Les autorités de New York appellent les propriétaires de parkings à interdire à ICE d’utiliser leurs biens pour des opérations d’immigration
Les responsables politiques de New York ont une nouvelle fois pris la parole pour défendre la sécurité des communautés face à l’activité des agences fédérales d’immigration. À la tête de cette mobilisation, le maire Zohran Kwame Mamdani a conduit un appel lancé à plus de cent élus de l’État, leur demandant d’inciter les propriétaires de parkings et de terrains de stationnement à refuser à l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) l’accès à leurs propriétés pour ses opérations de contrôle.
Une lettre claire à plus de 1000 propriétaires de parkings
Ce message, adressé à plus de 1 000 gestionnaires et propriétaires d’installations de stationnement, leur demande explicitement de ne pas louer, prêter ou mettre à disposition leurs biens pour que l’ICE y fasse station ou opère dans le cadre de ses missions. Il est précisé que « nos voisins ne devraient pas vivre dans la crainte que le parking situé à proximité puisse servir de point de déploiement pour une opération risquant de mettre en péril leur communauté ».
Les autorités soulignent que cette initiative s’inscrit dans une logique de protection des habitants contre tout risque d’interpellation non souhaitée ou de mise en danger. Un contexte marqué récemment par une opération qui a tourné au tragique : un agent de l’ICE a tiré sur Oscar Belgal, un père de 28 ans, lors d’une intervention dans le quartier de Marble Hill, le touchant au cou alors que son jeune fils de 5 ans était dans la voiture. Cet incident a suscité de nombreuses protestations. Selon les informations, l’ICE aurait utilisé un parking privé à proximité, associé à un magasin Target, pour surveiller et arrêter des personnes dans le voisinage résidentiel. Les responsables locaux avaient exprimé leur inquiétude face à cette activité, qui permettait aux agents fédéraux de travailler à proximité immédiate des maisons et des commerces.
Les protections légales en vigueur à New York
La politique de sanctuaire de la ville, qui vise à protéger les immigrés, limite en principe l’usage des propriétés municipales par les forces de l’ordre pour des tâches liées à l’immigration, sauf en cas de mandat judiciaire ou d’exception légale spécifique. Ces protections concernent aussi bien les parkings publics que les écoles, centres d’hébergement ou hôpitaux.
Toutefois, ces protections légales ne s’appliquent pas aux parkings privés, qui restent en dehors du cadre de ces restrictions. La dernière initiative annoncée par les autorités vise à combler cette lacune de manière volontaire, en encourageant les propriétaires à refuser spontanément l’accès à l’ICE. Il ne s’agit pas d’une interdiction juridique, mais plutôt d’un appel volontaire à la solidarité communautaire.
Une mobilisation déjà engagée contre l’exploitation des parkings privés
Déjà cette semaine, plusieurs responsables politiques avaient demandé à Target, ainsi qu’à une société co-propriétaire de l’ancien parking utilisé à Marble Hill, de ne pas autoriser l’ICE à s’y déployer. D’après les médias locaux, Target a déclaré ne pas avoir de contrat formel avec l’agence fédérale, mais la question reste sensible.
Plus de 3,1 millions d’habitants de New York sont nés à l’étranger, représentant 43 % de la main-d’œuvre de la ville, selon le bureau du maire. Ces travailleurs œuvrent dans des secteurs variés, tels que la restauration, le commerce, la construction, la santé ou les petites entreprises.
Les responsables municipaux soulignent que la peur de l’application des lois d’immigration dissuade de nombreux résidents d’utiliser leur voiture pour aller travailler ou effectuer des démarches quotidiennes. Ce climat d’insécurité a des répercussions importantes sur le tissu familial, la cohésion des quartiers et l’économie locale.
Un soutien aux propriétaires engagés dans la protection communautaire
Le courrier publié par la mairie met en avant que « les propriétaires qui refusent de participer à ces opérations fédérales contribuent à renforcer la sécurité publique, en protégeant leur personnel, leurs clients et tous les autres habitants de la ville ». En adoptant cette position, ils envoient également un message clair à tous les immigrants vivant à New York : ils sont précieux pour la communauté et la ville leur ouvre ses bras avec bienveillance.
En conclusion, cette mobilisation pour la défense des droits locaux témoigne de la volonté de la métropole new-yorkaise de préserver un espace sûr et accueillant face à l’opérationnalisation des politiques migratoires fédérales.
16 octobre 2026