Le président Donald Trump encourage les dirigeants d’Amérique Latine à renforcer leurs efforts militaires contre le trafic de drogue
Lors d’un sommet régional organisé dans la propriété Trump National Doral Miami, située près de Miami, le président Donald Trump a lancé un appel aux dirigeants latino-américains en leur suggérant d’envisager une intervention plus ferme pour lutter contre les cartels de la drogue et les gangs transnationaux. Selon lui, ces organisations représentent une « menace inacceptable » pour la sécurité de toute la région occidentale.
Ce sommet, nommé « Bouclier des Amériques », réunissait des chefs d’État et de gouvernement issus de divers pays d’Amérique Latine. La rencontre intervient dans un contexte où l’administration américaine souhaite recentrer sa politique extérieure sur cette région stratégique.
Une réponse militaire face à la criminalité organisée
« La seule façon de vaincre ces ennemis, c’est de libérer la puissance de nos forces armées », a déclaré Trump. « Nous devons utiliser notre armée. Vous devez utiliser la vôtre. »
Il a comparé cette proposition à la coalition dirigée par les États-Unis qui a combattu le groupe État Islamique au Moyen-Orient, affirmant qu’une coopération similaire est nécessaire pour démanteler les organisations criminelles à travers l’Amérique.
« Nous devons maintenant faire la même chose pour éradiquer les cartels chez nous », a-t-il ajouté.
Un sommet dans un contexte de tensions mondiales
Ce rassemblement a eu lieu deux mois après que Trump a ordonné une opération militaire américaine visant à capturer l’ancien président vénézuélien, Nicolás Maduro, pour le traduire devant la justice aux États-Unis pour complot en matière de drogue.
Le sommet s’est également déroulé dans un contexte où les États-Unis restent engagés dans un conflit avec l’Iran, aux côtés d’Israël. Trump a quitté la réunion peu après son discours pour se rendre à la base aérienne de Dover, dans le Delaware, en vue du transfert solennel de six soldats américains morts lors d’une frappe de drone sur un centre de commandement au Koweït.
Il a qualifié ces pertes de « situation très triste » et a salué les militaires comme de « grands héros ».
Malgré ces tensions globales, le sommet a permis de mettre en avant la volonté de l’administration de recentrer l’attention sur la vaste région du Western Hemisphere. Trump a réaffirmé son engagement à renforcer l’influence des États-Unis dans cette zone et à contrer ce qu’il perçoit comme une croissance de la présence économique chinoise.
Trump indique une pression accrue sur Cuba
Le président américain a également laissé entendre qu’une révision de la politique américaine à l’égard de Cuba pourrait intervenir après le conflit avec l’Iran.
« De grands changements sont à venir pour Cuba », a-t-il affirmé, ajoutant que la direction cubaine est « très proche de la fin de la ligne ».
Le président cubain Miguel Díaz-Canel a critiqué cette rencontre, la qualifiant sur les réseaux sociaux de « petite, réactionnaire et néo-coloniale ». Il a accusé les États-Unis d’encourager les gouvernements de droite dans la région « à accepter l’utilisation létale de la force militaire américaine pour résoudre des problèmes internes ».
Des chefs régionaux présents à ce sommet
Les dirigeants d’Argentine, de Bolivie, du Chili, du Costa Rica, de la République Dominicaine, de l’Équateur, d’El Salvador, de Guyana, du Honduras, du Panama, du Paraguay ainsi que de Trinidad et Tobago étaient présents à cette réunion.
Ce sommet fait suite à l’échec de la 10e édition du Sommet des Amériques, initialement prévue l’année dernière autour d’un sommet officiel, lors duquel la République Dominicaine, qui devait accueillir la rencontre, a empêché la participation de Cuba, du Nicaragua et du Venezuela sous pression de la Maison Blanche.
Face à la menace d’un boycott par certains chefs de file de la région, le président dominicain Luis Abinader a reporté la tenue de l’événement, évoquant des « différences profondes » entre pays du continent. En cela, ce nouveau sommet, baptisé « Bouclier des Amériques », traduit la volonté de Donald Trump d’adopter une stratégie régionale plus ferme, misant sur la coopération militaire et le renseignement pour combattre le crime organisé.
Une coopération militaire renforcée
Dans ce même contexte, l’Équateur et les États-Unis ont mené cette semaine des opérations militaires conjointes visant des groupes criminels en Équateur, marquant une étape dans cette nouvelle dynamique de lutte commune contre le trafic de drogue.
Les autorités ont indiqué que des forces de sécurité américaines et équatoriennes ont attaqué un refuge du groupe paramilitaire colombien « Comandos de la Frontera » situé dans la région amazonienne, vendredi.
Le président équatorien, Daniel Noboa, a souligné que cette opération s’inscrivait dans un effort régional plus large contre le trafic de drogue.
« Cette lutte conjointe contre les trafiquants n’est que le début », a-t-il déclaré.
Les pays clés absents à l’appel
Il faut noter que l’absence remarquée du sommet de pays comme le Brésil, le Mexique, et la Colombie, ces trois puissances majeures de la région et partenaires anciens des initiatives antidrogue américaines, a marqué l’événement.
Trump n’a pas manqué de critiquer le Mexique lors de ses interventions, qualifiant ce pays d’« épicentre de la violence des cartels ».
« Les cartels contrôlent le Mexique », a-t-il affirmé. « Nous ne pouvons pas tolérer cela. C’est trop proche de nous. Trop proche de vous », a-t-il ajouté.
L’influence croissante de la Chine dans la région
Bien que Trump n’ait pas abordé directement ce sujet lors de son discours, son administration a régulièrement mis en évidence la montée en puissance de la Chine en Amérique, considérant cette influence comme une menace majeure.
Les responsables américains pointent du doigt les investissements chinois en infrastructures, leur coopération militaire, ainsi que l’exploitation des ressources naturelles à travers tout le continent.