Appel à une enquête approfondie suite à la mort de deux jeunes filles haïtiennes dans un centre de transit au Mexique
PORT-AU-PRINCE — Le Groupe de Soutien pour les Repatriés et les Réfugiés (GARR) exige qu’une enquête sérieuse soit menée concernant la mort de deux jeunes filles haïtiennes dans un centre de transit pour migrants situé à Oaxaca, dans le sud du Mexique. La responsabilité de l’État doit être engagée face à ce drame qui soulève de nombreuses questions sur la sécurité et la protection des migrants vulnérables.
Les corps des deux filles, âgées de seulement 4 et 5 ans, ont été découverts le 24 février dans une fosse septique située au sein de Casa Hogar Patos, une structure gérée par l’agence de développement familial intégral d’Oaxaca, connue sous le nom de DIF-Oaxaca. Selon GARR, ces enfants avaient été admis dans le centre avec leur mère, qui pensait que cet établissement leur offrirait un environnement sécurisé en attendant leur traitement administratif pour l’immigration.
« Le centre était censé être un lieu sûr où la mère et ses enfants pouvaient trouver refuge dans leur quête d’une vie meilleure, un endroit dont la mission était de préserver leur bien-être », a déclaré GARR le 27 février dans un communiqué. L’organisation a exprimé ses condoléances à la famille et a dénoncé ce qu’elle qualifie de graves défaillances dans les mesures de prévention et de protection mises en place par le centre.
Selon GARR, le puisard où les filles ont été retrouvées ne respectait pas les normes de sécurité essentielles. Il n’était ni suffisamment sécurisé ni surveillé correctement par le personnel chargé de la sécurité du centre. La tragédie aurait pu être évitée si ces mesures avaient été respectées.
Le procureur général d’Oaxaca a confirmé qu’une investigation est actuellement en cours. Deux responsables ont été suspendus — le directeur du centre et le coordinateur général des centres d’accueil de l’État sous l’égide du DIF. Cependant, GARR souligne qu’aucune personne n’a encore été tenue officiellement responsable de cette négligence ou de cet accident fatal.
Le groupe haïtien de défense des droits des migrants a également rappelé l’existence de plusieurs rapports antérieurs faisant état de maltraitance, de rationnement alimentaire et de gestion irrégulière de l’aide sociale dans différents établissements sous la tutelle du DIF-Oaxaca.
« Le centre était censé être un lieu sûr où la mère et ses enfants pouvaient trouver refuge dans leur quête d’une vie meilleure, un endroit destiné à protéger leur bien-être. »
Support Group for Repatriated and Refugees (GARR)
GARR a ainsi appelé les autorités mexicaines à ouvrir une enquête totalement transparente et rigoureuse, visant à faire toute la lumière sur cette affaire. De plus, il a sollicité le gouvernement haïtien pour qu’il fournisse un accompagnement juridique et un soutien psychologique à la mère en deuil.
Risques accrus pour les enfants migrants haïtiens
Ce drame a ravivé les inquiétudes autour de la sécurité des enfants migrants haïtiens en transit ou dans les pays d’accueil. Alors que l’insécurité et la pauvreté continuent d’inciter de nombreuses familles haïtiennes à tenter leur chance en migratoire, ces familles se retrouvent souvent dans des centres d’accueil ou des refuges qui manquent de supervision et de garanties suffisantes.
Des incidents récents dans la région ont également renforcé l’alarme face à ces risques.
En novembre 2025, Stéphora Anne-Mircie Joseph, une élève haïtienne de 11 ans, est décédée lors d’une sortie scolaire dans la localité de Gurabo, à Santiago, en République dominicaine. Les autorités dominicaines avaient demandé une caution d’environ 8 000 dollars pour les responsables scolaires placés en détention, soupçonnés de négligence dans la gestion de l’incident. Néanmoins, aucune précision supplémentaire n’a été communiquée concernant l’état d’avancement de l’enquête.
Plus tôt ce mois-ci, GARR a également rapporté la découverte de quatre corps de femmes haïtiennes en République dominicaine. Selon l’organisation, ces femmes seraient victimes de réseaux de trafic d’êtres humains exploitant la vulnérabilité des migrants cherchant à traverser la frontière.
« Ces femmes semblent avoir été victimes d’organisations de trafic qui tirent profit de leur situation, leur promettant de leur faciliter la passage de la frontière en échange d’argent », a précisé GARR dans un communiqué daté du 3 février.
Les militants mettent en garde contre le fait que les enfants haïtiens en migration sont particulièrement exposés à la violence, à la traite et à l’abandon, surtout lorsqu’ils transitent par des structures informelles, surpeuplées ou dépourvues de véritable contrôle.
Pour GARR, cette tragédie à Oaxaca met en lumière l’urgence de renforcer les mesures de sécurité, d’améliorer la responsabilité des responsables et de développer des mécanismes coordonnés de protection des familles migrantes.
« La justice doit être rendue », insiste l’organisation, « pour que de telles tragédies ne se reproduisent pas. »