Les autorités planifient une base de sécurité permanente à Gros-Morne
Hubert Cénéac, le maire intérimaire de Gros-Morne, a annoncé que les autorités communales et départementales avaient convenu de mettre en place une nouvelle stratégie de sécurité afin de renforcer leurs opérations aux côtés des forces de suppression des gangs, notamment la création d’une base militaire permanente dans la ville. Cette décision aurait été prise lors d’une réunion coordonnée organisée le 6 octobre dernier.
« Nous collaborons étroitement avec les forces de lutte contre les gangs — pas à pas — pour réussir à démanteler ces groupes armés », a notamment déclaré le maire.
Il a également souligné que la base de la GSF (Gang Suppression Force), située à Grépin, dans la section communale de la Rivière-Blanche — un bastion du Kokorat San Ras — offre de meilleures conditions aux forces de sécurité pour mener à bien leurs opérations.
« Nous avons aménagé suffisamment d’espaces dans cette zone afin que la force militaire internationale puisse intervenir sereinement lors de leurs missions », a-t-il précisé.
Ce projet intervient alors que les groupes armés continuent de représenter une menace pour les habitants, notamment dans six des huit sections de la commune. Cénéac a indiqué que les opérations se poursuivraient à l’échelle régionale, exhortant la population à quitter temporairement les zones à risque afin de réduire le nombre de victimes potentielles.
Les autorités appellent à l’évacuation des zones dangereuses
Malgré cette annonce, le porte-parole de la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans le département de l’Artibonite, Féquière Casséus, a indiqué que la force policière n’avait pas été informée de ce plan d’évacuation du maire.
« En ce qui concerne la police, nous ignorons l’existence de ce plan d’évacuation », a-t-il déclaré vendredi dernier à T.
Ce manque de coordination soulève des questions quant à l’efficacité de la communication entre les différentes autorités responsables de la protection des civils et de la sécurité dans la région.
Une réponse aux violences croissantes dans la région
Les développements dans la région illustrent les nombreux défis auxquels sont confrontées les autorités dans leur tentative de reprendre le contrôle des territoires occupés par les gangs, tout en garantissant la sécurité des civils et en maintenant ouvertes les voies de transport essentielles. Le maire a lancé un appel à la population pour qu’elle quitte les zones touchées, malgré l’absence d’informations précises sur la coordination avec la police départementale.
Plus tôt, la situation à Gros-Morne s’était intensifiée après une opération menée fin septembre par la GSF en soutien à la Police Nationale d’Haïti. Cette opération avait provoqué des représailles de la part des gangs, entraînant une escalade de la violence.
Les premiers bilans faisaient état d’au moins 14 morts, dont 11 civils et 3 membres présumés de gangs. Cependant, le maire Hubert Cénéac a avancé un chiffre supérieur, estimant à au moins 34 le nombre de morts, avec 19 civils et 15 suspects. Il a également mentionné que six personnes avaient souffert de problèmes de santé mentale suite aux événements. Les combats et les menaces des groupes armés ont contraint plusieurs familles à chercher refuge dans le centre-ville de Gros-Morne, alors que l’état des routes et l’insécurité perturbaient la circulation le long d’un axe majeur reliant l’Artibonite au nord-ouest d’Haïti et au sud du pays.
Ces incidents mettent en lumière les nombreux défis que doit relever le gouvernement haïtien pour reconquérir les territoires contrôlés par les gangs, tout en protégeant la population civile et en maintenant ouvertes les voies de communication essentielles. La nécessité de telles opérations de grande envergure montre la complexité de la situation en ce moment dans cette région où la violence perdure sans relâche. La population locale doit souvent faire face à une insécurité permanente, ce qui rend la coexistence avec ces groupes armés de plus en plus périlleuse.
Le lancement de ces mesures de sécurité renforcées confirme la volonté des autorités de rétablir l’ordre, mais aussi leur difficulté à coordonner efficacement les différentes forces impliquées dans cette mission. Les annonces du maire sur l’évacuation requièrent toutefois une coordination rigoureuse afin d’assurer la sécurité des civils sans aggraver davantage le chaos actuel.