Santo Domingo – La Direction Générale de la Migration (DGM) de la République Dominicaine a rapatrié depuis l’implantation de ses nouvelles politiques migratoires en octobre 2024 un total de 291 007 ressortissants haïtiens en situation irrégulière. Selon un rapport de l’Observatoire des Politiques Migratoires, le nombre de rapatriements tourne en moyenne autour de 28 253 chaque mois jusqu’en mi-juillet 2025, avec un investissement logistique estimé à 702 millions de RD$.
Ce rapport, qui couvre la période allant d’avril à juillet 2025, met en évidence des avancées importantes dans la mise en œuvre des 15 nouvelles mesures migratoires adoptées par le gouvernement. Il indique notamment que de nouveaux bureaux de contrôle migratoire sont en train d’être créés dans 11 provinces et municipalités, parmi lesquelles figurent des zones stratégiques telles que la Grande Santo Domingo, Dajabón et Santiago de los Caballeros. Ces constats proviennent de visites sur le terrain, de vérifications officielles, ainsi que de rencontres avec différentes autorités concernées.
Renforcement de la sécurité aux frontières : davantage de soldats et un nouveau mur en cours de construction
Sur le plan de la sécurité aux frontières, l’Observatoire a confirmé une augmentation significative de la capacité de supervision des trois brigades frontalières existantes. Par ailleurs, le ministère de la Défense a déployé 1 600 soldats supplémentaires, portant le nombre total de troupes présentes sur la frontière à 11 100, un chiffre confirmé par des observateurs présents à chaque point de contrôle.
Le rapport mentionne également l’avancement du projet de construction d’un mur frontalier, avec le démarrage de 13 kilomètres supplémentaires en juin dernier. À terme, cette barrière atteindra une longueur totale de 67 kilomètres d’ici la fin de l’année, pour une ambition finale de 168 kilomètres.
Actions législatives clés pour renforcer le contrôle migratoire
Par ailleurs, plusieurs mesures législatives importantes ont été adoptées récemment. En mai, le Sénat a approuvé une modification d’une loi relative à la lutte contre le trafic d’êtres humains et l’immigration clandestine. Cette reforme renforce les sanctions à l’encontre des responsables, militaires ou civils, qui facilitent des migrations irrégulières. La Chambre des députés a quant à elle validé cette mesure en juillet dernier, et elle attend désormais la promulgation par le pouvoir exécutif.
Nouveaux protocoles hospitaliers et augmentations de salaires pour limiter la migration illégale
Dans le secteur de la santé, le Service National de Santé (SNS) a instauré de nouveaux protocoles dans 33 hôpitaux. Dorénavant, tout patient étranger doit présenter une pièce d’identité, une lettre d’emploi, ainsi qu’un justificatif de domicile. Cette initiative a permis de réduire drastiquement le nombre de naissances de mères étrangères, qui ont chuté de plus de 70 % entre janvier et juin.
De plus, dans le but d’inciter à l’embauche de travailleurs dominicains, une augmentation de 30 % des salaires a été appliquée dans le secteur touristique, tandis qu’une hausse de 25 % a été enregistrée dans les zones franches. Toutefois, l’Observatoire met en garde : ces mesures n’ont pas encore produit d’effet significatif sur la réduction du nombre de travailleurs étrangers dans ces secteurs.
Ces différentes initiatives, tant législatives qu’opérationnelles, illustrent la volonté du gouvernement dominicain de renforcer le contrôle de ses frontières et de lutter contre l’immigration clandestine. La politique affichée privilégie la sécurité et la régularisation en même temps que des efforts pour stimuler l’emploi local, tout en se montrant ferme face à l’immigration non conforme.