Brooklyn célèbre la culture caribéenne lors d’une soirée à thème à l’arène Barclays
Alors qu’elle faisait défiler Instagram, Annabelle Abelard est tombée sur une publicité annonçant la soirée de célébration du Carnaval des Antilles à l’intérieur du Barclays Center. La jeune Américaine d’origine haïtienne a été ravie de constater que cet événement mettait en avant la culture des Caraïbes en complément de l’ambiance lors du match entre les Nets et les Pistons. Convaincue, elle a choisi de réserver un siège à 75 dollars et a assisté à la rencontre du 10 mars accompagnée de sa sœur Ari et d’une amie.
Comme pour toute grande manifestation caribéenne, le trio est arrivé avec des drapeaux haïtiens soigneusement rangés dans leurs sacs, à l’instar de bandanas rouge et bleu qu’ils ont agités et tournoyés lorsque la voix de l’annonceur résonnait dans la salle. Ces gestes et ces accessoires leur permettaient d’afficher fièrement leurs origines tout en créant une ambiance sonore et visuelle lors de chaque annonce ou introduction spéciale.
“C’était une grande partie de notre motivation pour venir”, confie Annabelle Abelard alors que le groupe quitte l’arène après le match. “C’est ici que réside Flatbush, et cela nous touche personnellement.”
“C’était vraiment amusant”, ajoute-t-elle. “Je regrette simplement qu’ils aient mentionné Haïti un peu plus souvent.”
Malgré une présence moins visible qu’à l’accoutumée dans les grands rassemblements caribéens autour de Brooklyn — où les Haïtiens sont souvent très présents — la couleur rouge et bleu du pays n’a pas manqué d’apparaître tout au long des trois heures de jeu. Les drapeaux étaient affichés dans les tribunes, certains danseurs représentaient leur héritage lors des animations, un DJ donnait un avant-goût de konpa, et des spectateurs, dont les sœurs Abelard, criaient “Haïti” à chaque occasion.
Les représentants de la communauté caribéenne, présentes chaque année à cette soirée, sont parmi les acteurs majeurs de la campagne communautaire “Nets Unite”, conçue pour renforcer les liens avec diverses populations localisées à l’intérieur et aux alentours de l’arène. Plusieurs initiatives de mentorat auprès des jeunes, de soutien aux petites entreprises et de pratiques d’emploi inclusives sont déployées dans cette démarche. L’objectif est de respecter, de refléter la diversité et d’accueillir la communauté caribéenne à bras ouverts.
Une volonté d’authenticité et de diversité
“Quand on pense à la communauté antillaise, on réalise à quel point elle fait partie intégrante de ce qui donne à Brooklyn son identité si particulière”, affirme Jackie Wilson, vice-présidente senior pour l’impact social chez Brooklyn Sports & Entertainment, la société mère des Nets. “Pour que notre représentation soit sincère, pour que nos célébrations soient authentiques, il est essentiel que nous reflétions cette diversité riche qui fait toute la force de Brooklyn”, explique-t-elle. “Notre plateforme Nets Unite a pour but de célébrer Brooklyn et de faire en sorte que chaque résident se sente représenté dans nos programmes, nos événements et nos initiatives.”
Le mardi suivant, à l’entrée du Barclays Center, les spectateurs étaient accueillis par une ambiance énergique et festive inspirée du carnaval antillais : reines en costume, un groupe jouant du steel pan et un photomaton affichant la pléthore de drapeaux de la région ornaient l’entrée, tandis que le DJ guyanais King SZN dynamisait l’atmosphère lors de l’animation pré-match. Dans le Marché de Brooklyn, il était possible de goûter à des mets tels que ceux proposés par Coco Bred, des sandwiches jamaïcains, ou encore Likkle More Jerk, un stand de cuisine jamaïcaine à l’échelle permanente.
Une mère originaire de Sainte-Lucie, Kashama, auteure pour enfants, était présente avec sa famille, vêtue de ses couleurs nationales jaune et bleu, afin de prendre des photos et de célébrer l’occasion.
Une soirée qui rend hommage à l’héritage caraïbe
“Je pense que c’est une initiative formidable car Brooklyn est une communauté extrêmement diversifiée, composée de nombreuses cultures différentes”, déclare Kashama, propriétaire des livres Sand Castle. “Dédiée à la nuit du patrimoine antillais et caribéen, cette célébration permet à chacun de rendre hommage à toutes les îles des Caraïbes. C’est avant tout une fête de la culture, de l’ambiance et de l’héritage. C’est magnifique.”
Sur la scène, peu après, la chanteuse de Sainte-Lucie Ashley Skerritt a interprété l’hymne national américain, tandis que le rappeur guyanais Red Café, accompagné des Brooklynettes et de l’équipe Hype, a animé la mi-temps avec un set musical évoquant la Caraïbe.
“Nous sommes satisfaits de cette représentation”, confie Molly Edward, qui assistait pour la première fois à un match. “C’est agréable et chouette, surtout avec cette ambiance festive de carnaval, surtout alors que l’été approche.”
Une démarche communautaire au-delà de la soirée à thème
Mais selon Wilson, ces animations ne sont qu’un aspect de la stratégie globale d’engagement communautaire mise en œuvre. Une autre facette consiste en le soutien actif aux jeunes, notamment à travers le partenariat du joueur des Nets, Terance Mann, avec l’organisation Inspiring Minds et Skechers. Par cette initiative, des élèves de Flatbush, brillants par leur assiduité et leurs résultats scolaires, ont reçu des bons pour des chaussures et ont participé à une conférence sur les carrières, organisée par les représentants de Brooklyn Sports & Entertainment et Skechers.
Le soutien aux petites entreprises locales constitue également une pierre angulaire du programme Nets Unite. Via le Boston Market, un programme permettant à des commerces locaux de tenir des stands éphémères dans l’arène pendant quatre à six semaines, la franchise favorise la croissance et la visibilité des entrepreneurs. Ceux qui rencontrent du succès ont ainsi la possibilité de revenir dans la saison suivante. Par exemple, Little More Jerk, célèbre restaurant jamaïcain, a débuté comme stand éphémère dans le cadre de ce dispositif, et a aujourd’hui un emplacement permanent, toute l’année, dans le Barclays Center.
Enfin, Wilson insiste sur la diversité au sein des équipes internes de l’organisation : “Les Haïtiens sont bien représentés dans nos bureaux. Et pour rester sincère dans notre manière de commercialiser et de promouvoir Brooklyn, nous devons aussi veiller à ce que cette diversité se reflète en interne, afin d’être véritablement authentiques dans nos actions.”
