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3 juin 2020

Il ne nous reste pas trop de possibilités.

On ne peut pas pousser le bouchon un peu plus loin. Le pays arrive à un carrefour où personne ne peut se vanter d’avoir fait oeuvre qui vaiĺle. Tout bouge mais plus rien ne marche. Nous devons être conscient de cela. Dans cet état de fait, l’opposition est moribonde et le pouvoir se trouve dans le coma.

Il ne nous reste pas trop de possibilités. 1

Par Carlens NAPOLEON.
Le Philanthrope.
Temps: 1 minutes

Ce faisant, le compartimentage social est dénudé et peine à se relever. Comment va-t-on se tirer de ce labyrinthe? Cette question doit être inscrite dans le panorama de tous les forums publics afin d’engendrer un vrai débat entre les membres de la société.

Face à cette banqueroute généralisée, nous ne devons pas perdre la face. Il faut arrêter de croire qu’un autre pays peut nous venir en aide ou nous donner exactement ce qui nous manque. Cette compréhension puérile nous plongera de manière plus profonde dans cet atroce bourbier. Malgré nos manques, nos gaffes, nos errements, l’evidence nous montre que ce sont les haïtiens qui peuvent et doivent changer Haïti. C’est la seule possibilité qui nous reste. Après, dans les situations extrêmement corsées, les organisations internationales, les institutions donatrices des aides publiques au développement, les missions intercontinentales ne vont nous apporter que des solutions palliatives à nos embûches, mais non des réponses définitives. D’ailleurs, elles ne vont pas s’inscrire dans la logique d’une lutte sans merci contre notre sous-développement. Car, notre misère de peuple garantit leurs pérennités et donne un coup de jeune à leurs existences.

Pour une Haïti nouvelle, chacun doit assumer ses responsabilités en jouant convenablement la partition qui lui a été confiée. Président, soyez garant de la bonne marche des institutions; parlementaire, soyez apte à assurer votre mission de contrôle et de légifération; Juges, soyez en mesure à rendre la justice en toute impartialité; citoyens, aimez votre pays en reconnaissant vos droits et devoirs envers lui et ainsi de suite…

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Nous faisons cet exercice de délimitation des tâches parce qu’ici, on s’accoutume de dire qu’on est tous coupable de cet état de délabrement auquel le pays est soumis. Pourtant, c’est faux. Chacun n’a pas le même niveau de responsabilité et pouvoir dans la société. Comme l’homme politique haïtien cherche toujours à se déresponsabiliser, il utilise cette formule comme échappatoire pour obstruer les vraies raisons qui nous amènent à cette penible situation. En quoi nos enfants et adolescents sont-ils coupables dans la descente au enfer du pays? Aujourd’hui ou jamais, l’obligation nous est faite pour sauver le pays en cessant de commettre les mêmes erreurs.

En ayant une société déséquilibrée depourvue de sanction, des familles désunies sans aucune direction, une école désorientée sans encrage idéologique, des églises aliénatrices sans aucune ressemblance nationale, une classe dirigeante jalonnée de frontière intérieure, une presse en panne de formation et d’information, une société civile personnalisée, une université amorphe […] il faut admettre que nous ne pouvons pas avoir le sentiment du devoir accompli. Après plus de deux siècles d’histoire, le bilan est catastrophique. Cette raison explique pourquoi la fierté d’être haïtien s’exprime timidement au niveau de la société. Les choses vont trop à l’envers. A notre avis, l’histoire est pédagogique. En ce sens, un saut dans notre passé peut nous permettre de redresser la barre et ressaisir notre grandeur d’âme pour affronter l’avenir.

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Ayant été contre l’asservissement de l’homme à l’époque coloniale, l’honneur nous appelle aujourd’hui aux combats. Notre histoire ne se trouve pas en adéquation à cette réalité inhumaine que nous vivons. Vivre dans cette extrême condition, c’est cracher sur l’effort de nos ancêtres et minimiser nos idées-forces. Il est temps de laisser derrière nous les différends, les pommes de discorde, les luttes intestines et stériles qui empêchent notre avancement. Pour agir ainsi, il faut avoir le sentiment national et la conscience de notre dignité d’homme libre. S’il faut se battre, faites-le pour que quelques choses changent dans ce pays, puisqu’il reste et demeure ce bien collectif qui devrait nous unir.

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