Le juriste Jottin Cury s’exprime sur la position du gouvernement dominicain face au Pacte mondial sur les réfugiés
Santo Domingo.- Jottin Cury, ancien juge de la Cour constitutionnelle, a récemment pris la parole pour commenter la décision du gouvernement dominicain de ne pas signer le Pacte mondial sur les réfugiés. Selon lui, cette position vise avant tout à préserver la souveraineté nationale et à garder le contrôle sur la politique migratoire, particulièrement dans le contexte de la crise haïtienne qui continue de peser sur le pays. Il met en garde contre le fait que s’engager dans cet accord pourrait considérablement limiter la capacité de la République dominicaine à rapatrier les migrants sans papiers.
Les implications légales et la souveraineté nationale face au Pacte
Jottin Cury explique que s’engager dans le Pacte équivaudrait à lier légalement l’État dès l’accueil des réfugiés, ce qui aurait pour conséquence immédiate de réduire la marge de manœuvre en matière de rapatriements. Il souligne également que des clauses relatives aux réfugiés ont déjà été intégrées dans d’autres accords internationaux, ce qui, selon lui, comporte des risques à long terme pour la souveraineté du pays. La crainte principale est que ces engagements limitent la capacité de la République dominicaine à appliquer ses propres règles d’immigration, compromettant ainsi ses intérêts nationaux.
X limitations opérationnelles et financières de la République dominicaine
Le technicien juridique insiste sur le fait que la République dominicaine ne dispose pas des moyens opérationnels ni budgétaires nécessaires pour assumer des responsabilités accrues en matière de gestion des réfugiés. La crise haïtienne dépasse largement la capacité de l’État à faire face à l’afflux massif de migrants. Selon lui, la charge actuelle est déjà largement insoutenable. Il avertit que tout engagement supplémentaire pourrait aggraver la situation et rendre la gestion des flux migratoires encore plus difficile à contrôler.
Le débat autour de la Cour interaméricaine des droits de l’homme
Jottin Cury a également abordé la controverse entourant le rôle de la Cour interaméricaine des droits de l’homme. Il a réaffirmé que la République dominicaine n’est pas légalement obligée de respecter ses arrêts. Lors de sa participation à l’émission Reviews, the Podcast, il a analysé divers enjeux nationaux et internationaux, insistant sur le fait que la souveraineté du pays doit primer dans la prise de décisions relatives à sa politique migratoire et aux engagements internationaux.
En somme, selon l’ancien juge, la décision du gouvernement de ne pas signer le Pacte mondial sur les réfugiés reflète une volonté claire de préserver l’autonomie du pays face aux influences extérieures, notamment dans un contexte aussi sensible que celui de la crise haïtienne. Il insiste sur le fait que la gestion de cette crise doit s’appuyer sur des moyens internes, plutôt que sur des engagements internationaux qui pourraient limiter la souveraineté nationale.