L’engouement pour les Knicks rencontre la ferveur de la Coupe du Monde : comment les bars de football de New York gèrent les deux événements simultanément

13 juin 2026

L’engouement pour les Knicks rencontre la ferveur de la Coupe du Monde : comment les bars de football de New York gèrent les deux événements simultanément

À New York, le football et le basketball s’entrelacent ce weekend

New York (AP) — Assis parmi une foule en délire dans un bar de soccer à Manhattan, le premier jour de la Coupe du Monde, George Carson se décrit comme un passionné de football qui prévoit de suivre l’intégralité des 104 rencontres du tournoi mondial. Enthousiaste, il explique qu’il souhaite regarder tous les matchs, mais un détail pourrait venir compliquer ses plans : la finale NBA entre les New York Knicks et San Antonio, qui se joue en ce moment.

Mais qu’en sera-t-il samedi ?

« On doit regarder les Knicks, » avoue-t-il.

Dans la majorité des pays qui accueillent la Coupe du Monde, le football est une véritable obsession nationale. Pourtant, dans la ville de New York, ce week-end s’annonce particulièrement chargé, car la ville vit aussi au rythme des Knicks, qui mènent la série de la finale NBA 3-1 face aux Spurs de San Antonio et s’apprêtent à décrocher leur tout premier titre depuis 1973. La victoire pourrait être concrétisée dès le match 5, programmé samedi soir. La rencontre débutera peu après la fin du match du Mondial opposant le Brésil au Maroc dans le New Jersey, avec un accueil concurrencé par un affrontement en parallèle entre l’Écosse et Haïti.

« J’aimerais voir tous les matchs de la Coupe du Monde, mais pour nous, les Knicks restent prioritaires, » confie Carson, âgé de 38 ans, en regardant l’ouverture de la Coupe aux côtés d’un ami au « The Football Factory at Legends », un bar de football près de Madison Square Garden. « Je regarderai probablement le résumé du match de football après. »

Les Knicks ont su captiver l’attention des New-Yorkais, mais même parmi les fans les plus dévoués, certains commencent à avoir le regard partagé. Quelques heures seulement avant de prendre place dans les fauteuils en bord de terrain lors du match historique des Knicks en Game 4 au Madison Square Garden, le réalisateur Spike Lee, vêtu en vert et or, s’est rendu mercredi dans le centre d’entraînement du Brésil dans le New Jersey.

Le match d’ouverture de la sélection brésilienne face au Maroc se disputera à East Rutherford, dans le New Jersey, à 18 heures, une rencontre qui devrait se conclure environ trente minutes avant le début du match NBA au Texas. Par ailleurs, le match Écosse-Haïti, programmé à Massachusetts, débutera à 21 heures.

Le « Football Factory », un bar doté de 20 écrans, cherchera à satisfaire tous les goûts en matière de football et de basketball.

« J’espère qu’ils finiront leur série samedi soir, pour qu’on puisse leur dire : “Bravo, les Knicks”. Faites votre parade, et on passe à autre chose. Maintenant, concentrons-nous sur le football », explique Jack Keane, propriétaire de « The Football Factory ».

Ce bar accueille des groupes de supporters de Paris Saint-Germain, Chelsea, Aston Villa, Leeds et l’AC Milan. Selon lui, plus de 2 000 personnes auraient fréquenté son établissement mercredi soir, lorsque les Knicks ont remporté leur quatrième match de la série.

« Le public des Knicks était aussi nombreux que celui de la finale de la Ligue des Champions, » affirme-t-il.

Il a prévu de faire payer 20 euros au seuil d’entrée, avec une boisson incluse, pour le match d’ouverture Mexique-Sud-Afrique.

À seulement dix minutes à pied vers le sud-est, d’autres fans faisaient la queue pour entrer au Smithfield Hall, un autre célèbre lieu de rassemblement pour les supporters de Manchester United, West Ham, Nottingham Forest, Barcelone, Bayern Munich, l’Inter Milan, la Roma et Marseille.

« D’habitude, pour les sports américains, qui durent souvent plus longtemps, les gens préfèrent ne pas rester debout, » explique Kieron Slattery, copropriétaire de Smithfield. « Mais pour le moment, avec les Knicks, ils sont en train de faire comme dans un stade de football. »

La majorité des spectateurs présents jeudi étaient des New-Yorkais, beaucoup étant originaires d’ailleurs.

Ryan Cole, un Britannique de 44 ans originaire de Southampton, installé à New York depuis une dizaine d’années, portait un maillot d’Angleterre et espérait obtenir une place pour le match de groupe des Three Lions contre le Panama, prévu le 27 juin. Son grand-père, William Cole, était arbitre dans la ligue anglaise — il possède un programme avec le nom de son grand-père, datant d’un match entre Manchester et Chelsea en 1952.

« On voit partout des maillots, c’est incroyable, » confie-t-il en parlant des kits de football et de l’équipement des Knicks. « C’est juste fantastique d’être à New York à tout moment, mais là, avec les Knicks, la Coupe du Monde, l’été… je ne pourrais pas être plus heureux. »

Un de ses amis, Joel Ramirez, 46 ans, originaire de Dallas mais installé à New York avec des parents mexicains, se souvient avoir regardé des matchs lors du dernier Mondial dans différents restaurants ethniques liés à des équipes en compétition, comme Sunset Park à Brooklyn, pour le Mexique. Selon lui, le samedi, les supporters de football seront sans doute plus nombreux dans les bars que les fans des Knicks.

« Il y aura sans doute plus de vrais amateurs de football dans la ville le samedi, » pense-t-il. « Moi, je vais suivre les deux. »

Les bars de football de New York ouvrent généralement tôt le week-end pour permettre aux supporters de suivre les rencontres en milieu de journée, en Angleterre ou en Europe. La Coupe du Monde fait quant à elle exception, avec une ambiance particulière.

« La Premier League reste une niche pour le moment, il y a ceux qui regardent et ceux qui ne regardent pas, » explique Keane. « La Coupe du Monde, c’est une grande fête, un événement unique. Tout le monde a un maillot dans son placard. Tout le monde veut montrer son identité, son origine, ou celle de ses grands-parents, et monter dans le train du football mondial. »

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.