De l’icône culturelle au tribunal : l’affaire d’emprunt de 40 millions de R.D.$ de Barra Payán suspectée de détournement

11 février 2026

De l'icône culturelle au tribunal : l'affaire d'emprunt de 40 millions de R.D.$ de Barra Payán suspectée de détournement


Santo Domingo – Fondée le 10 août 1956 par Juan Frías Payán à Santo Domingo, Barra Payán s’est imposée comme un véritable symbole de la culture et de la gastronomie dominicaine, célèbre pour ses sandwiches et ses milkshakes. Aujourd’hui, cette institution est au cœur d’un litige familial portant sur une prétendue fraude s’élevant à près de RD$40 millions, selon le parquet.

Le mode opératoire de la prétendue escroquerie

Les procureurs affirment qu’entre 2019 et 2022, d’anciens administrateurs et associés, notamment Marcos Antonio Frías García, Juan Ismael Frías García, et Dagoberto Cabrera, auraient mis en place un schéma d’escroquerie au sein de Comercial Barra Payán, SRL. Selon ces accusations, ils auraient détourné une partie des recettes quotidiennes de la société au lieu de les déposer intégralement sur les comptes bancaires de l’entreprise. Cette pratique aurait engendré d’importants écarts entre les enregistrements internes de ventes et les dépôts réels effectués en banque.

D’après le dossier judiciaire, cette diversion systématique de fonds aurait causé une perte totale de RD$39 784 661,18, comme le souligne un audit médico-légal mené par l’Institut des Comptables Certifiés de la République dominicaine (ICPARD). Les procureurs accusent également ces responsables d’avoir détourné des fonds pour des dépenses personnelles et d’avoir organisé des prêts non autorisés, mettant ainsi la société en danger d’insolvabilité.

Ces actes ont concerné les associés Juan Santiago Frías Paulino, Juan Abraham Frías Paulino, Yeimy Cantalicia Frías Paulino, et Juan Carlos Frías Beltrán, qui sont désignés comme victimes. La justice a qualifié ces faits de violations de l’Article 408 du Code pénal dominicain, qui concerne la breach de confiance aggravée et la gestion déloyale.

Les inculpés ont été arrêtés le 5 février 2026. Les autorités ont requis des mesures coercitives comprenant une garantie financière d’un million de RD$, des restrictions de voyage, ainsi que des comparutions périodiques devant le tribunal. Toutefois, l’audience a été reportée sine die après que la défense ait formellement récusé la juge Fátima Veloz, en invoquant un biais. La procédure a été renvoyée à la Présidence de la Cour d’appel du District national, qui devra juger si la contestation est recevable.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.