Découverte majeure à Azua : près de 30 squelettes humains découverts dans les ruines d’une ancienne église coloniale à Pueblo Viejo
Dans la région d’Azua, une découverte remarquable vient de faire surface. Près de trente squelettes humains ont été exhumés dans les vestiges d’une église datant de l’époque coloniale, située dans le site historique de Pueblo Viejo. Cette découverte exceptionnelle pourrait également inclure les restes de la légendaire figure Taino, Enriquillo, célèbre pour avoir mené la résistance contre la colonisation espagnole au XVIe siècle.
Une mission archéologique sous la direction d’experts internationaux
La mission archéologique chargé de cette fouille en est à la phase finale de ses travaux d’excavation. Elle mobilise une équipe pluridisciplinaire d’experts venus du monde entier, sous la coordination de la célèbre archéologue dominicaine Kathleen Martínez. Lors d’une interview, Martínez a expliqué que l’équipe a utilisé une technologie avancée de radar géologique, importée d’Israël, afin d’identifier avec précision les anomalies sous la surface du sol. Ces zones suspectes ont ensuite été excavées avec une grande précision, permettant de préserver l’intégrité des découvertes.
Une science multidisciplinaire au service de la recherche
“L’archéologie est une science qui mobilise plusieurs disciplines”, précise Kathleen Martínez. Elle souligne également que, pour répondre aux exigences techniques du projet, du matériel spécialisé a été importé d’Égypte. Cette collaboration internationale témoigne de l’importance et de la complexité de cette fouille, qui nécessite des compétences variées allant de la géophysique à la bioarchéologie.
Analyses des restes et perspectives futures
Les ossements retrouvés proviennent des ruines de l’église de Las Mercedes. Les chercheurs s’emploient actuellement à établir des profils osteo-géologiques détaillés pour chaque individu. Ces profils incluent notamment le sexe, la stature ainsi que d’autres indicateurs biologiques. Une fois ces analyses terminées, l’équipe passera à l’étude génétique, notamment à l’analyse de l’ADN, pour tenter de déterminer l’origine ethnique des restes et vérifier si certains pourraient appartenir à Enriquillo.
“Nous chercherons à savoir si l’ADN révèle une origine européenne ou caribéenne”, explique Martínez. “Cela nous permettra de tirer des conclusions définitives à ce sujet.”
Restaurations et préservation du patrimoine historique
Au-delà de la fouille, le projet inclut également la restauration des ruines de l’église. Plus de 240 blocs de pierre originaux, provenant de la nef et des environs, ont été soigneusement extraits, catalogués et réassemblés selon la méthode de l’anastylose, qui consiste à restaurer les structures en utilisant leurs matériaux d’origine.
La spécialiste en restauration, María Luz Carretel, a détaillé ce processus, précisant que du mortier de chaux et des pierres authentiques, conformes à la construction initiale, sont employés pour réparer et consolider l’édifice. “L’utilisation de ciment est strictement interdite. Aucun matériau moderne n’est ajouté”, insiste-t-elle.
Un travail labellisé par des années de recherches
Ce projet s’appuie sur plus d’une décennie de recherches historiques, documentaires et archéologiques, financées notamment par la Fondation Macarrulla. Cette collaboration renouvelée a permis d’asseoir la rigueur scientifique et l’expertise technique nécessaires à une telle entreprise.
Une étape cruciale : l’analyse génétique à venir
Une fois la phase d’excavation achevée, place à l’étape la plus attendue du projet : l’identification par l’ADN. Les résultats de ces analyses sont prévus pour la fin de cette année, avec l’espoir qu’elles éclaireront davantage l’histoire des populations indigènes de la région et leur résistance face à la colonisation.
Ce qui pourrait constituer une avancée majeure dans la connaissance de l’histoire caribéenne, en permettant de mieux comprendre l’origine et le parcours des peuples anciens, notamment ceux qui résistaient à l’envahisseur européen. La communauté scientifique et le patrimoine culturel de la région attendent avec enthousiasme la publication des résultats, qui pourraient bouleverser les perspectives actuelles sur l’histoire de la résistance indigène dans les Caraïbes.