Le Carnaval à Cap-Haïtien : Une fête traditionnelle qui suscite la lassitude mais brille encore par ses moments de magie
Pendant trois jours, la ville de Cap-Haïtien a vibré au rythme du carnaval. Cependant, cette année encore, le folklore et les costumes ont semblé tourner en rond : les mêmes déguisements, les mêmes parodies, et un défilé quasi identique à celui de l’année précédente. Des zombies déambulaient dans les rues, les vampires hurlaient dans le silence de la nuit, et les couples royaux défilaient main dans la main au son des musiques entraînantes. Mais après deux jours, l’engouement a commencé à faiblir, certains habitants déclarant être lassés de cette répétition incessante, déplorant un manque d’originalité et de charme dans les festivités de cette année.
Une animation qui n’a pas su convaincre
Les défilés, habitués aux mêmes scènes, ont peu à peu laissé place à une certaine monotonie. Les spectateurs, peu nombreux à la fin du troisième jour, ont exprimé leur désillusion face à cette impression de déjà-vu. La magie semblait s’être évaporée, laissant place à une célébration sans grande nouveauté, sans coups de théâtre ou surprises pour raviver l’intérêt.
Une exception qui a illuminé la ville
Cependant, au milieu de cette routine récurrente, une animation a véritablement apporté un souffle d’air frais : le Carnaval des Enfants, qui s’est tenu le 12 février, a ravivé la cité et redonné de l’éclat aux rues de Cap-Haïtien. Cette journée exceptionnelle a été une véritable explosion de couleurs et de joie, apportant un vent de renouveau et d’enthousiasme.
Une parade pleine de vie et d’innocence
De nombreuses petites filles vêtues de robes folkloriques aux couleurs vives, ornées de paillettes et de maquillages brillants, ont dansé le long du parcours. Certaines, déguisées en princesses, s’étaient installées à l’arrière de pickups, saluant la foule, soufflant des baisers, tandis que les véhicules avançaient lentement dans les ruelles étroites de la ville. La foule, captivée, sortait ses téléphones pour immortaliser ces instants magiques, prenant des photos et des vidéos pour garder une trace de cette journée pleine d’innocence.
Une parade organisée par une école catholique
L’événement a été organisé par l’Institut Sainte-Françoise Xavier, une école catholique réservée aux filles. Les élèves ont défilé de la Place d’Armes jusqu’au campus, situé à environ deux cents mètres, en portant des costumes traditionnellement haïtiens, éclatants de couleurs et de sourires.
Les images de la fête
Voici quelques clichés de cette journée pleine de vie et d’émotion.



Des zombies toujours présents dans la course
Malgré la journée exceptionnelle consacrée aux enfants, la fête a varié un peu dans sa dernière journée. Le 17 février, les zombies sont revenus en force. Une procession morbide a parcouru le boulevard, portant un cercueil, pour la troisième journée consécutive. Ces figures emblématiques du carnaval, costumées en noirs et rouges, ont défilé sous le regard à la fois amusé et horrifié des spectateurs. Leur présence, devenue quasi incontournable lors de chaque édition, a rappelé la facette la plus sombre de cette célébration.
Une édition fidèle à ses traditions, mais sans innovation
Ce carnaval a conservé ses éléments traditionnels : des personnages macabres, des danses endiablées, des costumes flamboyants. Néanmoins, l’absence d’originalité et de surprises a été vivement remarquée. La foule, habituée à un spectacle unique et renouvelé chaque année, aurait attendu davantage d’audace et de nouveauté.
Malgré tout, cette fête demeure un rendez-vous incontournable de la vie culturelle capoise. Même si elle semble tourner en rond, elle continue à rassembler les familles et à faire rayonner la ville durant ces trois jours de festivités, tant que l’esprit de convivialité et de partage reste intact.