Avocats sollicitent l’aide du public pour l’enquête sur la mort d’un homme haïtien en garde à vue à ICE

31 janvier 2026

Avocats sollicitent l’aide du public pour l’enquête sur la mort d’un homme haïtien en garde à vue à ICE

Newark : la famille de Jean Wilson Brutus exige une enquête indépendante suite à sa mort mystérieuse

Des proches de Jean Wilson Brutus, décédé en décembre dernier peu de temps après avoir été placé en détention par Immigration and Customs Enforcement (ICE) dans le New Jersey, ont fait appel à des avocats spécialisés en droits civiques afin de lancer une enquête indépendante ainsi qu’une autopsie. Ces avocats sollicitent l’aide du public pour mieux comprendre les circonstances de cette « mort mystérieuse » du jeune homme de 41 ans, qui aurait eu lieu lors d’un épisode qui, selon les rapports, constitue l’année la plus meurtrière pour les détenus depuis vingt ans.

Ce geste marque un défi direct à la version officielle fournie par les autorités fédérales concernant les événements survenus au sein de Delaney Hall, un centre de détention privé à Newark, où Brutus a initialement été victime d’un malaise.

« La famille se tourne vers nos cabinets, car elle n’a pas pu obtenir de réponses de la part d’ICE concernant la décès de M. Brutus », ont affirmé conjointement Oliver T. Barry et Joseph M. Champagne, dans un communiqué publié la semaine dernière.

« Ce qu’ils savent, c’est qu’un homme de 41 ans, en parfaite santé, ne peut pas entrer dans un centre de détention administré de façon sûre et professionnelle et en ressortir moins d’une journée dans un sac mortuaire. »

Brutus est, selon le site du rapport des décès de détenus d’ICE, la deuxième personne haïtienne à mourir sous la garde de l’agence en 2025. Ces décès interviennent durant ce qui devient la pire année en deux décennies pour l’agence, d’après une analyse des données recueillies par la presse. En 2025, The Guardian rapporte que 32 personnes sont décédées en détention, un chiffre qui égalise le record établi en 2004.

« Wilson était venu à la recherche de sécurité. Son histoire ne peut pas se terminer ainsi. »

Cette augmentation du nombre de décès survient alors que l’agence a accéléré ses opérations de détention afin de satisfaire les objectifs de déportation massive fixés par l’administration Trump, atteignant près de 70 000 personnes en détention à la mi-décembre. Les organisations de défense des droits humains soulignent que les chiffres de décembre sont particulièrement préoccupants, car ce mois a enregistré à lui seul sept morts, le mois le plus meurtrier de l’année.

« Nous sommes déterminés à comprendre ce qui lui est arrivé, non seulement pour notre famille, mais pour tous ceux qui vivent dans la crainte d’agents fédéraux masqués venus les enlever, eux ou leurs proches, à leur domicile ou en pleine rue », indique la famille à travers leur avocat.

Contester la version officielle de l’ICE

La famille a exprimé une profonde colère en réaction à un communiqué de presse de l’ICE, dont le titre « un criminel illégal décède » présente Brutus comme un récidiviste. Evans Belony, cousin de Brutus, a décrit cette tonalité comme « insensible et sans cœur ». Il rappelle que Brutus a fui Haïti pour échapper à la montée de la violence dans son pays et qu’il était venu chercher la sécurité aux États-Unis en demandant l’asile.

Les autorités de l’ICE ainsi que celles collaborant avec la police locale n’ont pas fourni de détails précis sur ses précédentes arrestations à Elizabeth, se contentant de mentionner qu’elles concernaient des affaires de violations de propriété ou de délit de voie publique.

En engageant des avocats spécialisés dans la défense des droits civiques, les proches espèrent faire la lumière sur les événements du jour de la mort de Wilson et remettre en question les pratiques de GEO Group, la société privée qui assure la gestion de Delaney Hall. Ces avocats indiquent qu’ils examineront notamment la composition des équipes, la formation du personnel et la qualité de la supervision médicale dispensée aux détenus.

Une plateforme d’appel aux témoignages a également été lancée, invitant toute personne ayant des renseignements sur les conditions dans ce centre ou sur les circonstances précises du maintien en détention de 24 heures de Brutus à contacter leurs bureaux au 609-729-1333.

En attendant, la famille a créé une page GoFundMe pour couvrir les frais funéraires ainsi que les dépenses continues liées à leur démarche juridique pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.