Une femme accusée d’avoir brûlé un chien avec de l’eau chaude dans le secteur de Villa Juana
Une femme est actuellement sous le coup de plusieurs accusations de la part d’organisations de protection animale, après avoir été aperçue en train de brûler un chien avec de l’eau chaude. Selon les témoins, l’incident s’est produit alors que le chien tentait de protéger ses chiots de la pluie dans le bâtiment où réside la femme suspecte, située dans le secteur de Villa Juana, dans la région du District National.
L’accusée, Mildred Margarita Victoriano, a été placée sous des mesures coercitives. Elle doit ainsi se présenter périodiquement devant la justice et a versé une caution de 8 000 pesos pour répondre des accusations de cruauté animale dont elle fait l’objet. Ces accusations remontent au 11 avril 2025, date à laquelle les faits lui sont reprochés.
Ce jeudi, la juge Patricia Padilla, siégeant à la Deuxième Chambre d’Instruction du District National, a décidé de réserver sa décision concernant la mise en accusation provisoire de la femme. La décision définitive, à savoir si l’affaire sera renvoyée devant un tribunal pour un jugement, sera annoncée le 5 février prochain.
Le chien sérieusement brûlé par l’accusée
Selon William Betances, un sauveteur bénévole qui a secouru l’animal après le signalement de l’incident, le chien présente des brûlures sur environ 80 % de son corps. Les images du chien blessé ont été rendues publiques afin de sensibiliser le public à la gravité de la situation, car l’animal est encore extrêmement affecté par ses blessures.
Il a été rapporté qu’avant l’incendie, la suspecte aurait également versé de l’acide de batterie sur le chien, dans une tentative de lui faire du mal. Lourdes Rodríguez, de la Fondation de Protection Animale Nationale et du Refuge Canin Rodrigue, a indiqué que ce n’était pas la première agression dont la victime aurait été l’objet de la part de Victoriano. En effet, selon elle, ce n’est pas la première fois que l’accusée attaque le chien, puisqu’au lendemain du 11 avril, elle aurait également fait subir à l’animal des violences en lui versant des produits corrosifs.
Rodriguez précise que, lors d’une précédente altercation, Victoriano aurait aussi donné des coups de pied à la chienne enceinte, provoquant la perte de ses chiots. Les associations de défense animale ont publié des images du chien pour illustrer la gravité des blessures, car selon Betances, il est difficile pour elle de rester calme en raison de ses douleurs encore vives.
Absence de participation lors de l’audience
William Betances a exprimé sa frustration face au déroulement de la procédure judiciaire. Depuis 2014, il agit en tant que bénévole anonyme pour la protection animale. Il a dénoncé l’existence de nombreuses formalités administratives jugées trop longues ou inutiles, notamment dans le secteur judiciaire, qui empêchent souvent une intervention rapide en cas de maltraitance. Selon lui, peu de personnes ou d’organisations impliquées dans la protection animale parviennent à faire entendre leur voix lorsque des cas de cruauté sont signalés.
Il a également raconté avoir essuyé des difficultés en restant à l’extérieur du tribunal durant la tenue de l’audience, qui s’est finalement conclue sans que personne ne puisse assister à la délibération officielle. Ni lui, ni Lourdes Rodríguez, ni Guillermina Selman, présidente de la Fondation Ecoportal Dominicana, ni d’autres défenseurs de la cause animale n’ont été autorisés à entrer dans la salle lors de cette audience préliminaire.
Selon Betances, le juge aurait explicitement évacué le groupe, arguant qu’ils n’étaient pas propriétaires du chien concerné. La chienne est actuellement placée dans une famille d’accueil pour se remettre de ses blessures, ses petits étant sains et saufs. La loi sur la protection animale (la loi 284-12) prévoit une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an en cas de maltraitance, ainsi que des amendes dont le montant peut atteindre « cinquante (50) fois le salaire minimum fixé par la Caisse de Sécurité Sociale ». En cas de récidive, la peine maximale peut être doublée, selon l’article 61.
Le cas de cette femelle chien souligne une fois encore l’importance d’une vigilance continue face à la cruauté envers les animaux, ainsi que la nécessité d’améliorer les mécanismes juridiques pour garantir que justice soit réellement rendue.