Trois soirées inoubliables à Brooklyn
Depuis l’entrée dans le Brooklyn Paramount pour la célébration Bayo, signature de Michaël Brun consacrée à la musique et à la culture haïtiennes, chaque spectateur a été plongé dans une expérience culturelle immersive. Le festival, à l’occasion de ses 10 ans, s’est paré d’un décor de scène d’une richesse vibrante, conçu avec des inspirations architecturales des Caraïbes, notamment les traditions historiques de Jacmel, évoquant l’atmosphère chaleureuse des tropiques. Des vendeurs de plats haïtiens, tels que Bon Pâtés, proposaient des pâtés traditionnels dans le hall, tandis que les drapeaux d’Haïti flottaient dans l’espace, renforçant l’ambiance festive.
« Vous allez vivre la version la plus raffinée de Bayo en dix ans, sur trois jours », avait promis Michaël Brun. « Chaque jour sera une nuit unique. »
Et, à en juger par la réaction des milliers de spectateurs entre le 25 et le 27 juin, cet engagement a été pleinement respecté. Dans la salle, dans les rues et sur les réseaux sociaux, les fans de Brun n’ont pas tari d’éloges à chaque nouvelle arrivée d’artiste ou invité surprise – parmi eux, le footballeur haïtien Wilson Isidor – qui montaient sur scène pour offrir des moments exceptionnels.
Trois nuits inoubliables à Brooklyn
Les artistes présents le jeudi comprenaient Vanessa Désir, J. Perry, Steves J. Bryan, Kes the Band, Nickenson Prud’homme, Gardy Girault et Paul Beaubrun. La soirée du vendredi était consacrée aux femmes haïtiennes dans la musique avec des performances de Riva Nyri Précil et Rutshelle Guillaume. La soirée a également accueilli Jessie Woo, Lunise du groupe RAM, Sabine Blaizin et Sarina Desir.
Le final du samedi, complet en vente, a poursuivi la tradition des apparitions surprises, rassemblant musiciens, sportifs et figures culturelles. Tout au long de la nuit, des hommages visuels à l’histoire haïtienne n’ont fait que renforcer la puissance du message, notamment une figure géante représentant le révolutionnaire haïtien Toussaint Louverture portant le drapeau haïtien, illustrant la célébration du peuple haïtien et de sa résilience.
Au-delà de la scène, un véritable héritage
En évoquant la première décennie de Bayo, Michaël Brun insiste sur le fait que l’impact du festival dépasse largement la scène. Au fil des années, l’événement a favorisé l’émergence de carrières artistiques, créé des liens d’amitié solides, et encouragé toute une communauté à s’exprimer à travers des œuvres créatives inspirées par le festival. Beaucoup de fans ont conçu des œuvres d’art, des vêtements personnalisés ou d’autres hommages, attestant de leur attachement et de l’influence du festival sur leur parcours. Certains ont même trouvé de nouvelles amitiés, relancé leur carrière artistique, renoué avec leur famille ou rencontré leur futur conjoint grâce à la communauté que Bayo a su rassembler.
Bayo a également pour objectif de donner en retour, au-delà des performances. Une partie des recettes des billets est consacrée au soutien d’initiatives en faveur du développement communautaire, de l’éducation ou de la musique en Haïti. Michaël Brun évoque aussi une fondation créée en hommage à sa mère décédée, afin de continuer à soutenir ces causes essentielles.
Lorsque la soirée du samedi s’est achevée, la fête s’est poursuivie avec la procession emblématique du rara. Les musiciens, jouant des cornes et des tambours, ont mené artistes et spectateurs dans les rues, tandis que les vagues de personnes sortaient du théâtre, la tête haute, leurs drapeaux haïtiens en main, fiers de leur culture et de leur identité.