portée — un épisode qui met en lumière les difficultés persistantes à ce poste crucial.

Océanie Toussaint, gardienne remplaçante du club parisien du PSG, a été appelée pour le match mais n’a pas eu l’opportunité de jouer. Elle dispose également d’un faible temps de jeu en club. La vétéran Kerly Théus, quant à elle, n’a pas été rappelée depuis 2023, probablement pour des raisons administratives.

Il est impératif que la sélection haïtienne stabilise son poste de gardienne afin d’évoluer à un niveau supérieur et de rivaliser efficacement lors des compétitions internationales.

2. Placer Borgella dans son rôle naturel

Roselord Borgella, âgée de 33 ans, demeure l’une des attaquantes les plus talentueuses de l’équipe. Toutefois, elle continue d’être utilisée à contrecœur dans un rôle qui ne lui convient pas pleinement.

Elle a passé une grande partie du match sur les ailes, bien que sa meilleure position soit en tant que véritable numéro 9 en attaque centrale. Borgella est une finisseuse précise, capable de marquer à coup sûr, mais elle ne possède pas la résistance physique nécessaire pour faire constamment le tour des défenseurs extérieurs. La position centrale lui permettrait d’exploiter pleinement ses qualités.

En seconde période, la fatigue se faisait sentir. À la 61e minute, lors d’un moment où elle essayait de reprendre son souffle, le ballon a soudainement été dirigé vers elle. Étonnée et épuisée, elle a frappé un mauvais tir et a été remplacée à la 64e minute, tout comme la milieu de terrain Anyssa Ibrahim.

3. Les substitutions arrivent trop tard

Le publicier la fatigue, autant pour Borgella que pour d’autres joueuses, qui ont toutes montré des signes de lassitude durant la match. Borgella elle-même semblait avoir du mal à suivre avant d’être remplacée. La milieu de terrain Anyssa Ibrahim a également été sortie tardivement, malgré ses signes de fatigue.

Les changements tardifs ont perturbé le rythme de l’équipe et ont limité leur impact tactique. Jusqu’à présent, lors des trois rencontres, l’entraîneur Sundhage a souvent retardé l’introduction des substitutions, contribuant ainsi à des performances parfois inégales.

4. Mondésir s’affirme et doit rester régulière

Avec Dumornay absente, la capitaine Nérilia Mondésir a livré l’une de ses performances les plus abouties depuis un certain temps.

Considérée souvent comme la deuxième étoile de l’équipe, Mondésir avait, par le passé, parfois manqué de régularité. Lors de ce match face à la République Dominicaine, elle a été plus engagée et plus offensive, prenant la direction de l’attaque.

Pour continuer sur cette lancée, il sera essentiel qu’elle maintienne ce niveau d’intensité, surtout lorsque Dumornay reviendra. Haïti ne pourra pas compter uniquement sur une seule joueuse pour remorquer l’équipe lors des compétitions à venir. La cohésion et la pédagogie collective restent la clé pour envisager un retour en Coupe du Monde avec succès.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.