Plus de 160 Haïtiens expulsés vers Cap-Haïtien depuis les États-Unis et Bahamas en une seule journée

28 août 2026

Plus de 160 Haïtiens expulsés vers Cap-Haïtien depuis les États-Unis et Bahamas en une seule journée

Plus de 160 Haïtiens déportés vers Cap-Haïtien en une seule journée depuis les États-Unis et les Bahamas

Ce jeudi, Haïti a accueilli un total de 161 migrants renvoyés d’Amérique, parmi lesquels ceux provenant des États-Unis et des Bahamas, dans un contexte où l’application des mesures d’expulsion s’intensifie de plus en plus.

Les deux vols de rapatriement sont arrivés à quelques heures d’intervalle à l’aéroport international de Cap-Haïtien. La compagnie bahamienne Bahamasair a ramené 104 Haïtiens, tandis qu’un vol charter américain a rapporté 57 migrants, selon plusieurs médias locaux et étrangers.

Parmi les personnes débarquées sur place se trouvaient des enfants nés aux États-Unis et au Brésil, selon les informations rapportées par la presse.

Ces arrivées interviennent alors que l’administration Trump prévoit de renforcer ses vols d’expulsion vers Haïti. La fréquence de ces déportations devrait passer d’environ une fois par mois à une expulsion hebdomadaire.

Deux vols dans un seul aéroport, un seul mouvement

Selon les autorités migratoires bahamiennes, le vol de Bahamasair transportait 76 hommes, 27 femmes et une jeune fille. Les migrants ont été transférés depuis le centre de détention de Carmichael Road vers l’aéroport international Lynden Pindling, à Nassau, avant de gagner Haïti.

De son côté, le vol déployé par l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) américain, à bord d’un avion affrété, a quitté la Floride du sud avec 57 Haïtiens à son bord. Selon Human Rights Watch, l’avion est arrivé peu avant midi, peu après l’atterrissage du vol bahamien. La très forte affluence de migrants ramenés des Bahamas a mis à rude épreuve la capacité de gestion des autorités migratoires haïtiennes et de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), notamment pour leur accueil et leur prise en charge, relate le journal Kapzy News.

Ces arrivées du 27 août s’ajoutent à celles du 20 août dernier, date à laquelle plus de 160 Haïtiens avaient été déportés vers Cap-Haïtien. La plupart de ces migrants ne disposaient pas du statut de protection temporaire, selon l’Office National de Migration (ONM). Parmi eux, certains étaient en procédure d’expulsion après avoir pénétré illégalement sur le territoire américain, y compris des personnes nées à l’étranger de parents haïtiens et des individus condamnés ayant purgé leur peine de prison.

Cette augmentation du nombre de rapatriements complique davantage la situation du pays, déjà confronté à une insécurité persistante, à des déplacements massifs de populations et à des ressources limitées.

Cap-Haïtien devient de plus en plus un point d’entrée essentiel pour ces déportés, car rapatrier directement par avion vers Port-au-Prince reste difficile. La route principale reliant les deux villes est devenue de plus en plus dangereuse, en raison du contrôle ou des perturbations causés par des groupes armés.

Face à l’augmentation des vols de rapatriement, la pression sur le Nord d’Haïti risque de croître, soulevant des interrogations sur la capacité du pays à accueillir, à venir en aide et à réintégrer efficacement ces personnes issues de l’étranger, alors que ses propres institutions sont déjà fortement contraintes par des enjeux de sécurité et de ressources.

L’augmentation constante des opérations de déportation met en lumière la complexité des défis humanitaires et migratoires que doit affronter Haïti dans un contexte déjà fragile.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.