Emploi informel en République dominicaine : un taux élevé de 54,7 % selon un rapport régional

28 juillet 2025

Emploi informel en République dominicaine : un taux élevé de 54,7 % selon un rapport régional

Emploi informel en République dominicaine : un enjeu majeur pour la région

Selon le Bulletin régional de la compétitivité publié ce mercredi par le Conseil Hondurien de l’Entrepreneuriat Privé (Cohep), l’emploi informel en République dominicaine représente environ 54,7 % de l’ensemble des emplois. Ce chiffre témoigne de la prégnance du secteur informel dans l’économie latino-américaine et caribéenne, et souligne la nécessité de s’y attarder pour mieux comprendre ses implications.

Un rang préoccupant en Amérique centrale

Le même rapport indique que le Honduras se classe au deuxième rang en Amérique centrale en termes de proportion de travailleurs occupant des emplois informels, avec un taux vertigineux de 82,6 %. Seul le Guatemala devance cette statistique avec un taux encore plus élevé, atteignant 83,2 %. La situation en termes d’emploi non déclaré y est donc particulièrement critique dans cette région.

Une comparaison avec d’autres pays de la région

Tandis que le Guatemala domine la liste des pays ayant le plus fort taux d’emploi informel, la République dominicaine affiche un taux de 54,7 %, nettement inférieur mais toujours élevé. D’autres nations comme le Costa Rica montrent un taux beaucoup plus modéré, à 37,4 %, alors que des pays tels que le Salvador, le Nicaragua et Panama affichent respectivement des taux de 66,5 %, 63 % et 58,7 %. Ces chiffres révèlent la diversité des réalités économiques dans la région, où l’emploi informel demeure une problématique majeure.

Les conséquences de l’emploi informel sur la région

Selon le bulletin, « l’emploi informel reste l’un des principaux obstacles à la productivité » dans la région. Il souligne aussi que des millions de travailleurs sont contraints d’évoluer dans ce secteur par absence d’opportunités dans l’économie formelle. Cette réalité accentue « les niveaux de vulnérabilité et de précarité » dont souffrent ces travailleurs, tout en limitant leur accès à des droits fondamentaux tels que la protection sociale, des conditions de travail décentes et la sécurité de l’emploi.

Une situation qui doit changer

« Dans des pays comme le Honduras et le Guatemala, huit travailleurs sur dix œuvrent dans le secteur informel. Ce n’est pas un choix, mais bien une conséquence du manque de véritables opportunités économiques. Il est urgent que cette situation devienne une priorité dans nos politiques publiques », insiste Alejandro Kaffati, chargé de la politique économique au sein du Cohep, principal organisme représentant le secteur privé au Honduras.

Une performance économique régionale en croissance, mais encore fragile

En ce qui concerne la performance économique régionale, le bulletin indique qu’en 2024, l’Amérique centrale et la République dominicaine ont atteint une Produit Intérieur Brut (PIB) combiné de 498 milliards de dollars, avec une croissance de 2,8 %, selon les données de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cepal).

Une contribution limitée des plus faibles économies

Kaffati souligne que des pays comme le Honduras, le Salvador ou encore le Nicaragua ne participent qu’à hauteur de 4 à 7 % du PIB régional. Selon lui, cette répartition « oblige » ces pays à se concentrer sur « la manière de dynamiser leurs économies de l’intérieur ». La faiblesse de leur contribution macroéconomique doit encourager une réflexion axée sur le développement endogène.

Les effets néfastes de l’informalité

Au-delà des retombées individuelles, la Cohep met en garde : l’économie informelle impacte l’ensemble des économies nationales. Elle réduit les recettes publiques, limite la capacité des États à répondre aux besoins sociaux, et met en péril la pérennité des entreprises formelles. L’informalité constitue aussi un véritable obstacle à la protection des droits des travailleurs.

Les droits des travailleurs et l’économie informelle

L’organisme insiste sur le fait que « l’emploi informel constitue un obstacle aux droits des travailleurs, y compris en ce qui concerne les principes et droits fondamentaux au travail, la protection sociale ainsi que des conditions de travail décentes ». La majorité des personnes intégrant ce secteur le font « non par choix, mais à cause du manque d’opportunités dans l’économie formelle et de l’absence d’autres moyens de soutien ». Il devient donc impératif d’agir pour créer un environnement favorisant l’accès à l’emploi régulé et digne pour tous.

Une nécessité impérative pour le développement régional

En somme, la lutte contre l’emploi informel apparaît comme une étape essentielle pour améliorer la productivité, renforcer la cohésion sociale et assurer une croissance économique plus équitable dans la région. La priorité doit être donnée à la mise en place de politiques publiques innovantes permettant de réduire progressivement ce fléau, afin que chaque travailleur puisse bénéficier de conditions plus sûres, plus justes et plus stables dans l’économie officielle.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.