Tragédie à la Citadelle Laferrière : au moins 30 morts lors d’un rassemblement populaire à Cap-Haïtien
Ce samedi, au moins trente personnes ont trouvé la mort lors d’un grand rassemblement organisé à la Citadelle Laferrière, située dans la région de Cap-Haïtien, dans le nord d’Haïti. Selon les autorités locales, un mouvement brusque au sein de la foule a provoqué une panique générale, déclenchant ainsi une bousculade qui s’est soldée par un bilan tragique.
« J’ai appris avec une grande tristesse la tragédie survenue ce samedi 11 avril à la Citadelle Laferrière », a déclaré Patrick Almonord, adjoint au maire de Cap-Haïtien, dans un communiqué officiel. « Un mouvement au sein de la foule a entraîné une débandade très grave. Le bilan provisoire est d’environ 30 morts et de nombreuses personnes blessées. Ces chiffres pourraient évoluer au fil des constatations. »
Les victimes sont actuellement prises en charge dans des hôpitaux proches, tandis qu’une délégation conjointe, composée des responsables de la ville et des équipes de Protection Civile, a été dépêchée sur place pour soutenir les opérations de secours.
Un événement massif mal maîtrisé : le « Citadel Vibe 3.0 »
L’incident se produit lors d’un rassemblement de jeunes baptisé « Citadel Vibe 3.0 », initié et promu par plusieurs influenceurs des réseaux sociaux. Ce rendez-vous a rassemblé des milliers de participants au sommet de la montagne, où se dresse la majestueuse citadelle. Selon les autorités, la capacité du site a été largement dépassée, ce qui a exacerbé la situation déjà critique.
Les responsables de la Protection Civile ont indiqué que plusieurs personnes restent portées disparues, tandis que d’autres se trouvent dans un état critique à l’hôpital Sacré-Cœur de Milot. Les opérations de secours étaient encore en cours tard dans la soirée, afin d’assurer le dépouillement et de venir en aide aux victimes.
Une entrée unique et une foule compacte : une recette pour la catastrophe
Des images circulant sur les réseaux sociaux ainsi que des témoignages évoquent le fait qu’un seul accès était ouvert pour entrer et sortir du site, ce qui a généré un embouteillage gigantesque à mesure que le nombre de personnes augmentait. La densité de la foule était telle qu’elle a provoqué une situation de danger extrême, amplifiée par la promiscuité et l’étroitesse des lieux.
Une troisième édition qui tourne au drame
Il s’agissait de la troisième édition de l’événement, le « Citadel Vibe 3.0 ». L’événement a été largement relayé en ligne par des influenceurs, y compris un créateur de contenu connu sous le nom de « Dope Fresh », qui avait encouragé ses abonnés à se rassembler à la citadelle avant de se diriger vers la Place de Vertières, dans la même région.
Dans une vidéo publiée après la tragédie, ce dernier a précisé qu’il avait déjà quitté le site au moment de l’incident, réfutant toute responsabilité exclusive, en indiquant que plusieurs organisateurs étaient impliqués dans l’événement.
« Nous étions des milliers là-haut. À un moment donné, personne ne pouvait plus respirer. C’était la panique totale », témoigne Fabiola Jules, participante à l’événement.
Les causes du drame toujours incertaines
La cause précise de la catastrophe n’a pas encore été officialisée. Cependant, les premiers rapports évoquent une asphyxie causée par la surcharge de la foule et le manque de circulation d’air dans les zones fermées de la citadelle. La pluie intense et la visibilité réduite pourraient avoir aggravé la situation, selon plusieurs témoins.
Fabiola Jules, qui assistait à la manifestation, a déclaré : « Il y avait des milliers de nous là-haut. À un moment, l’air manquait. C’était la panique totale. »
De leur côté, Marco Photo, un influenceur présent lors de l’événement, a raconté sur Facebook : « Il n’y avait pas assez d’espace pour que les gens puissent se déplacer. Beaucoup étaient coincés. À un certain moment, la pression pour sortir devenait insoutenable. Beaucoup ne pouvaient plus respirer. »
Une gestion encore trop mauvaise pour assurer la sécurité
Les autorités n’ont pas encore confirmé si les organisateurs avaient obtenu une autorisation officielle de l’Institut pour la Protection du Patrimoine National (ISPAN), qui supervise ce site classé. Ce manque d’informations soulève de vives interrogations sur la légalité et la sécurité de l’événement.
Une inquiétude grandissante autour des risques liés aux grands rassemblements
Les réseaux sociaux et les médias locaux relaient désormais la tragédie comme un rappel brutal de l’importance de la gestion rigoureuse des foules. La catastrophe a ravivé le débat sur le rôle des autorités dans le contrôle des événements publics, la planification et la sécurité lors des rassemblements, surtout dans des lieux historiques ou semi-fermés où une surveillance stricte est requise pour éviter de telles tragédies.
« Ce drame nous rappelle la nécessité d’une organisation sérieuse, de mesures préventives et d’une supervision adéquate lors de grands événements », a conclu Patrick Almonord. « Milot n’est pas seul dans cette situation, et il est essentiel de tirer des leçons pour l’avenir. »