Résurgence des incendies de forêt : une réalité préoccupante en République dominicaine
Selon un rapport récent publié en 2025 par l’Institut mondial des ressources, la fréquence des incendies de forêt bat des records depuis 2020, marquant une tendance qui s’inscrit désormais dans la norme. Quatre des cinq années les plus dévastatrices à l’échelle mondiale pour les incendies de forêt ont été recensées depuis cette date, soulignant une crise écologique qui ne cesse de s’aggraver. La République dominicaine n’échappe pas à cette tendance, avec une hausse spectaculaire du nombre d’incendies forestiers.
Une hausse inquiétante des incendies en quelques années
Entre 2020 et 2025, la République dominicaine a enregistré un total de 2 558 incendies de forêt, soit une augmentation de 57 % par rapport aux 1 630 incendies recensés entre 2014 et 2019. Ces chiffres sont extraits des données officielles publiées par le Ministère de l’Environnement et des Ressources Naturelles sur le portail des données ouvertes du gouvernement. C’est un signal clair que la fréquence et la gravité de ces phénomènes s’intensifient.
Au cours des cinq dernières années seulement, la province de La Vega a été la plus touchée, comptabilisant à elle seule 492 incidents. Ces incendies ont souvent ravagé plusieurs dizaines d’hectares de forêt. Toutefois, il convient de noter que la précision des données laisse à désirer, en raison d’erreurs telles que l’attribution incorrecte des municipalités aux provinces ou la duplication des enregistrements.
Au sein même de La Vega, les municipalités de Constanza et Jarabacoa apparaissent particulièrement fréquemment dans les rapports, apparaissant quasiment chaque mois. Ces zones sont donc devenues des points chauds où la menace incendiaire est particulièrement persistante. D’autres provinces comme Dajabón, Santiago et Santiago Rodríguez suivent de près, avec plus de 200 incendies recensés sur la période, témoignant d’une situation également critique dans ces régions.
Les zones les plus touchées par la fréquence et la gravité
Dans le détail, la municipalité de Restauración, située à Dajabón, présente l’une des densités d’incidents les plus élevées dans toute la région frontalière. Elle enregistre de multiples incidents sur de courtes périodes, souvent en lien avec des municipalités voisines telles que Loma de Cabrera, qui affichent une présence régulière dans les statistiques. La région de Santiago Rodríguez et celle de Santiago de son côté connaissent aussi une activité intense, avec un flux constant de signalements, notamment dans la commune de San José de las Matas qui reste très active jusqu’à la fin de l’année 2025.
Les municipalités de Monción et San Ignacio de Sabaneta, toutes deux situées dans Santiago Rodríguez, sont également fréquemment concernées, surtout lors des premiers mois de l’année, ce qui indique une saturation autour de ces localités — une situation qui alimente la crise dès le début de chaque nouvelle année.
Les incendies majeurs : une destruction de grande ampleur
En matière de superficie détruite, la gravité des incendies est souvent concentrée dans le sud du pays, notamment dans la province de Pedernales. Pendant la période étudiée, en janvier 2022, un seul feu y a consumé près de 1 300 acres (soit environ 191 120 tareas). La même année, deux autres incendies ont dévoré respectivement 46 240 tâches et 12 320 tâches, marquant le début d’une année particulièrement critique pour les écosystèmes du Sud.
La province de San Juan se distingue également, ayant été le théâtre de plusieurs incendies catastrophiques entre 2023 et 2024. En mars 2023, un incendie a détruit 64 000 acres, suivi deux jours plus tard par un autre qui a ravagé 56 000 acres. Bien que ces deux incendies aient été maîtrisés, ils ont laissé des traces profondes. Plus récemment, en avril 2024, un autre épisode a affecté 32 000 tâches, s’ajoutant à une série d’autres événements majeurs, notamment celui de janvier 2022 où 18 600 tâches avaient été brûlées.
La province d’Azua a aussi connu d’importantes dévastations, notamment à Padre Las Casas, en mars 2023, lorsqu’un seul incendie a englouti environ 1 000 acres (77 360 tâches). Ces événements s’inscrivent particulièrement dans une année 2023 marquée par un record avec 873 incendies différents recensés sur la période de six années analysée, confirmant la gravité croissante de ce phénomène.
Une saison de feux particulièrement intense au premier trimestre
Les périodes de mars et d’avril 2023 sont remarquablement marquantes, avec une densité record de 492 incendies recensés durant ces deux mois seulement, représentant plus de la moitié des feux de forêt sur toute l’année 2023. Malgré la saison la plus chaude en août, les données révèlent que la saison critique pour les incendies en République dominicaine se concentre principalement dans les premiers mois de l’année.
Entre janvier et avril, il n’est pas rare que plusieurs incendies se déclarent simultanément dans différentes provinces, avec parfois plus de 15 événements par jour. Cette période coïncide avec une sécheresse importante ainsi qu’avec les activités de préparation des terres agricoles, ce qui aggrave la vulnérabilité des zones forestières.
Les conséquences sanitaires, écologiques et sociales
À mesure que les incendies de forêt deviennent plus fréquents et plus graves, leur impact dépasse largement les limites du simple territoire concerné. Même dans des régions traditionnellement peu exposées à ce type de catastrophe, comme les zones tropicales, ces feux contribuent à la déforestation mondiale. La destruction de la biodiversité n’est pas la seule menace : ces incendies ont aussi détruit de nombreuses habitations, emportant des vies humaines et dégradant infrastructures et écosystèmes environnants, entraînant une pollution de l’air et des sols qui perdure bien après la fin du feu.
EN SAVOIR PLUS
Les données
Les informations disponibles concernant les incendies de forêt sur le portail des données ouvertes du gouvernement couvrent la période du 5 janvier 2014 au 25 décembre 2025.
Chaque enregistrement indique la date de l’incident, la province, la municipalité ainsi que la superficie incendiée, mais ne précise pas les causes ou origines exactes de chaque feu.