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29 octobre 2020

Quelles sont les conditions de coopération et de la paix entre les États?

Généralement, dès que l’on parle de la Coopération et de la Paix entre les États, deux courants à savoir le Libéralisme et le Réalisme sont toujours au rendez-vous. Mais pour répondre à cette question, nous allons utiliser uniquement la théorie libérale qui est divisée sur ce sujet en trois (3) Écoles ou trois (3) courants de pensées différents.

Par : Magnekell REGULUS

Journaliste

Tout d’abord, il faut dire que l’approche libérale a souvent été la concurrente principale du réalisme. Sans constituer une doctrine homogène, elle exerce pourtant une influence forte sur la réflexion en Relations internationales, et a donné lieu à des concepts, voire à des méthodes politiques ( Pour obtenir la Paix par exemple), que l’on ne peut se permettre d’ignorer. La Paix démocratique, la Paix par le Marché, la place de l’éthique dans les Relations internationales, comptent parmi les thèmes centraux de cette démarche. Et quant à la question « QUELLES SONT LES CONDITIONS DE COOPÉRATION ET DE PAIX ENTRE LES ÉTATS ? », les libéraux apportent trois (3) types de réponses qui traduisent chacune un courant distinct au sein de la théorie libérale.

Les trois principaux courants libéraux :

1-Le Libéralisme Républicain
2-Le Libéralisme Commercial
3-Le Libéralisme Institutionnel.

LE LIBÉRALISME RÉPUBLICAIN

Pour les libéraux républicains, c’est la nature du régime politique qui explique le comportement international des États, et de facto le choix de la guerre ou de la coopération. On retrouve ici l’héritage de Kant. Quand la représentation politique est accaparée par un groupe particulier (dans un régime autoritaire par exemple), la politique de ce régime tend à favoriser les intérêts de la coalition dirigeante et des groupes d’intérêt qui la soutiennent. Les dirigeants sont d’autant plus prompts à engager leur pays dans une politique étrangère agressive que le coût de celle-ci sera supporté par une population soumise au silence.

À l’inverse, dans un régime dit RÉPUBLICAIN, l’existence d’une société civile critique est à même de sanctionner le gouvernement. Des contre-pouvoirs dissuadent ce dernier de recourir trop rapidement à la guerre pour résoudre les différends. Tel est l’argument clef du libéralisme républicain : Celui de la « Paix démocratique »( les démocraties ne font pas la guerre entre elles).

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LIBÉRALISME COMMERCIAL

Pour les libéraux commerciaux, C’est l’échange commercial qui peut encourager la coopération.S’inspirant de l’hypothèse d’Adam Smith de la « main invisible » ( l’existence d’une harmonie naturelle entre les intérêts : Poursuivant chacun leur propre intérêt, les individus concourent à l’intérêt commun), le libéralisme commercial estime que les intérêts des États d’une part, et l’intérêt de la communauté d’autre part, peuvent converger. Le libre échange, en encourageant l’interdépendance pour le plus grand bien de tous (c’est-à-dire en permettant l’enrichissement), permet aux États de constater que « la guerre ne paye pas ».

Dans une formulation récente et plus complexe du libéralisme commercial, l’hypothèse est précisée : plus les liens commerciaux sont diversifiés, plus la production est spécialisée, plus l’établissement de monopoles sur certaines productions (toujours sources de conflit) est difficile, et moins la guerre est envisageable ( Moravcsik). Ce pendant, cette approche a notamment été critiquée par les marxistes, pour qui les guerres « impérialistes » entre les États européens libéraux au XIXe siècle demeurent le principal démenti à l’hypothèse d’une équation entre « le laissez-faire », l’interdépendance et la Paix.

LE LIBÉRALISME INSTITUTIONNEL

Troisi variante enfin: Pour le libéralisme institutionnel, ce sont les institutions internationales qui sont dotées d’un pouvoir stabilisateur. Elles consolident, en l’institutionnalisant, la coopération entre les États jusqu’à la rendre, dans les cas les plus avancés comme l’Union européenne, irréversible. Elles dissuadent, par des mécanismes de sanctions, les États de rechercher des gains unilatéraux. Elles développent la communication entre ces États et limitent ainsi les risques d’incompréhension et de conflit. Elles encouragent la Paix en réunissant différents domaines de coopération (technique, économique, politique, ect)

On distingue sans cette approche deux propositions principales : 1- tout comme les différends entre les individus, les conflits entre États peuvent être résolus par des procédures juridiques, mises en oeuvre par des organisations internationales ( comme les Nations-Unies), mais aussi 2- par la « Sécurité collective », c’est-à-dire par l’opposition d’un ensemble d’États contre tout agresseur qui aurait déclenché un conflit. L’institutionnalisme libéral comprend diverses auteurs : des théoriciens dit « fonctionnalistes » de l’intégration entre États comme David Mitrany, des « pluralistes » comme Joseph Nye et Robert Kehoane qui insistent sur la capacité de divers acteurs institutionnels à gérer les effets d’une interdépendance complexe, ou encore des partisans de la « Sécurité collective » comme Inis Claude, qui insistent sur la nécessité de doter les organisations internationales d’un pouvoir coercitif, collectif mais géré par un petit nombre d’État à l’image du Conseil de sécurité de l’ONU.

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Au final, les conditions de la coopération et de la Paix entre les États passent pour les libéraux républicains par la Paix démocratique puisque selon eux les démocraties ne font pa la guerre entre elles, en suite, pour les libéraux commerciaux elles passent par l’échange commercial, par le libre échange, en encourageant l’interdépendance pour le plus grand bien de tous et permet aux États de constater que la guerre ne paye pas et finalement pour le l’institutionnalisme libéral, ce sont les institutions internationales qui sont dotées d’un pouvoir stabilisateur. De ce fait, les conditions de la coopération et de la Paix doivent passer par la consolidation entre les États, jusqu’à la rendre, dans les cas avancés comme l’Union européenne.

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