Ambassade des États-Unis soutien le Premier ministre Fils-Aimé avant la date limite de transition en Haïti le 7 février

5 février 2026

Ambassade des États-Unis soutien le Premier ministre Fils-Aimé avant la date limite de transition en Haïti le 7 février

L’ambassade des États-Unis à Haïti renouvelle son soutien au Premier ministre Fils-Aimé alors que le pays se rapproche du terme du mandat du Conseil de Transition Présidentielle

L’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince a de nouveau affirmé son appui au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, adoptant une position plus ferme alors que Haïti se prépare à l’expiration, le 7 février prochain, du mandat du Conseil de Transition Présidentielle (CPT). Cette déclaration intervient dans un contexte de blocage politique profond, alimenté par l’incapacité à instaurer un consensus sur la direction future du pays.

« Au moment où le mandat du Conseil de Transition Présidentielle prend fin le 7 février, nous soutenons avec force le leadership du Premier ministre Fils-Aimé dans la construction d’un Haïti fort, prospère et libre », a indiqué l’ambassade des États-Unis, dirigée par le chargée d’affaires Henry Wooster, dans un communiqué publié ce mercredi.

Une déclaration de soutien à un moment critique

Cet appui de Washington a été publié moins d’un jour après une décision prise par trois membres du CPT. Ces derniers ont adopté une résolution proposant la mise en place d’une nouvelle autorité exécutive pour gérer le pays après le 7 février. Le plan suggère la création d’un conseil présidentiel composé de trois membres : un représentant du CPT, un juge de la Cour de Cassation et un leader de la société civile, tous travaillant en collaboration avec un Premier ministre.

Ce projet a été porté par les membres du CPT Edgard Leblanc, Leslie Voltaire et Gérald Gilles, suite à trois jours de discussions internes. Parallèlement, des négociations sous l’égide de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) ont été engagées, mais à ce jour, elles n’ont pas permis d’aboutir à un accord. Parmi les autres propositions à l’étude figurent la nomination d’un seul juge de la Cour de Cassation, la constitution d’un organe de gouvernance plus restreint, ou encore le transfert des pouvoirs au Conseil des Ministres.

Refus unanime des acteurs politiques et de la société civile

Dès l’annonce de cette proposition soutenue par le CPT, l’opposition et la société civile ont rapidement rejeté toute idée de continuation du Conseil dans ou hors de ses fonctions après le 7 février. Pour eux, maintenir l’institution, en tout ou en partie, au-delà de cette date constituerait une manœuvre politique inacceptable.

> « Toute tentative de sauvegarder le CPT, en totalité ou en partie, revient à détourner la question politique et constitue une décision nulle et non avenue », a déclaré le parti politique EDE dans un communiqué. « Cette entité, vivement critiquée, considérée comme illégitime et impopulaire, a gravement compromis une transition politique initialement conçue pour soulager la souffrance de la population. »

Une pression accrue des États-Unis sur la classe politique haïtienne

L’annonce du soutien de Washington au Premier ministre Fils-Aimé s’inscrit également dans une série d’initiatives de la part des États-Unis, visant à faire pression sur les acteurs politiques haïtiens. Ces dernières semaines, cinq membres du CPT ainsi qu’un ministre du gouvernement haïtien ont été soumis à des restrictions de visa américaines, après avoir tenté de démettre le Premier ministre, une démarche qui a suscité une vive critique de la part des partenaires internationaux.

« Au moment où le mandat du Conseil de Transition Présidentielle arrive à son terme, nous exprimons notre soutien au leadership du Premier ministre Fils-Aimé dans la construction d’un Haïti fort, prospère et libre », a déclaré l’ambassade des États-Unis dans son communiqué officiel.

Cette déclaration marque la dernière étape d’une série de mesures prises par Washington face à la dégradation sécuritaire et politique en Haïti. Elle intervient peu après le déploiement récent de navires de la marine américaine au large de Port-au-Prince et des déclarations de responsables américains indiquant une posture plus ferme contre les gangs armés et ceux qui déstabilisent le pays.

Le rejet des discussions menées par le CPT et le futur incertain

Par ailleurs, plusieurs groupes politiques persistent à boycotter les discussions menées par le CPT concernant la transition post-7 février. Ces acteurs estiment que cette instance ne dispose pas de la crédibilité nécessaire pour agir en tant que médiatrice ou pour légitimer une prolongation de son mandat. Pour une grande partie de la population haïtienne, cette transition est largement perçue comme un échec, laissant l’avenir politique du pays dans l’incertitude alors que la date limite approche à grands pas.

Le Conseil de Transition a été créé en vertu d’un accord politique signé en avril 2024, à la suite de la démission de l’ancien Premier ministre Ariel Henry. Sa mission initiale comprenait la restauration de la sécurité, l’organisation des élections, la relance économique et la mise en œuvre de réformes constitutionnelles. Après presque deux ans d’exercice, cette instance fait désormais l’objet de critiques venant de tous les horizons politiques, qui la décrivent comme coûteuse, entachée par la corruption et incapable d’enrayer la crise profonde que traverse Haïti.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.