Étudiant blessé lors du deuxième sit-in pour le relogement du plus grand hôpital d’Haïti

3 juillet 2026

Étudiant blessé lors du deuxième sit-in pour le relogement du plus grand hôpital d'Haïti

Port-au-Prince : Une manifestation étudiante tourne à la violence après une fusillade lors de la demande de relocalisation de l’hôpital public

Un étudiant en médecine a été victime d’une balle lors d’une manifestation à Port-au-Prince, ce mercredi, alors que des étudiants renouvelaient leur revendication concernant le déplacement de l’hôpital public le plus important en Haïti. Ces jeunes dénoncent l’échec des responsables politiques à tenir leurs promesses, faites après une première mobilisation qui avait déjà mis en lumière la gravité de la situation.

Milot Exantus, inscrit à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l’Université d’État d’Haïti (UEH), a été touché au bras droit lors du cortège organisé le 1er juillet. Selon ses camarades, son état de santé demeure stable, mais l’incident a profondément marqué la communauté universitaire et les manifestants présents.

Une mobilisation pour la relocalisation d’un hôpital clé dans un contexte de crise sécuritaire accrue

Ce nouvel épisode de violence s’inscrit dans la seconde manifestation en moins de deux semaines, organisée pour exiger la réouverture et le déplacement de l’Hôpital Universitaire d’État de Haïti, communément appelé l’Hôpital Général. Cet établissement, qui représente le plus grand centre de formation hospitalière publique du pays, reste en grande partie fermé depuis que des attaques répétées de gangs armés ont laissé les quartiers environnants du centre-ville de Port-au-Prince totalement sous leur contrôle.

« Nous continuerons à descendre dans la rue jusqu’à ce que nos revendications soient satisfaites. »

Étudiants en médecine et pharmacie

Ces protestations mettent en évidence l’impact grandissant de la crise sécuritaire sur le système de santé déjà fragile d’Haïti. Avec la fermeture quasi totale du Général, des centaines d’étudiants en médecine et en soins infirmiers n’ont pas pu achever leur formation clinique obligatoire, et des milliers de patients se sont retrouvés sans accès à l’un des principaux établissements publics de santé du pays. Malgré de nombreuses promesses de la part du ministère de la Santé publique et de la Population, il semble que le déplacement provisoire de l’hôpital n’ait pas encore été concrétisé.

Les manifestants ont commencé leur marche devant la rectorat de l’UEH, situé sur la rue Rivière, avant de se diriger le long de la route de Bourdon vers le bureau du Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, à Musseau. Munis de pancartes, ils ont réclamé la réouverture immédiate de l’hôpital et exigé du ministre de la Santé, Sinal Bertrand, qu’il tienne ses engagements à propos de la relocalisation de l’établissement, afin que les étudiants puissent reprendre leurs stages interrompus par la crise persistante.

  • Student protesters hold placards bearing messages saying that people and students need the State University Hospital and demanding its relocation from a gang-controlled area in Port-au-Prince on Wednesday, July 1, 2026. Photo by Jhakenson Blaise/The Haitian Times.

Une demande claire : que l’État prenne ses responsabilités pour relocaliser l’hôpital et assurer des soins de qualité

Les étudiants manifestants scandent leur désir de poursuivre leurs stages et leur besoin urgent de l’Hôpital Général, qu’ils considèrent comme un enjeu vital pour la santé publique et leur formation professionnelle.

Malheureusement, la situation a rapidement dégénéré en violence lors de cette marche. Des coups de feu ont été entendus, plongeant la foule dans la panique.

Les étudiants dénoncent spécifiquement un véhicule, une Nissan Pathfinder de couleur verte portant la plaque d’immatriculation AA-13359, qu’ils accusent d’avoir tiré sur la foule avant de s’enfuir rapidement. Pour l’instant, aucune arrestation n’a été annoncée, et les autorités haïtiennes n’ont pas encore publié de commentaires officiels sur cette nouvelle fusillade à la sortie des manifestations.

Malgré cette tension, les jeunes ont réitéré leur engagement à poursuivre la mobilisation, en affirmant leur détermination à faire entendre leurs revendications jusqu’à ce que le gouvernement y réponde concrètement.

Un contexte de tensions renouvelé par une première marche pacifique dispersée par la police

Cette dernière explosion de violence intervient après une marche pacifique organisée fin juin, où les étudiants avaient tenté de remettre leurs doléances directement au Premier ministre. La police avait dispersé cette manifestation en utilisant du gaz lacrymogène, illustrant la difficulté pour ces jeunes de faire entendre leur voix face à une situation sécuritaire critique qui ne montre aucun signe d’apaisement.

Tear-gassed students in Haiti plan new march to get hospital moved from gang territory

La fermeture de l’Hôpital Universitaire d’Haïti (HUEH) a mis en doute l’accès aux soins et la formation des futurs médecins.


Les revendications restent inchangées : la population demande que l’État prenne des mesures concrètes pour relocaliser l’hôpital général et rétablir les activités médicales et de formation qui y sont essentielles.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.