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15 novembre 2019

Un week-end bouleversé invitant à changer de cap.

Paru le 30 Avril 2018

Par Carlens NAPOLEON
Le Philanthrope.
Temps de lecture : 2 mns 20 S.

Le vendredi 27 et le samedi 28 avril 2018, le pays a connu deux grands funestes évènements. Le premier s’est produit du côté de Thiotte dans le département du Sud-est et l’autre s’est déroulé dans le département du Nord à Café Trio, au Cap-Haïtien. L’un est plus étrange et déplorable que l’autre. Le premier est lié à la question du domaine foncier et le deuxième en a rapport au sujet du Petrocaribe. Quid de ces deux réalités ?

La question foncière représente un majeur problème en Haïti. Au cours de ces dernières années, on assiste à la recrudescence de ce sujet. Ce faisant, les autorités judiciaires ont mis sur pieds la Brigade d’Intervention contre l’Insécurité Foncière (BRICIF). Malheureusement le résultat de l’opération menée par cette unité à Thiotte est plus que décevant et prouve l’inefficacité de cette démarche. 14 policiers abandonnent leurs armes, 2 véhicules incendiés lors de cette opération stérile dans la commune.

On ne doit pas croire qu’une brigade soit inutile dans l’affaire cependant, elle ne saurait pas la véritable force pouvant empêcher ce problème. Si elle ne vient pas en dernier, elle devra être considérée comme étant l’avant dernière solution, puisqu’on ne peut pas mettre les charrues avant les bœufs. Cette question doit interpeller d’abord les notaires parce que ce sont eux qui ont la charge de livrer des papiers relatifs au domaine terrien dans le pays depuis des lustres.

Le Petrocaribe, lui-même, est le sujet le plus controverse à l’heure actuelle. Ce n’est pas un dossier qui met seulement en accusation un secteur strictement identifié, mais une affaire qu’invite à mettre en examen pure et simplement la classe politique en entier. Qu’il s’agisse de la classe d’opposition ou du pouvoir depuis la période d`adjudication de ce fonds.

L’attaque au gaz lacrymogène à café Trio, au cap haïtien qui a fait un mort, Jacques Dubois, animateur et porte-parole de Tropicana et des dizaines d’intoxiqués, nous montre et présente la fragilité et l’évidence de ce sujet à savoir le Petrocaribe. Elle se présente à 3 niveaux: Premièrement, il y a le gaspillage du fonds, deuxièmement il y a la complaisance des autorités judiciaire et troisièmement, il y a le matraquage politique du dossier.

Si l’origine de tout ce qui engendre notre indigence de peuple est inconnue, aujourd’hui la question foncière et le dossier du Petrocaribe s’identifient non seulement de par eux-mêmes, mais aussi par d’autres acteurs se retrouvant dans plusieurs secteur de la vie national. Le premier constitue la véritable pierre d’achoppement notamment pour les secteurs ayant l’envie d’investir en Haïti. Et l’autre traduit le degré de corruption et du cynisme existant en Haïti.

En effet, créer un climat propice à l’investissement et éradiquer la corruption demeurent des principes adéquats pour garantir le développement. A cet effet, il nous est urgent de bien statuer sur l’affaire foncière et de bien trancher sur le dossier du Pétrocaribe afin d’envoyer des signaux clairs à ceux qui aimeraient contribuer au développement d’Haïti, surtout lorsqu’on sait qu’on ne pourrait pas parler de développement et de l’économie d’un pays sans chercher à combattre la corruption et à garantir l’investissement.

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