Haïti : le Conseil Permanent des Travailleurs menace de destituer le Premier ministre face aux avertissements de plusieurs puissances étrangères

24 janvier 2026

Haïti : le Conseil Permanent des Travailleurs menace de destituer le Premier ministre face aux avertissements de plusieurs puissances étrangères

Port-au-Prince : Vers une crise politique alors que le Conseil Présidentiel Haïtien démet le Premier ministre

En pleine crise politique et sous la pression de plusieurs nations ainsi que d’organisations internationales, le Conseil Transitionnel Présidentiel (CPT) d’Haïti a annoncé avoir décidé de mettre fin au mandat de son Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé. Cette déclaration intervient alors que le pays se trouve à seulement deux semaines de la fin de la période de transition envisagée par le Conseil.

Lors d’une conférence de presse, Edgard Leblanc Fils – membre du Conseil – a informé que la majorité des membres du CPT avait voté cette décision le jeudi précédent. Il était accompagné pour l’occasion de Leslie Voltaire, également membre du Conseil. Cependant, aucun autre représentant du CPT n’était présent à cette conférence. La décision est donc claire : le Conseil prévoit de se séparer de son Premier ministre, mais la façon dont cela doit se faire s’oppose aux recommandations et aux attentes de la communauté internationale.

Les réactions internationales face à cette décision

Ce même jour, l’Union Européenne ainsi que les ambassadeurs de l’Espagne, de la France et de l’Allemagne ont publié un communiqué commun, exprimant leur opposition catégorique à cette rupture. Juste un jour après une mise en garde publique des États-Unis, qui avaient averti que tout changement de gouvernement à cette étape critique pourrait compromettre les efforts de sécurisation contre les gangs armés, ces pays européens ont appelé les autorités de transition à faire preuve de responsabilité et à se concentrer sur le maintien de la sécurité.

L’Union Européenne a insisté pour que les autorités haïtiennes privilégient la stabilité et l’ordre, tout en poursuivant leur effort de rétablir la paix et la sécurité dans le pays. La communauté internationale est unanime : tout changement doit être réalisé dans le respect des étapes démocratiques et dans l’intérêt supérieur du pays.

Parallèlement, l’Organisation des États Américains (OEA) a également pris position sur le sujet. Dans un communiqué, elle a souligné que la décision sur la gouvernance future d’Haïti incombe aux leaders haïtiens eux-mêmes et aux acteurs clés du pays. L’OEA insiste sur l’importance d’adopter une approche pragmatique, axée sur le résultat, en mettant l’accent sur la restauration de la sécurité et l’organisation d’élections libres.

Albert Ramdin, secrétaire général de l’organisation, a déclaré : « Haïti est à un tournant critique de son histoire. Dans ce contexte délicat, assurer la stabilité, encourager le dialogue et maintenir la continuité institutionnelle sont essentiels. La stabilité relative que nous observons doit être sauvegardée et consolidée. »

De leur côté, le Canada a également appelé le Conseil Transitionnel à respecter ses engagements. À travers plusieurs messages publiés sur X (anciennement Twitter), les autorités canadiennes ont exprimé leur inquiétude face aux tentatives de remplacement du Premier ministre et ont affirmé leur volonté d’agir si des acteurs compromettent la stabilité du pays.

Une décision du Conseil contre la volonté de la communauté internationale

La décision du CPT de démettre le Premier ministre s’appuie sur une résolution adoptée par au moins cinq de ses neuf membres. Après deux journées de discussion, le Conseil aurait examiné la possibilité de changer de leadership, tout en discutant de cette option en profondeur. La déclaration officielle de certains membres adopte un ton résistant face à la pression internationale, insistant sur la légitimité de leur propre initiative.

Lors d’une conférence de presse organisée à la Villa d’Accueil, Leslie Voltaire a indiqué que le décret de nomination du Premier ministre par intérim serait publié prochainement dans la presse nationale. Il a aussi souligné que le Conseil arrowane quitterait ses fonctions le 7 février, conformément à la procédure définie.

« C’est nous qui avons nommé le Premier ministre, et non la communauté internationale », a affirmé Voltaire. Il a précisé qu’une nouvelle période intérimaire serait mise en place pour une durée de 30 jours afin de gérer les affaires courantes, en attendant l’établissement d’un nouvel accord pour désigner un nouveau Premier ministre et un président.

Cette position ferme du Conseil reflète la volonté de certains membres de continuer à exercer leur autorité, en refusant d’être dictés par des acteurs étrangers ou par des groupes criminels criminels liés à la gangrène actuelle du pays.

Une crise en ébullition à l’orée d’une transition délicate

Les positions contradictoires entre la communauté internationale et le CPT illustrent la complexité de la situation en Haïti. Alors que la majorité souhaite voir le respect du calendrier démocratique, certains membres du Conseil persistent à prendre leurs décisions de manière autonome. La tension monte alors que le pays se trouve à la croisée des chemins.

Les enjeux sont cruciaux : la stabilité doit être préservée pour éviter une nouvelle escalade de la violence, tandis que la légitimité démocratique doit être assurée à travers l’organisation d’élections crédibles. La période qui s’ouvre laisse présager d’un avenir incertain, où chaque pas devra être soigneusement pesé pour éviter une crise plus profonde.

En résumé, la montée de cette crise politique en Haïti est un véritable défi pour toutes les parties impliquées, dont l’objectif reste de préserver la paix, la sécurité et la souveraineté nationale face à des enjeux parfois conflictuels et complexes. Le pays se retrouve face à une étape décisive, qui pourrait définir son avenir dans les mois à venir.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.