Les ressources en eau en République dominicaine : une situation préoccupante malgré une disponibilité théorique suffisante
En République dominicaine, la question de l’eau ne cesse d’être au centre des préoccupations, même si, sur le papier, la quantité de ressources hydriques disponibles semble en suffisance pour satisfaire les besoins futurs du pays. Cependant, la réalité en période de sécheresse extrême soulève des inquiétudes. En effet, en moyenne, la disponibilité d’eau peut chuter à 904,5 mètres cubes par habitant et par an lors des années les plus sèches, une situation comparable à celle rencontrée dans des pays souffrant de pénuries chroniques d’eau.
Ces données proviennent du document de consultation qui a servi à élaborer le Plan d’aménagement du territoire pour 2030. Ce rapport souligne que cette information est essentielle pour élaborer des politiques d’adaptation face aux effets du changement climatique qui affectent la gestion de l’eau dans le pays.
Trois défis majeurs pour la gestion durable des ressources hydriques
À partir de ces chiffres, il apparaît clairement que la République dominicaine doit relever trois grands défis afin d’assurer une gestion efficace de ses ressources en eau. Le premier est de préserver le niveau actuel de disponibilité par habitant. Cela implique notamment de résoudre les problèmes de répartition spatiale de l’eau, souvent inégalement distribuée, ainsi que de renforcer et augmenter les canaux régulés pour assurer un approvisionnement fiable.
Le second défi majore consiste à investir dans la restauration des bassins versants et des écosystèmes naturels, qui jouent un rôle crucial dans la régulation du cycle hydrologique. Beaucoup de ces écosystèmes sont aujourd’hui en état critique de dégradation, ce qui compromet la capacité du pays à gérer ses ressources en eau durablement.
Enfin, le troisième défi appelle à une transformation du modèle de gestion actuel, historiquement centré sur l’augmentation constante de l’offre. Il s’agit désormais d’adopter une gestion axée sur la maîtrise de la demande, en améliorant l’efficacité de l’utilisation de l’eau. Cette transition constitue une priorité inscrite dans la Stratégie nationale de développement pour 2030, afin de garantir une utilisation plus durable et responsable de cette ressource vitale.
Le niveau de rareté de l’eau selon l’Indice de stress hydrique
Le rapport se réfère également à l’Indice de rareté de l’eau, élaboré en 1997 par l’UNESCO et l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Cet indice classe les pays en différentes catégories selon le pourcentage d’utilisation de leurs ressources en eau disponibles : faible, modérée, élevé et très élevé. La dernière catégorie concerne ceux qui utilisent plus de 40 % de leurs ressources disponibles, ce qui représente une situation critique.
Pour la République dominicaine, selon les projections et la tendance à la hausse de la demande en eau d’ici 2025, le pays utiliserait environ 37,62 % de sa disponibilité totale, et plus de 100 % de ce qui est considéré comme une quantité sûre d’eau. Autrement dit, une partie des réserves disponibles pourrait être exploitée à un rythme dangereux.
Ce rapport indique aussi que lorsque l’Indice de rareté dépasse un certain seuil, comme c’est le cas pour la République dominicaine, une vigilance accrue s’impose en matière de gestion des ressources en eau. La surexploitation et une utilisation non durable peuvent limiter non seulement l’approvisionnement en eau, mais aussi freiner la croissance économique et le développement global du pays.
Une situation à surveiller de près
Selon l’Organisation météorologique mondiale et l’UNESCO, lorsque cet Indice de rareté atteint le niveau de la République dominicaine, il devient impératif de mettre en œuvre une gestion rigoureuse des ressources hydriques et de maîtriser leur demande. La gestion durable de l’eau devient alors une condition sine qua non pour assurer une croissance économique stable, tout en préservant cette ressource essentielle face aux défis du changement climatique et des pressions croissantes sur l’environnement.