Les membres actifs ou retraités des forces armées dominicaines en tête de liste des auteurs de féminicides
À Santo Domingo, en République Dominicaine, il apparaît que parmi les responsables principaux de féminicides, figurent en première ligne les membres des forces de sécurité telles que la Police Nationale et l’Armée de la République Dominicaine, qu’ils soient en activité ou retraités. Ces groupes occupent une place prépondérante dans cette sombre statistique. En effet, en 2024, on recense 73 décès violents de femmes, commis par 74 hommes.
La majorité de ces agresseurs appartenaient aux forces de l’ordre ou militaires, et leurs victimes étaient majoritairement leurs partenaires ou ex-partenaires. Ce constat est confirmé par une récente étude intitulée « Femicide en République Dominicaine en 2024 : un état des lieux de la violence féminicide de 2016 à 2024 ». Selon cette étude, la majorité des auteurs ont utilisé une arme à feu pour commettre ces actes, et dans 67 % des cas, il s’agissait de leur arme de service.
De plus, une proportion écrasante, à savoir 83 %, de ces policiers et militaires qui ont commis un féminicide en 2024 ont choisi de se suicider avec la même arme après avoir perpétré leur crime. La tranche d’âge de ces auteurs se situe entre 25 et 30 ans, tandis que leurs victimes ont en moyenne entre 25 et 31 ans.
Les secteurs du transport en ligne de mire
L’étude indique également que les hommes travaillant dans le secteur des transports constituent la seconde catégorie la plus impliquée dans les féminicides en 2024, avec quatre cas recensés. Dans 75 % de ces incidents, l’auteur a utilisé une arme à feu pour tuer sa partenaire. Deux d’entre eux ont par la suite mis fin à leurs jours, utilisant le même arme qu’au moment du crime.
Des enfants orphelins, victimes indirectes de la violence
Les enfants et adolescents se retrouvent particulièrement touchés par ces féminicides, que ce soit au niveau physique ou émotionnel. En 2024, les victimes de féminicide avaient en moyenne entre un et quatre enfants, ce qui signifie que 77 jeunes ont perdu un ou leurs deux parents à cause de ces violences tragiques.
Depuis 2016, un total de 1 072 enfants ou adolescents ont été orphelins suite à la perte d’un ou de leurs deux parents. Parmi eux, 524 étaient issus de femmes victimes de féminicide, et 418 de la part des meurtriers eux-mêmes. Les 130 autres étaient des enfants communs à ces couples.
Il est à noter que dans 9 % des cas, le féminicide a été commis en présence des enfants, et dans 21 cas, ces jeunes ont été tués lors de conflits violents entre leurs parents. Au cours des neuf dernières années, cette forme de violence a coûté la vie à 779 femmes, filles et adolescentes en République Dominicaine. La majorité des victimes travaillaient dans le secteur privé, étaient fonctionnaires, professionnelles de santé ou policières, entre autres professions.