Une Aufnahme historique et une décision contestée : le but de Lenny Joseph lors de la Coupe du Monde 2026
À Atlanta, lors d’un match crucial du groupe C de la Coupe du Monde 2026, l’attaquant haïtien Lenny Joseph a réalisé un geste spectaculaire qui aurait pu devenir l’un des moments marquants de la sélection haïtienne : un tir en arrière de la semelle, en pleine course, qui a fait vibrer les supporters, tant au stade qu’à travers le monde. Pourtant, ce but a été officiellement inscrit comme un « but contre son camp » par la FIFA, après une décision qui a créé une certaine polémique. En effet, immédiatement après la fin de la rencontre, une défaite du Nicaragua face au Maroc sur le score de 4-2, la FIFA a attribué cette réalisation à un joueur marocain, Yassine Bounou, suite à une intervention du VAR.
L’incroyable action qui aurait pu faire l’histoire
Lorsque Lenny Joseph, à la dixième minute du match, a réceptionné un centre précis de Jean-Kévin Duverne, il a décidé d’accompagner le ballon d’un geste osé et audacieux : une bicyclette arrière. L’action a immédiatement provoqué une explosion d’enthousiasme dans le stade d’Atlanta, mais aussi parmi les supporters haïtiens dispersés à travers le globe. La foule espérait déjà que cette frappée spectaculaire puisse donner à Haïti son premier but en Coupe du Monde depuis de longues années. Cependant, après l’analyse du VAR, la décision de la FIFA est tombée : le tir initialement considéré comme une réalisation de Joseph a été attribué à Yassine Bounou, le gardien de but marocain, qui aurait dévié la balle dans ses filets.
Une décision officiellement racontée comme un but contre son camp
Désormais, ce but est inscrit dans les statistiques comme un but contre son camp, ce qui a contrarié fortement les supporters haïtiens. La réalisation est comptabilisée dans le total des deux buts inscrits par Haïti lors de cette phase de groupe, mais elle prive Lenny Joseph de son rêve d’inscrire son premier but en Coupe du Monde. La décision de la FIFA n’a pas seulement été une déception pour Benjamin et ses proches, mais aussi une source de frustration pour l’ensemble de la communauté haïtienne, qui estime que le jeu de leur joueur aurait mérité une reconnaissance plus juste.
Une controverse alimentée par la frustration et la perception d’un traitement injuste
« Le but devrait appartenir à Lenny », affirme Carl-Henri Valbrun, résident de Miami. « Il a contrôlé la ballon avec brio et l’a conclu d’un geste que peu auraient tenté. » Pour d’autres supporters, la décision du VAR se développe dans un contexte plus large de frustrations relatives à la gestion du football haïtien en coupe du monde. Jean Wilson Amorin, venu de Nebraska pour soutenir l’équipe en pleine ville d’Atlanta, fait partie de ceux qui contestent cette attribution du but et y voient une nouvelle étape dans une série de décisions arbitrales qui, selon eux, discréditent leur équipe.
« Pourquoi ne peuvent-ils pas simplement nous laisser en paix ? », s’interroge-t-il. « Après tout ce que Haiti a vécu dans cette compétition, l’un de nos joueurs trouve enfin le chemin des filets, ça remonte notre moral, et voilà qu’on lui vole ce but à cause d’une déviation. »
Une participation compliquée, mais une fierté toujours intacte
Dès avant même le début de la compétition, la FIFA avait retiré certains éléments graphiques que les supporters estimaient représenter l’histoire révolutionnaire et l’identité du pays, provoquant une polémique sur la volonté présumée de supprimer tout ce qui évoque la culture haïtienne à travers l’uniforme national. Lors du premier match contre l’Écosse, de nombreux observateurs et fans avaient déjà dénoncé plusieurs décisions arbitrales qui, selon eux, jouaient systématiquement en défaveur d’Haïti. L’attribution de ce but au gardien marocain est perçue comme une nouvelle blessure, privant Joseph d’un record en Coupe du Monde.
Pourquoi la FIFA a-t-elle considéré ce but comme un but contre son camp ?
John Stephenson Octave, arbitre licencié par la FIFA et qui officie en Haïti, explique que la décision repose essentiellement sur la trajectoire initiale du ballon.
« Même si Joseph a frappé en premier, le ballon ne se dirigeait pas directement vers le but. C’est alors que le gardien marocain l’a touché et l’a dévié dans ses propres filets », explique-t-il.
Selon les règles de la FIFA, si Joseph avait initialement frappé le ballon sur cible, son but aurait été validé même si la balle avait été déviée par le gardien. En revanche, puisque c’est le contact du gardien qui a rebondi la balle dans le but, la réalisation a été comptabilisée comme un but contre l’équipe marocaine.
Malgré tout, l’histoire est gravée et la fierté reste intacte
Même si le nom de Joseph ne figure plus dans les statistiques officielles, la percée d’Haïti dans cette Coupe du Monde ne peut être niée. Joseph n’a pas été reconnu comme le premier joueur haïtien à inscrire un but en Coupe du Monde masculine depuis Emmanuel “Manno” Sanon, qui avait marqué contre l’Italie en 1974. À la place, c’est Wilson Isidor qui a redonné l’avance à Haïti dans ce match, avec une frappe puissante depuis environ 30 mètres, juste avant la mi-temps, permettant ainsi à l’équipe de dépasser le total de ses buts en Coupe du Monde, qui restait à deux, un chiffre atteint lors de la seule autre participation du pays en 1974.
Pour de nombreux supporters, que cette décision de la FIFA soit ou non en leur faveur, elle n’effacera jamais le rôle essentiel joué par Joseph dans cette de jeu mémorable, cet instant historique où Haïti a brillé sur la scène mondiale.
« Nous avons marqué. C’est le plus important », affirme Carlo Mezil, un supporter basé dans le Nebraska. « Que la FIFA l’ait reconnu ou non, Haïti a marqué l’histoire. »
Eliane Voltaire, de Port-au-Prince, partage cet optimisme :
« Après avoir été absents lors des deux premiers matches, tout ce dont nous avions besoin, c’était d’un seul but pour continuer à croire en nos chances. Et ce but, nous l’avons eu, après seulement dix minutes de jeu, face au Maroc. »