Hommes du Texas inculpés pour un complot visant à attaquer une île haïtienne et à réduire des femmes et des enfants en esclavage sexuel | Dernières Actualités

21 novembre 2025

Hommes du Texas inculpés pour un complot visant à attaquer une île haïtienne et à réduire des femmes et des enfants en esclavage sexuel | Dernières Actualités

Deux jeunes hommes texans inculpés pour un projet odieux de conquête d’une île haïtienne

Deux jeunes hommes originaires du Texas font face à des accusations fédérales après que les procureurs ont révélé qu’ils auraient ourdi un plan pour envahir une île située au large des côtes haïtiennes. Selon les charges, ils avaient pour objectif de tuer les hommes présents sur cette île, de réduire en esclavage les femmes et les enfants, une affaire particulièrement alarmante qui, selon les autorités, visait à organiser un massacre de masse et une forme d’esclavage sexuel sur l’île de La Gonâve.

Gavin Rivers Weisenburg, âgé de 21 ans et résidant à Allen, ainsi que Tanner Christopher Thomas, 20 ans, originaire d’Argyle, ont été inculpés par un grand jury du district Est du Texas. Ces accusations fédérales portent sur deux chefs d’inculpation : la conspiration en vue de tuer, mutiler ou kidnaper dans un pays étranger, ainsi que la production de pornographie enfantine. Le document d’accusation, rendu public le 20 novembre, détaille un projet qui aurait duré plusieurs mois et qui aurait ciblé La Gonâve, une grande île à l’ouest d’Haiti.

Un projet soigneusement préparé pour une invasion meurtrière

Selon la justice, Weisenburg et Thomas auraient préparé leur invasion entre août 2024 et juillet 2025. Leur plan aurait consisté à acquérir un voilier, à se procurer des armes et des munitions, et à recruter des hommes issus de la population sans domicile de Washington, D.C., pour renforcer leur groupe. Leur objectif déclaré était de tuer tous les hommes présents sur l’île afin de réduire la population, puis de réduire en esclavage les femmes et les enfants survivants.

Les deux jeunes hommes auraient également étudié la langue créole haïtien, élaboré des stratégies logistiques et s’être inscrits à des programmes éducatifs pour soutenir leur projet. En outre, ils auraient même recruté Thomas dans l’armée de l’air américaine afin de bénéficier d’un entraînement militaire en vue de leur entreprise.

Une menace grave, passible de lourdes peines

Les accusations de la justice prévoient de lourdes sanctions en cas de condamnation. Si leur culpabilité est reconnue pour la conspiration en vue de tuer à l’étranger, chacun des deux hommes risque une peine pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité. La charge de production de pornographie enfantine peut, quant à elle, leur valoir une peine de 15 à 30 ans de prison.

Ce dossier fait actuellement l’objet d’une enquête menée par le FBI, le bureau des investigations de l’armée de l’air et la police de Celina. Les poursuites sont assurées par l’avocat spécial du département de la Justice, Ryan Locker.

Un contexte ancien de vulnérabilité et d’exploitation en Haïti

“Beaucoup de jeunes femmes dans cette région sont victimes d’une pauvreté extrême et d’un sentiment d’insécurité. L’absence de services de base et d’opportunités les rend vulnérables à toutes formes d’abus”, explique Nahomy Augustin, coordinatrice d’un projet pour une initiative mondiale soutenue par l’ONU et l’Union européenne, visant à éliminer toutes formes de violence contre les femmes et les filles, dans une interview réalisée en 2022.

Une histoire d’abus et de dérives dans le secteur de l’aide

Même si cette affaire dépasse largement l’ordinaire par sa gravité, Haïti a une longue histoire de victimes ciblées par des étrangers profitant de leur vulnérabilité – notamment des enfants – sous couvert d’une action humanitaire.

En 2010, Douglas Perlitz, un missionnaire venu du Connecticut, reconnu pour avoir dirigé le projet Pierre Toussaint à Cap-Haïtien, a plaidé coupable d’abus sexuels sur des jeunes garçons placés sous sa garde. Perlitz avait exploité un soutien financier et ses liens religieux pour faire fonctionner son école pendant plusieurs années, avant que des victimes ne se manifestent. Il a été condamné à près de 20 ans de prison fédérale.

La même année, Laura Silsby, une Missionnaire américaine originaire d’Idaho, a été arrêtée alors qu’elle tentait de faire sortir illégalement 33 enfants haïtiens du pays après le tremblement de terre de 2010. Silsby a prétendu secourir des orphelins, mais de nombreux enfants avaient encore des parents vivants. Elle a été reconnue coupable de voyager illégalement en Haïti et a purgé une peine dans la république dominicaine.

Une situation préoccupante en matière de protection de l’enfance

Les organisations dédiées à la protection de l’enfance et à l’aide humanitaire en Haïti ont à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme. Selon une estimation officielle de 2020, plus de 30 000 enfants vivent dans des orphelinats ou d’autres institutions non réglementées, la plupart ayant encore un parent en vie. Beaucoup de ces structures, souvent sans licence, sont vulnérables à l’exploitation et à la traite des enfants.

“On ne peut pas simplement arrêter le problème par la répression. Il faut de la prévention, de l’éducation, impliquer les victimes et utiliser la technologie pour lutter contre ces pratiques”, affirme Ilias Chatzis, chef de la section du contrôle de la traite des êtres humains et de la migration clandestine au sein de l’ONUDC, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime.

Ces efforts impliquent une action coordonnée et multidimensionnelle, car la complexité de la situation nécessite une mobilisation générale pour protéger les plus vulnérables et prévenir de futurs abus.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.