CPJ demande la libération du journaliste haïtien Wesly Renaud Jean après une demande de rançon

14 septembre 2026

CPJ demande la libération du journaliste haïtien Wesly Renaud Jean après une demande de rançon

New York — Le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) exhorte les autorités haïtiennes à garantir la libération du journaliste expérimenté Wesly Renaud Jean, qui a été enlevé par des hommes armés à Delmas 31 le 6 septembre dernier.

Dans un communiqué publié le 12 septembre, le CPJ a indiqué que les ravisseurs ont exigé une rançon et ont transmis une preuve de vie par téléphone, en citant Richard Widmaier, directeur de Radio-Télé Métropole et président de l’Association Nationale des Médias Haïtiens.

« L’enlèvement du vétéran du journalisme haïtien, Wesly Renaud Jean, est profondément préoccupant », a déclaré José Zamora, directeur régional du CPJ pour les Amériques.

« Les autorités haïtiennes doivent agir de toute urgence afin d’assurer la libération sécurisée de Jean, d’enquêter sur son enlèvement et de prendre des mesures concrètes pour protéger les journalistes face à la violence et à l’insécurité qui ne cessent de croître », a ajouté Zamora.

Agé de 46 ans, Jean est co-animateur depuis plus de dix ans de la matinale de Radio-Télé Métropole. Selon un témoin, il aurait été enlevé par des individus qui ont immédiatement alerté ses collègues, selon le CPJ. L’organisation précise qu’il n’est pas encore clair si cet enlèvement a été motivé par son activité de journaliste ou s’il s’agit d’un acte ciblé pour d’autres raisons.

Le kidnapping de Jean s’inscrit dans une série d’enlèvements signalés dans et autour de Port-au-Prince, notamment le 6 et 7 septembre. Plusieurs rapports ont identifié Delmas 31 comme un lieu où se produisent régulièrement ces incidents d’enlèvement.

Le CPJ souligne que cette affaire intervient dans un contexte où Haïti continue de subir une violence de gangs généralisée et des déplacements massifs de populations. Selon les dernières données des Nations Unies, 1,5 million de personnes ont été déplacées à travers le pays. Entre janvier et juin, plus de 3 050 personnes ont été tuées, et 1 400 autres ont été blessées. Par ailleurs, l’ONU a enregistré au moins 81 cas d’enlèvements durant cette période, avec une augmentation notable dans le deuxième trimestre.

Le CPJ précise également qu’il a apporté un soutien financier à 17 journalistes haïtiens en 2025, confrontés à des incidents liés à leur travail. Cette assistance concerne notamment la prise en charge psychosociale, les frais médicaux et la relocalisation.

Ce contexte de violence constante souligne l’urgence pour le pays de renforcer la protection de ses professionnels de médias, souvent victimes d’une violence qui ne cesse de s’intensifier. La situation de Wesly Renaud Jean reste préoccupante, et la communauté internationale appelle à une intervention rapide pour assurer sa sécurité et sa libération. La détention du journaliste est un rappel poignant des risques que prennent ceux qui s’expriment dans un environnement aussi hostile.

La pression monte pour obtenir sa libération, alors que le CPJ continue de dénoncer ces actes et de réclamer la sécurité et la liberté de la presse en Haïti, dans un contexte de crise qui semble perdurer.

Le reportage original souligne la gravité de cette situation, mettant en lumière le combat quotidien des journalistes face à un climat d’insécurité croissante, et réaffirme la nécessité impérative d’une action coordonnée pour mettre fin à ces violences.

Naïla Saint-Fleur

Naïla Saint-Fleur

Je suis Naïla Saint-Fleur, journaliste pour Kapzy News et passionnée par les récits qui révèlent la complexité d’Haïti et de la Caraïbe. À travers mes articles, je cherche à donner du sens à l’actualité et à faire entendre les voix de celles et ceux qui construisent le pays au quotidien. L’écriture est pour moi un acte d’engagement et de transmission.