Une réalisatrice à l’avant-garde : un documentaire consacré à l’amendement 14 et à ses enjeux
À New York, ce jeudi, Ava DuVernay a fait une annonce importante : elle a réalisé un film documentaire pour Netflix qui porte sur le 14e amendement de la Constitution américaine, un texte fondamental qui a permis la liberté et l’obtention de droits pour les anciens esclaves après la guerre de Sécession. Cet amendement a récemment fait l’objet d’attaques légales de la part du président Donald Trump, ce qui rend le sujet d’autant plus actuel et sensible.
Netflix a confirmé jeudi que le film, intitulé « 14th », sera diffusé plus tard cette année. Ce nouvel opus marque une incursion de DuVernay dans le documentaire, après ses œuvres célèbres telles que « Selma » et « Origin ». Il constitue également une suite à son film de 2016, « 13th », dans lequel elle analysait la portée de l’amendement numéro 13, qui abolissait l’esclavage.
Les enjeux du 14e amendement dans le contexte récent
Depuis plusieurs années, le 14e amendement est devenu une cible privilégiée de Trump. Dès le premier jour de son second mandat, il avait signé un décret exécutif visant à fortement limiter la naissance aux États-Unis, considérée comme un droit protégé par cet amendement. En juin dernier, la Cour Suprême a rejeté cette tentative par une majorité de 6 voix contre 3.
Adopté en 1868, au cours de la période de la Reconstruction, le 14e amendement stipule que : « Toutes les personnes nées ou naturelles dans les États-Unis, et soumises à leur juridiction, sont citoyennes des États-Unis et de l’État où elles résident ». Il a permis de faire jurisprudence pour annuler la décision de la Cour Suprême en 1857 dans l’affaire Dred Scott v. Sandford, qui déclarait que les descendants d’esclaves ne pouvaient pas être citoyens.
Une œuvre engagée et réflexive
Ava DuVernay a expliqué que son documentaire sera une exploration approfondie de la manière dont le 14e amendement s’est transformé en « un débat permanent ». Elle y donnera la parole à des politiciens, des historiens, mais aussi à des voix issues de la culture pour donner un regard pluridisciplinaire à cette question.
« Si « 13th » posait la question de qui est enfermé, alors « 14th » interroge sur qui est compté », a-t-elle déclaré dans un communiqué. « Ce n’est pas un film qui regarde vers le passé de la liberté. Je ne souhaite pas simplement vous faire souvenir. Le film explore le genre de pays que nous construisons aujourd’hui… alors que nous sommes absorbés par les histoires qu’on nous a toujours racontées. »
Une jurisprudence confirmée, mais contestée
Le président de la Cour Suprême américaine, le juge John Roberts, a récemment réaffirmé la protection offerte par le 14e amendement, en soulignant que la citoyenneté repose sur le fait de naître dans le pays, sauf quelques exceptions très limitées.
Il a ainsi écrit : « La citoyenneté, passée et présente, était le droit d’accéder à des droits — de participer librement à notre vie politique. Les rédacteurs du 14e amendement ont étendu cette promesse à « chaque personne née libre dans cette terre », et nous en assurons la continuité aujourd’hui. »
Cependant, Donald Trump a promis de continuer à contester cette décision de la Cour Suprême. Sur sa plateforme Truth Social, il a écrit : « Ce cortège d’injustices va détruire l’Amérique si cette décision complètement insensée n’est pas annulée. »