Une étude révèle un lourd bilan pour la santé maternelle en République Dominicaine
Une recherche menée par le Centre d’Études de Genre du Institut Technologique de Saint-Domingue (Intec) met en lumière une réalité alarmante : en République Dominicaine, une femme enceinte décède tous les deux jours suite à des complications liées à sa grossesse. Selon cette étude, en 2025, 177 femmes sont mortes durant l’accouchement, la majorité des cas étant évitables. Ce chiffre place le pays bien au-delà des moyennes régionales de mortalité maternelle en Amérique latine et dans les Caraïbes, avec un taux supérieur à 90 décès pour 100 000 naissances vivantes.
Une situation critique révélée à l’occasion de la Journée Internationale des Femmes
Le rapport, intitulé “Maternité sûre et respectueuse, droits humains : dettes, arriérés et violences institutionnelles envers les femmes”, a été présenté à l’occasion de la célébration de la Journée Internationale des Femmes, le 8 mars. La dernière donnée officielle disponible, issue du Bulletin Épidémiologique de la semaine 52 de l’année 2025, indique qu’en 2024, le nombre de décès maternels est resté identique à celui de l’année précédente, soit 177 décès.
En se référant aux premières données du Système National de Surveillance Épidémiologique (SINAVE), le rapport précise qu’en 2024, le taux de mortalité maternelle s’élevait à 124,8 décès pour 100 000 naissances vivantes. Ce chiffre illustre l’urgence d’agir pour réduire davantage cette mortalité évitable.
Les causes évitables et les recommandations pour améliorer la situation
Les experts, Dalul Ordehi, Doyen des Sciences Sociales et Humaines, et Desiree del Rosario Sosa, coordinatrice du CEG-INTEC, soulignent que 9 décès maternels sur 10 pourraient être évités si des mesures efficaces étaient mises en place. Parmi ces mesures figurent une prise en charge de qualité pour les femmes enceintes, un accès universel aux méthodes contraceptives, ainsi que la lutte contre les inégalités d’accès aux services de santé.
« Autrement dit, dans notre pays, toutes les deux journées, une femme meurt lors de la grossesse en raison de complications survenues pendant la grossesse, l’accouchement ou la période postpartum, la plupart du temps pour des causes évitables », ont affirmé ces spécialistes, insistant sur la nécessité d’intensifier les efforts pour protéger la vie des femmes enceintes.