Haiti atteint la moitié de ses objectifs en formation policière, avec plus de 2 000 agents formés cette année
Le gouvernement haïtien affiche des progrès considérables dans la formation de ses forces de police, ayant déjà formé plus de 2 000 agents cette année dans le cadre de l’initiative P4000, selon les déclarations du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé lors de discussions de haut niveau sur Haïti à l’ONU, le 24 septembre dernier. Avec ces chiffres, le pays se rapproche rapidement de son objectif de former 4 000 policiers d’ici la fin de l’année, un pas crucial dans sa stratégie de maintien de l’ordre.
Une formation accélérée pour renforcer la capacité de la Police Nationale Haitienne
Ce mouvement massif s’inscrit dans une stratégie d’accroissement rapide de la capacité de la Police Nationale Haitienne (PNH) face à la menace grandissante des gangs lourdement armés, tout en collaborant avec une force de sécurité internationale qui n’a pas encore atteint sa pleine capacité. La montée en puissance de ces formations constitue une étape essentielle pour faire face à une crise sécuritaire persistante.
Selon le Premier ministre, « La sécurité en Haïti doit, en fin de compte, reposer sur la capacité de l’État haïtien. C’est pour cette raison que nous agissons, en recrutant, en formant et en réformant notre doctrine militaire. » Il a précisé que, via le programme P4000, le recrutement et la formation de 4 000 policiers se poursuit cette année.
Une autre promotion d’agents devrait sortir de l’école de police en novembre, a indiqué Fils-Aimé, soulignant que cette formation accélérée s’inscrit dans une stratégie plus vaste de redressement des capacités de sécurité du pays, en prévision notamment des élections prévues en décembre, premières en une décennie.
Une sécurité renforcée pour garantir la stabilité électorale
Fils-Aimé a insisté sur le fait que, « pour mener à bien le processus électoral, il faut garantir un cadre sécuritaire suffisant. La sécurité permet la tenue du vote, le vote légitime la démocratie, et cette légitimité pave la voie à la stabilité. » La sécurité reste une condition sine qua non pour la tenue des élections, tout en étant un défi majeur à relever pour le gouvernement.
Le gouvernement haitien considère que le soutien international demeure crucial pendant qu’il renforce ses propres forces de sécurité. Il affirme ainsi que « l’appui international est indispensable aujourd’hui » tout en rappelant que la responsabilité principale revient à la capacité de l’État haïtien à assurer sa propre sécurité.
L’expansion de la Police Nationale Haitienne en réponse à la recrudescence de la violence
Ce dynamisme dans la formation policière survient dans un contexte où Haïti doit faire face à une violence de plus en plus violente de la part des gangs armés, qui ont déjà déplacé environ 1,5 million de personnes. La crise sécuritaire devient ainsi une urgence nationale, se traduisant par un déplacement massif de la population – près d’un Haïtien sur huit a été contraint de fuir son domicile.
Par ailleurs, l’effort pour renforcer la police nationale ne se limite pas à la formation de nouveaux agents. Fils-Aimé a aussi annoncé une extension significative de l’armée haïtienne, affirmant que plus de 1 500 soldats ont déjà été formés. Il a aussi indiqué que le gouvernement lançait un programme pour former 15 000 soldats supplémentaires au cours des trois prochaines années, avec pour objectif de disposer d’une force nationale capable de défendre la souveraineté et de protéger la population.
Une force internationale et des moyens privés pour la sécurité nationale
Par ailleurs, la force de lutte contre les gangs, autorisée par l’ONU, appelée GSF, doit continuer son déploiement. Elle est conçue pour travailler en complément de la PNH et des forces armées haïtiennes, mais elle n’a pas encore atteint ses 5 500 soldats prévus. Lors de la réunion du 24 septembre, Fils-Aimé a appelé à un renouvellement du mandat de cette force, ainsi qu’à son déploiement complet, y compris en termes d’équipement et de ressources indispensables aux opérations.
Le gouvernement haïtien a également recours à des soutiens privés de sécurité pour combattre la criminalité organisée. Des rapports de l’ONU ont documenté, notamment, des frappes de drone appuyées par des sociétés militaires privées dans le cadre d’opérations de sécurité.
Ce phénomène reflète la complexité de la situation sécuritaire en Haïti, où la formation et la mobilisation de forces nationales s’inscrivent dans un effort global de restauration de la stabilité, dans un contexte marqué par la montée des violences et l’insécurité chronique.
Une croissance significative, mais la voie à parcourir reste longue
La déclaration de Fils-Aimé, qui évoque les 2 000 policiers formés, ne garantit pas encore que cette force en action ait connu une hausse équivalente en nombre d’agents actifs. Cependant, il a souligné une expansion plus large des forces militaires du pays, déclarant que plus de 1 500 soldats ont déjà été formés et qu’un programme d’entraînement pour 15 000 autres soldats est lancé pour les trois prochaines années, dans le but de renforcer la capacité de défense nationale.
Selon lui, « L’objectif principal est d’équiper Haïti avec des forces — qu’il s’agisse de l’armée ou des forces de défense — capables de protéger efficacement nos civils et notre population. »
Ce contexte s’inscrit dans une réponse à une crise humanitaire d’ampleur : la violence des gangs a déplacé des centaines de milliers de personnes et mis à mal le tissu sécuritaire du pays, obligeant les forces de sécurité à intervenir sans relâche face à une insécurité croissante.