§ 06 — Conclusion
Un président mort.
Un gouvernement mort ?
Jovenel Moïse a été assassiné dans sa chambre le 7 juillet 2021. Cinq années plus tard, l’affaire a abouti à dix condamnations aux États-Unis, mais aucune réponse véritable à ces questions cruciales que les Haïtiens veulent ardemment connaître :
Son téléphone reste introuvable. Son serveur de surveillance est aux mains des Américains. Cinq juges haïtiens se sont désistés du dossier. Une des inculpées, une magistrate en activité, est décédée avant de pouvoir être entendue. Une autre a disparu en s’évadant lors d’une opération de gang dans la prison nationale.
Le gouvernement qui a succédé à la mort de Moïse a lui aussi trébuché, à bien des égards. Il n’y a plus de président élu. Le parlement ne fonctionne plus. Le Conseil présidentiel de transition est en conflit interne. Les ministères fonctionnent depuis des hôtels. Des gangs contrôlent la majeure partie de Port-au-Prince, y compris la route vers le tribunal où le dossier de Moïse doit être examiné.
Le président a été assassiné.
La République repose désormais à ses côtés.