Le Conseil Électoral Haïtien abroger une règle visant les candidats sanctionnés par des pays étrangers

9 octobre 2026

Le Conseil Électoral Haïtien abroger une règle visant les candidats sanctionnés par des pays étrangers

Réforme du processus électoral en Haïti : fin de l’exigence de document préalable pour les candidats non sanctionnés

San Juan, Porto Rico (AP) — Dans le cadre de la préparation à des élections longtemps reportées, le conseil électoral haïtien a annoncé une modification majeure de ses règles. Dorénavant, les candidats à la présidence ou à la législature n’auront plus à présenter de preuve attestant que leurs avoirs personnels ne sont pas soumis à des sanctions étrangères. Toutefois, ceux qui sont soumis à des sanctions de l’Organisation des Nations Unies (ONU) resteront interdits de se présenter aux suffrages populaires.

Les sanctions internationales toujours en vigueur pour certains politiciens

Parmi les personnalités politiques haïtiennes sous sanctions, figurent l’ancien président Michel Martelly et l’ancien président du Sénat, Youri Latortue. Jusqu’à présent, ces figures haut placées n’ont pas officiellement annoncé leur intention de participer aux élections générales prévues dans le pays, qui seront les premières en plus de dix ans.

Suppression de l’obligation de fournir un certificat de la Banque de la République d’Haïti

Selon un document officiel publié jeudi, la nouvelle réglementation stipule que les candidats ne seront plus tenus de présenter un certificat délivré par la Banque de la République d’Haïti, attestant qu’ils ne font pas l’objet de gel d’actifs et qu’ils sont éligibles pour concourir. Néanmoins, ils devront toujours soumettre d’autres documents, notamment ceux concernant leur casier judiciaire ou tout autres antécédents pénaux.

Les sanctions de l’ONU toujours effectives

Les individus sanctionnés par le Conseil de sécurité de l’ONU restent inéligibles. Au total, neuf Haïtiens ont été sanctionnés, presque tous liés à des activités de gangs, à l’exception de Prophane Victor, un ancien parlementaire longuement accusé de fournir des armes aux groupes criminels.

Les critiques dénoncent une fragilisation des garanties démocratiques

Certains observateurs soulignent que ce dernier ajustement des règles par le Conseil électoral provisoire haïtien pourrait supprimer des mécanismes de contrôle et de responsabilisation essentiels lors du processus électoral. Ces critiques craignent que ces mesures n’affaiblissent la transparence et la légitimité des élections à venir.

Une analyse critique des nouvelles dispositions

Michael Deibert, écrivain spécialisé en Haiti, affirme que ces nouvelles règles montrent une absence de volonté claire de disqualifier certains candidats ayant des liens crédibles avec des activités illicites. « Nous avons, à travers plusieurs gouvernements intérimaires, observé une tendance de la classe politique haïtienne à se protéger avant tout », déclare-t-il.

Un rapport alarmant sur le lien entre la criminalité et le pouvoir

Cette semaine, un rapport adressé au Conseil de sécurité de l’ONU met en évidence l’étendue des relations entre les gangs et les acteurs politiques et économiques du pays. Il prévoit également une recrudescence de la violence à l’approche de la période électorale.

Les dates clés et les réactions critiques

Le Conseil électoral provisoire haïtien a repoussé au 31 octobre la date limite d’inscription pour les candidats, mais n’a pas encore annoncé la date officielle des élections générales, toujours fixée au 13 décembre.

De son côté, l’ancien Premier ministre haïtien Evans Paul a vivement critiqué cette évolution, estimant vendredi sur X (anciennement Twitter) que « le pays sombre dans une transition sans fin, où chaque nouvelle règle est perçue comme un outil de contrôle partisan plutôt qu’une étape vers la démocratie. »

Il a également souligné que « l’instabilité juridique du gouvernement entrave le processus », ajoutant que « en modifiant constamment les règles, les autorités ont en réalité saboté tout le processus qu’elles prétendaient organiser. »

Une participation électorale encore faible

À ce jour, plus de 784 000 électeurs se sont inscrits dans un pays comptant plus de 12 millions d’habitants. Toutefois, seulement 58 695 d’entre eux sont enregistrés dans la région de l’Artibonite, la deuxième plus grande circonscription électorale, qui connaît une augmentation sans précédent de la violence des gangs cette année.

Le bilan préliminaire des candidatures

Selon un comptage préliminaire en ligne effectué par le Conseil électoral, treize candidats à la présidence se sont inscrits jusqu’à présent, accompagnés de 929 candidats à la Chambre des députés, 755 candidats aux municipales et 282 candidats au Sénat. Cependant, ces chiffres ne constituent pas une liste officielle ou définitive.

Ce contexte reflète une période charnière pour la stabilisation et la légitimité du processus démocratique en Haïti, marqué par des enjeux liés à la criminalité, la légitimité des candidats et la crédibilité des institutions électorales. La communauté locale et internationale suit de près ces développements qui conditionnent l’avenir politique du pays.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.