Melchie Dumornay devient la première joueuse haïtienne nominée pour le Ballon d’Or, une première dans l’histoire du football féminin

11 août 2025

Melchie Dumornay devient la première joueuse haïtienne nominée pour le Ballon d’Or, une première dans l’histoire du football féminin

Une athlète haïtienne qui brille sur la scène mondiale

Originaire de la ville de Mirebalais, Melchie Daëlle Dumornay, surnommée « Corventina », poursuit sa lancée en réalisant des exploits qui, il y a encore quelques années, semblaient hors de portée pour les sportives haïtiennes à l’échelle internationale. Son parcours exceptionnel inspire de nombreux jeunes dans son pays et montre que le talent et la détermination peuvent ouvrir toutes les portes.

Une consécration historique : première nommée haïtienne pour le Ballon d’Or féminin

Après avoir été élue Joueur de l’année en CONCACAF en 2024, Dumornay a marqué une nouvelle étape dans sa carrière le 7 août dernier en devenant la première joueuse haïtienne à être nominée pour le Ballon d’Or Féminin décerné par France Football. Ce prestige la place parmi les trente meilleures joueuses au monde cette année. Lors de l’édition précédente, elle n’avait pas été retenue parmi les candidates, malgré sa participation à la finale de la Ligue des Champions féminine de l’UEFA, ce qui avait suscité la frustration des fans et des analystes locaux. Sa victoire au prix CONCACAF, devant cinq joueuses américaines, avait renforcé son profil.

« C’est une grande fierté pour le pays parce que cette joueuse a été formée en Haïti », confie Otniel Despagne, un passionné de football résidant à Port-au-Prince.

« Nous sommes très heureux. C’est une belle vitrine pour Haïti. Félicitations à Dumornay. »

Une candidate sérieuse au Ballon d’Or, mais des défis à relever

Depuis avril, Dumornay était considérée comme une possible gagnante du Ballon d’Or. Cependant, son club, l’Olympique Lyonnais, l’un des plus grands clubs français, a été éliminé en demi-finale de la Ligue des Champions, ne remportant que le championnat national. La concurrence y était donc féroce. Au niveau international, la sélection haïtienne n’a pas réussi à se qualifier pour des tournois majeurs, notamment la Gold Cup 2025. Les performances en dents de scie de l’équipe nationale, principalement dues à des problèmes administratifs internes, ont considérablement nui aux chances de Dumornay de remporter cette distinction prestigieuse, même si elle a été retenue parmi les meilleures candidates.

La meneuse de jeu, très polyvalente, occupe actuellement la 14e position dans les pronostics de Goal.com pour le Ballon d’Or. Les joueuses espagnoles, ex-gagnantes à l’image d’Alexia Putellas et Mariona Caldentey, sont considérées comme favorites. Putellas, notamment, a réalisé un triplé avec le FC Barcelone – champion de Liga, de la Coupe de la Reina et de la Supercopa – tandis que Caldentey a remporté la Ligue des Champions avec Arsenal et aidé l’Espagne à finir vice-championne d’Europe féminine.

D’autres joueuses en course pour le prix incluent la championne espagnole et détentrice du Ballon d’Or actuel, Aitana Bonmatí, ainsi que l’Anglaise Hannah Hampton, qui a remporté un triplé national avec Chelsea et la EURO 2025 avec l’Angleterre, participant même à l’équipe type du tournoi.

Les nouveautés pour cette année : des trophées pour les jeunes talents

Pour la première fois, le Ballon d’Or féminin s’étend également à des récompenses spécifiques pour les jeunes joueuses avec la création du trophée Kopa féminin, ainsi qu’un prix pour les meilleurs gardiens, le trophée Yachine. Ces nouveautés s’inscrivent dans la volonté de récompenser tous les acteurs du football mondial, hommes et femmes.

La période de votes s’étend du 1er août 2024 au 31 juillet 2025. Les critères prennent en compte les performances individuelles, celles de l’équipe et le fair-play, avec une importance particulière donnée aux compétitions internationales pour choisir la meilleure joueuse de l’année.

Il faut noter que les compétitions internationales ont un poids significatif dans la sélection, ce qui pourrait limiter les chances de Dumornay dans les années à venir, sauf si Haïti parvient à se qualifier pour des événements majeurs ou si elle continue de remporter plusieurs trophées avec Lyon.

« Les compétitions internationales comptent énormément – c’est un avantage pour les autres joueuses avec qui elle concourt », explique Despagne, âgé de 28 ans. « Mais ce seul critère ne devrait pas l’empêcher de gagner. Si elle avait conservé son niveau et remporté la Ligue des Champions, elle aurait probablement décroché le Ballon d’Or. C’est mon avis. »

Une saison remarquable en club

Malgré l’absence de la sélection nationale, Dumornay a brillé cette saison avec son club lyonnais. Elle a été la vedette de son équipe en inscrivant 22 buts en 29 rencontres toutes compétitions confondues, évoluant principalement en milieu de terrain.

Elle s’est vu décerner le prix de la meilleure joueuse jeune de la Ligue des Champions féminine de l’UEFA, une distinction importante qui témoigne de son impact dans la compétition. Lors des quarts de finale, elle a marqué deux buts, dont un égalisateur crucial lors du match retour contre le Bayern Munich, permettant à son équipe de se qualifier pour le dernier carré.

En demi-finale, Dumornay a inscrit le but de la victoire lors du premier match contre Arsenal (2-1), avant de marquer aussi lors du second match, même si Lyon a finalement perdu la rencontre (4-1), mettant fin à leur parcours européen.

La future lauréate du Ballon d’Or 2025 sera annoncée le 22 septembre à Paris, au Théâtre du Châtelet. Même si Dumornay ne devrait pas repartir avec la précieuse récompense cette année, sa simple nomination constitue une étape historique pour le sport haïtien – et pour tout le pays.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.