Sols en terre battue : la République Dominicaine veut tourner la page sur cette réalité du passé

1 février 2026

Sols en terre battue : la République Dominicaine veut tourner la page sur cette réalité du passé

Une réalité persistante : les sols en terre battue dans les habitations vulnérables

Depuis de nombreuses années, la présence de sols en terre battue dans les habitations est le reflet tangible du niveau de vulnérabilité auquel sont confrontées de nombreuses familles vivant dans une extrême pauvreté. Ces habitats fragiles, souvent construits avec des matériaux inadéquats, offrent peu de résistance face aux phénomènes naturels et aux conditions climatiques extrêmes. La poussière générée dans ces logements et les conditions sanitaires déplorables mettent gravement en danger la santé des occupants. Il ne s’agit pas d’une situation marginale : ces habitations constituent une réalité quotidienne pour une proportion significative de la population.

Une réponse gouvernementale pour améliorer les conditions de vie

Face à cette problématique, le gouvernement dominicain a décidé d’agir. Lors de son premier Conseil des ministres, qui s’est tenu le 11 janvier dernier, il a inscrit parmi ses 50 actions prioritaires l’objectif d’éliminer les sols en terre battue. Il a également pris d’autres mesures importantes, telles que l’interdiction progressive d’utiliser des poêles en bois ou au charbon dans les habitations afin d’améliorer la qualité de l’air intérieur et de réduire les risques sanitaires liés à la combustion de fuels polluants. Mais, concrètement, combien de foyers dans le pays vivent encore dans ces conditions précaires ?

Une majorité reste encore concernée, mais des progrès notables

D’après le Recensement national de la population et de l’habitat 2022, qui constitue la source la plus récente et fiable, on compte en République dominicaine un total de 3 694 060 habitations occupées. Parmi celles-ci, 1,9 %, soit environ 69 620 logements, présentent des sols en terre battue. Ces habitats vulnérables sont majoritairement localisés dans les zones urbaines, avec 25 366 ménages, et dans les zones rurales, avec 44 254 foyers. La répartition géographique montre néanmoins une tendance notable : la capitale, Santo Domingo, concentre à elle seule 11 409 de ces habitations, ce qui en fait la province la plus touchée par cette réalité, suivie de San Juan avec 6 010, et d’Azua avec 4 277. À l’opposé, des zones telles que Hermanas Mirabal (304 logements), Santiago Rodríguez (402) ou Samaná (649) comptent le moins de foyers encore dans cette situation.

Ces chiffres illustrent une tendance : en deux décennies, plus de la moitié des maisons à travers le pays ont été débarrassées de leurs sols en terre battue. L’évolution est significative comparée aux 150 123 habitations privées occupées en 2002. Même si le progrès est réel, beaucoup reste encore à faire pour garantir à l’ensemble des familles un logement décent.

Les initiatives pour éradiquer ce problème

Face à cette réalité, divers initiatives voient le jour, aussi bien dans le secteur public que privé. Depuis 2020, le gouvernement a lancé plusieurs programmes pour moderniser et améliorer la qualité de vie des familles vulnérables. Parmi eux, le programme de transformation des sols en terre battue en sols en ciment, mis en œuvre par le Ministère du Logement, vise à changer le quotidien de nombreux foyers en leur offrant des sols durables, propres et sains. À ce jour, ce programme a permis de transformer 13 905 logements à l’échelle nationale, entre 2021 et 2024.

De son côté, l’organisation Habitat for Humanity a annoncé sa contribution à la lutte contre ce problème en construisant, durant la seconde moitié de l’année dernière, 530 nouvelles habitations dotées de sols en béton poli, remplaçant ainsi les sols en terre. L’objectif fixé pour cette année est de venir à bout de jusqu’à 1 888 sols en terre dans tout le pays.

Ces démarches concrètes illustrent une volonté collective de faire disparaître un élément ancien et vulnérable, remplacé par des matériaux modernes garantissant sécurité et hygiène. La lutte pour l’amélioration des conditions de logement en République dominicaine continue donc, avec des actions concrètes et un engagement à long terme pour assurer un avenir meilleur à ses habitants.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.