Proposition : doit-on autoriser les militaires et les forces de l’ordre à voter ?

10 novembre 2025

Proposition : doit-on autoriser les militaires et les forces de l'ordre à voter ?

Réactivation du débat sur le droit de vote des forces armées en République dominicaine

Santo Domingo.- Le débat concernant la possibilité de lever l’interdiction de vote pour les membres de l’armée et de la police a récemment ressurgi en République dominicaine, suite à une proposition formulée par la juge de la Cour constitutionnelle, Sonia Díaz. Actuellement, le pays fait partie des rares nations en Amérique latine—aux côtés de la Colombie, du Guatemala, du Honduras et du Paraguay—à continuer d’interdire aux membres des forces armées d’exercer leur droit de vote.

Position des autres pays latino-américains

À l’inverse, certains pays comme l’Argentine, le Chili, l’Équateur et le Pérou ont rétabli ou maintiennent le suffrage militaire, tout en adoptant des mesures strictes pour limiter la participation politique active de leurs militaires ou policiers, notamment en interdisant à ces derniers de briguer des fonctions électives ou de s’engager dans des activités politiques. De leur côté, les États-Unis permettent également aux membres de l’armée de voter, en garantissant la possibilité aux militaires de participer aux scrutins sans pour autant leur permettre d’afficher publiquement leurs opinions politiques.

Les propositions pour un droit de vote réintégré

Selon une étude menée par l’Observatoire Politique Dominican (OPD-Funglode), intitulée “Le vote des militaires et de la police en République dominicaine”, les propositions visant à restaurer le droit de vote pour ces corps militaires et policiers sont apparues de façon régulière depuis 2013. La plus récente, soutenue par les partis PQDC, PCR et BIS, envisage la mise en place de bureaux électoraux spéciaux dédiés à ces votants tout en assurant la continuité du service public, afin de ne pas perturber le fonctionnement des institutions.

Une histoire ancienne de privilèges restreints

Historiquement, la Constitution dominicaine de 1844 accordait déjà le droit de vote aux officiers de l’armée et de la marine. Ce privilège a été conservé jusqu’en 1924, date à laquelle il a été aboli. D’après l’étude de l’OPD-Funglode, actuellement, 11 des 16 pays d’Amérique latine permettent aux militaires et aux policiers de voter, mais la majorité d’entre eux limitent fortement leur participation politique, notamment en empêchant la reconnaissance officielle de leur engagement dans des activités partisanes.

Ils soulignent que la préservation de l’interdiction sert à maintenir la neutralité institutionnelle

Les experts concluent que le maintien de cette interdiction contribue à préserver la neutralité des institutions militaires et policières, tout en évitant qu’elles ne deviennent des acteurs de la polarisation politique. Ce verrou juridique vise à protéger la stabilité et l’intégrité du corps des forces de sécurité nationale face aux influences partisanes et politiques, afin d’assurer un service public impartial et efficace.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.