Baisse spectaculaire de l’immigration à New York suite à la hausse des contrôles sous l’ère Trump

6 avril 2026

Baisse spectaculaire de l'immigration à New York suite à la hausse des contrôles sous l'ère Trump

Une baisse dramatique de la population à New York sous l’administration Trump

La politique de fermeté sur l’immigration menée par l’administration Trump a provoqué un ralentissement brutal de la croissance démographique à New York. En juillet 2025, la population de la ville s’élevait à 8,58 millions d’habitants, selon les estimations du Census Bureau publiées jeudi. Ce chiffre marque une diminution d’environ 12 200 personnes par rapport à juillet 2024, et il est nettement inférieur aux 8,8 millions de New-Yorkais dénombrés en avril 2020.

Une chute des arrivées internationales

Les arrivées d’étrangers dans la ville au cours des 12 mois précédant juillet 2025 ont chuté à seulement 66 000, un chiffre historiquement bas depuis la pandémie. Ce nombre est très inférieur aux 220 000 immigrants qui étaient arrivés lors de la même période en 2023-2024. La baisse est si significative qu’elle illustre une rupture nette avec la croissance démographique observée ces dernières années, autrefois alimentée en grande partie par les migrations internationales.

Des départs compensés par la migration interne

Durant la même année, environ 114 000 résidents ont quitté New York pour s’installer dans d’autres régions des États-Unis. Ce phénomène de départs, qui n’a cessé d’être stable depuis la pandémie, ne constitue pas en soi une tendance nouvelle. Historiquement, les migrations internationales vers la ville compensaient largement ces départs vers d’autres États, permettant à la population de croître ou de se maintenir.

Selon l’économiste spécialisé dans les questions migratoires, David Kallick, la santé économique de New York en ce moment agit comme un bouclier contre un déclin immédiat : « Aujourd’hui, New York possède une économie dynamique et solide. Un seul mauvais année ne va pas faire s’effondrer la ville. » Toutefois, il avertit que si cette tendance se poursuit et si le nombre d’immigrants diminue durablement, la population de New York pourrait commencer à décroître sérieusement. Il rappelle que la ville a déjà connu une telle situation dans les années 1970, avec des résultats désastreux pour la démographie.

Une estimation basée sur les données démographiques

Les chiffres dévoilés jeudi ont été établis à partir de nouvelles analyses des naissances, des décès et des flux migratoires. Le Census Bureau a également révisé ses estimations pour les années précédentes, indiquant qu’en juillet 2020, la population s’élevait à 8,75 millions, avant de chuter d’environ 400 000 durant la pandémie, pour rebondir d’environ 220 000 depuis 2022.

Malgré cette perte, la croissance naturelle de la population — c’est-à-dire la différence entre naissances et décès — demeure positive. Cependant, dans certains comtés plus âgés de l’État, notamment en dehors de la métropole, le nombre de décès dépasse celui des naissances. Le déclin démographique y est accentué par une baisse continue de l’immigration, ce qui contribue à une réduction encore plus marquée de la population, explique Jan Vink, spécialiste en démographie appliquée à l’Université Cornell.

Les exclusions dans les chiffres officiels

Le rapport du Census Bureau ne prend pas en compte les personnes expulsées dans le cadre des politiques de l’administration Trump, ni celles qui ont volontairement choisi de quitter le pays pour d’autres destinations. D’après les données de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) analysées par le média THE CITY, le nombre de rapatriements effectués au cours des six premiers mois de l’année serait inférieur à 2 000.

Kallick précise que ces chiffres ne concernent que les six premiers mois de la présidence Trump, période durant laquelle la politique migratoire a commencé à se durcir mais n’a pas encore atteint son apogée.

Une situation particulièrement préoccupante dans d’autres villes américaines

D’autres grandes métropoles comme Los Angeles, Miami ou San Diego, très dépendantes de l’immigration, ont également connu des baisses plus marquées de leur population dans le même laps de temps. Cela montre que le phénomène touche de manière globale plusieurs centres urbains américains, dont la croissance démographique a fortement ralenti ou même inversé dans certains cas.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.