Les Haïtiens au Mexique confrontés à de longues et difficiles attentes en raison du dysfonctionnement du système d’asile

18 février 2026

Les Haïtiens au Mexique confrontés à de longues et difficiles attentes en raison du dysfonctionnement du système d'asile

Une réalité quotidienne pour Roberto : l’attente et l’incertitude dans une région marquée par le chômage et le travail informel

Roberto vit une situation trop souvent rencontrée dans certaines régions du Mexique, où les taux de chômage restent élevés et le travail informel est la norme. En attendant de pouvoir avancer dans sa démarche, il doit régulièrement signer un formulaire d’assistance auprès de la COMAR (Commission mexicaine pour l’aide aux réfugiés) afin de prouver qu’il souhaite toujours poursuivre sa demande d’asile. En cas de non-respect de cette formalité, la COMAR considère que le demandeur aurait quitté son État d’arrivée, ce qui équivaut, selon elle, à abandonner sa requête.

Une attente pénible dans l’espoir d’un avenir meilleur

Originaire d’une ville marquée par la violence des gangs — une localité tristement célèbre située à la périphérie de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti — Roberto ne rechigne pas à attendre. Ce qui le dérangerait, c’est de ne pas pouvoir travailler en attendant. En novembre dernier, il était assis dans un parc de la place centrale de Tapachula, une ville mexicaine située à la frontière avec le Guatemala, où de nombreux Haïtiens se rassemblent pour attendre d’éventuelles opportunités d’emploi ou simplement discuter entre eux. Pendant cette journée, il a exprimé sa frustration face à une situation qu’il vit chaque jour.

« Tous les jours, je suis dans la rue à la recherche d’un travail, mais je ne trouve rien », confie-t-il. « Sans papiers, il est impossible de travailler, et nous sommes nombreux à croire fermement au travail. »

Des difficultés à trouver un emploi stable

Roberto, spécialiste en métallurgie en Haïti, ne parvient pas à trouver des emplois dans ce domaine en migrant au Mexique. Il se tourne alors vers le secteur de la construction, en espérant décrocher des petits boulots. Cependant, ces opportunités sont rares et souvent aléatoires. La plupart du temps, il se soucie de payer sa part du loyer de 120 dollars pour la chambre qu’il partage avec deux autres personnes, tout en envoyant de l’argent à ses quatre frères et sœurs — la raison principale de son exil d’Haiti.

« Chaque mois, il faut payer le loyer, manger, et je ne travaille pas », explique Roberto, qui doit jongler avec ces difficultés et l’incertitude de sa situation. Cette incertitude, qui pèse sur sa vie quotidienne, illustre parfaitement la précarité du parcours migratoire pour beaucoup d’hommes et de femmes comme lui, qui cherchent à reconstruire leur vie dans un pays qui leur est souvent hostile ou difficile d’accès.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.