Une nouvelle débâcle pour Haïti face au Pérou après un début tonitruant
Il y a seulement quatre jours, tout semblait sourire à l’équipe haïtienne qui venait de triompher de la Nouvelle-Zélande sur le score sans appel de 4-0, lors d’un match vibrant disputé sous le regard enthousiaste d’un public nombreux au Chase Stadium de Fort Lauderdale, en Floride. L’ambiance était à la fête, et l’espoir de continuer sur cette lancée semblait permis. La suite du rêve s’est poursuivie vendredi soir au Nu Stadium de Miami, devant une foule comble de 26 700 spectateurs, lorsque le onze haïtien menait à moins de dix minutes de la fin face au Pérou, 53ème au classement FIFA, et semblait bien parti pour signer une seconde victoire consécutive.
Cependant, en seulement trois minutes, les Sud-Américains ont inscrit deux buts, infligeant à Haïti une défaite cruelle sur le score de 2-1, à seulement une semaine du début tant attendu de leur campagne pour la Coupe du Monde 2026. Le tournant poignant de cette rencontre a laissé un goût amer, alors que les joueurs navaient pas réussi à conserver l’avance acquise en début de match.
Le sélectionneur Sébastien Migné a tiré une leçon importante de ce revers : pour remporter des rencontres, il ne suffit pas d’ouvrir la marque. Wilson Isidor a ouvert le score à la 16ème minute, sur une passe parfaitement dosée de la part de Louicius, mais l’équipe haïtienne a perdu ce précieux avantage en manquant plusieurs occasions d’alourdir le score.
« Le football est parfois impitoyable », a déclaré Migné lors de la conférence de presse d’après-match. « Lorsque l’on affronte des équipes classées dans le top 50 mondial, il n’y a pas la place à l’erreur. Il faut saisir sa chance quand elle se présente. »
Il a également ajouté, en insistant sur l’aspect mental : « Quand vous laissez respirer votre adversaire, les conséquences peuvent être lourdes. »
Le Pérou, qui occupe la 53ème position au classement FIFA, également adversaire d’Haïti lors de la phase de groupe mondiale, est une équipe redoutable. Parmi les trois concurrents du groupe, l’Écosse est 43ème, alors que le Brésil et le Maroc figurent respectivement en sixième et septième position. Haïti, pour sa part, entre dans cette compétition en étant classé 83ème.
Malgré ce classement, la vivacité et la combativité de l’attaque haïtienne ont prouvé qu’elle pouvait faire vaciller des équipes mieux classées, voire marquer en premier comme cela a été le cas vendredi. La vraie inconnue demeure toutefois : l’équipe possède-t-elle la maturité, la concentration et l’expérience nécessaires pour conclure efficacement ses rencontres face à l’élite mondiale ?
Une entame électrique encore une fois
Dès le coup d’envoi, Haïti a montré une volonté de jouer offensif, pressing haut sur le terrain pour empêcher le Pérou de construire sereinement ses offensives. Lorsqu’ils récupéraient le ballon, les Haitiens lançaient rapidement des offensives, notamment par l’intermédiaire du ailier droit Don Deedson Louicius, très actif tout au long de la rencontre.
Ce pressing constant a été rapidement récompensé à la 16ème minute, lorsque Wilson Isidor a calmement complété d’un tir précis une passe en profondeur parfaitement travaillée par Louicius. Tout le stade, rempli de supporters en liesse, a vibré en voyant les drapeaux haïtiens agités, célébrant le premier but inscrit en match international dans la toute nouvelle enceinte de l’Inter Miami CF, le Nu Stadium.
Pour Isidor, il s’agissait de son deuxième but en seulement quatre rencontres avec la sélection haïtienne, après avoir été titulaire à trois reprises.
Les Grenadiers ont dominé durant la majeure partie de la première période, leur organisation au milieu de terrain et derrière frustrant le Pérou, dont les joueurs ont progressivement adopté un style plus rude et physique. La tension est montée d’un cran, avec un carton jaune pour le coach Mano Menezes et un autre pour le milieu Alfonso Barco, tous deux avant la pause.
Une seconde période plus froide et plus brouillonne
Comme cela arrive souvent avec une équipe relativement inexpérimentée sur la scène internationale, Haïti a peu à peu relâché l’étreinte, permettant au Pérou de retrouver un peu de confiance et de mieux s’installer dans le match. Entre la 59ème et la 64ème minute, Migné a procédé à sept substitutions, ce qui a encore davantage perturbé le rythme haïtien.
Malgré tout, les occasions ont continué de se faire pressantes pour les Grenadiers.
En seconde mi-temps, Isidor a manqué de peu, à la 48ème minute, en envoyant une reprise de volée au-dessus de la transversale depuis à proximité. Plus tard, l’équipe a laissé passer une contre-attaque prometteuse à trois contre quatre, lorsque le milieu Danley Jean-Jacques a préféré tenter une frappe de loin, qui a fini bien au-delà du cadre alors qu’il était aidé par deux coéquipiers.
Ce dernier semblait à la recherche du but après la belle victoire 4-0 contre la Nouvelle-Zélande, ayant également tenté plusieurs initiatives dans la première période. La soif de faire une bonne prestation était présente.
« Même dans l’adversité, j’ai vu que les fans nous soutenaient toujours, et cela nous donne énormément de force. »
Frantzdy Pierrot, attaquant haïtien expérimenté
« La prochaine fois, il faudra corriger nos erreurs », a écrit Polyte Fritz-Gerald sur X (anciennement Twitter). « Et surtout, ne tirer de loin que si aucune autre option ne s’offre à nous. »
Le milieu défensif Dominique Simon a également raté une occasion en envoyant son tir à côté à la 72ème minute, sous pression, alors que le gardien péruvien était sorti de son but.
Ce fut finalement en toute fin de match, à la 81ème minute, que le Pérou a su faire la différence. Sur un corner, le défenseur Hannes Delcroix, pris de vitesse après un rebond du gardien Johny Placide, a laissé passer l’occasion à Renzo Garcés qui n’a pas raté sa chance pour égaliser.
Et, à trois minutes du coup de sifflet final, un attaquant péruvien non marqué, Jairo Vélez, a propulsé le ballon au fond des filets après une percée dans la surface, donnant la victoire à son équipe.
Les supporters toujours fidèles aux Grenadiers
Dans un dernier geste de soutien, l’attaquant vétéran Frantzdy Pierrot a souligné la douleur de cette défaite, en rappelant que les joueurs cherchaient avant tout à honorer les supporters présents dans les tribunes. Le morale est d’autant plus difficile à supporter lorsque l’on mène presque tout le match, avant que tout ne se délite dans un ultime accès de faiblesse.
Malgré cette fin amère, l’ambiance dans le stade est restée chaleureuse – chants, musiques, drapeaux agités par des fans résolument mobilisés pour soutenir leur équipe dans la difficulté.
« Même lorsque le match semblait difficile, j’ai vu que les supporters continuaient de nous soutenir. Cela nous donne énormément de force », confia Pierrot à la presse après la rencontre.
Les supporters haïtiens ont également partagé leur ressenti sur les réseaux sociaux, témoignant leur soutien inébranlable à l’équipe nationale.
Maintenant que le camp d’entraînement en Floride touche à sa fin, l’équipe haïtienne entamera la seconde phase de sa préparation pour la Coupe du Monde, avec un stage au campus de Stockton University dans le New Jersey, à partir du 8 juin. Les fans de la région New York / New Jersey pourront même assister à une séance d’entraînement ouverte au public, prévue le 9 juin. Quatre jours plus tard, Haïti disputera son premier match de Mondial en 52 ans, face à l’Écosse, au Gillette Stadium de Foxborough, dans le Massachusetts.
La défaite face au Pérou a mis fin à la fête instaurée après la victoire contre la Nouvelle-Zélande. Mais elle a aussi rappelé une vérité essentielle : face à des adversaires de calibre mondial, marquer en premier ne suffit pas. Haïti doit apprendre à conclure ses rencontres si elle souhaite faire sensation sur la scène planétaire du football.