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30 octobre 2020

Lettre ouverte au Président du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire et au Premier Ministre

Port-au-Prince le 15 Juin 2020
Maître René Sylvestre
Président du Conseil Supérieure du Pouvoir Judiciaire

Monsieur Joseph Jouthe
Premier Ministre

Monsieur le Président
Monsieur le Premier Ministre

Nous les héritiers Paulémon, propriétaires depuis près de cinquante (50) ans tant par titres que par prescription du projet résidentiel connu sous le label Village ULDECA situé à Delmas 33, rue J. B. Dessables prolongée sur l’habitation Prédailler, attirons votre attention sur certaines dérives au sein de l’appareil judiciaire qui nous causent d’énormes préjudices.
Dans les faits, le maire de Delmas M. Wilson Jeudy, s’est introduit sur la propriété d’un voisin limitrophe au Village ULDECA, a procédé à la destruction de notre mur de clôture, s’est accaparé d’une portion de nos terrains et s’y est installé depuis lors; c’était le Lundi 18 Avril 2011. La présence d’un juge de paix sur les lieux pour constater et verbaliser la flagrance se termine en queue de poisson. Récemment intervenant sur les ondes de la chaîne de télévision Télé20, M. Wilson Jeudy confirme s’être auto proclamé Juge des Titres pour les propriétés se retrouvant dans “sa commune” avec droits de destruction des clôtures, de dépossession forcée, d’occupation illégale, d’aliénation etc. Le bris de clôture n’est plus un délit punit par la loi. La jouissance du bien d’autrui devient un droit. La dépossession d’un bien immobilier, fruit de 10, 15, 20 ans de dur labeur, de privations et d’indescriptibles sacrifices consentis est une banalité. Il est assuré de ne pas être poursuivi pour ses actes malhonnêtes et criminels, le système judiciaire lui est tout dévoué. L’état c’est lui, il a réécrit la Constitution Haïtienne ou du moins, il met en veilleuse les articles qui pourraient nuire à son omnipotence. Si les propriétaires victimes de cette dépossession arbitraire se défendent et qu’il estime avoir perdu trop de temps en justice, “il demande au Président de la République de prendre un décret déclarant la propriété convoitée d’utilité publique.” « Delmas à 87% est la propriété de l’Etat Haïtien. » Dixit M. Wilson Jeudy sur les ondes de Télé20, à l’émission Sa Kap Kwit du Mercredi 13 Mai 2020. La constitution du pays, les lois du pays, les conventions ratifiées etc., ne sont que de l’encre périmée sur du vulgaire papier… Le coup d’envoi est donné, les associés n’attendaient que ça.
Le lundi 12 Décembre 2011, c’est au tour de Maître Jean Joseph Exumé, accompagné de l’huissier Lesly Antoine et de plusieurs policiers à sa solde, prétextant exécuter un jugement de défaut rendu en faveur de sa prétendue cliente contre un certain François Dormevil, pour un terrain qu’il dit lui-même être situé sur l’habitation Fragneau à Delmas 75. Il se présente chez nous au Village ULDECA situé sur l’habitation Prédailler à Delmas 33, procède à la destruction d’un pan de mur de notre clôture et installe une barrière. Aujourd’hui cette brèche dans notre mur de clôture sert de passage à tous les accapareurs de terres qui occupent illégalement notre propriété.

Il est tout aussi important de noter que Maître Jean Joseph Exumé a utilisé un faux NIF, le 003-089-243-5, pour ester en justice aux noms de veuve Carmène Gordon et du Docteur Fritz Audouin. Dans une conversation avec le Docteur Fritz Audouin ami et ancien médecin de la famille Paulémon, de passage dans le pays en Septembre 2018, il nous a confirmé n’avoir jamais engagé les services de l’avocat Jean Joseph Exumé. Ni lui ni sa mère défunte, Mme Carmène Gordon Audouin.
Dans un troisième temps, interviennent les sieurs Hadley Carré et Rosemond Jacques deux professionnels de la dépossession avec un nombre important de victimes à leur actif. Ils sont armés du tristement célèbre jugement de défaut. Ce jugement de défaut en date du 7 Novembre 2011, rendu par le juge Jn François Denis Pierre Cyprien avec comme pièce justificative un faux acte sous seing privé, est pour une réclamation de terrain qu’ils disent eux même être situé à Delmas 41 Faustin 1er. Nous vous faisons remarquer que les tenants et aboutissants de ce prétendu terrain réclamé par les sieurs Hadley Carré et Rosemond Jacques n’ont absolument rien à voir avec le Village ULDECA situé à Delmas 33, rue J. B. Dessables prolongée. Opposition a été faite à ce jugement de défaut pour la simple raison que le nom de Grégory Paulémon y était mentionné.

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Le jugement d’opposition est rendu le 1er Juillet 2013 prononçant la rétractation du jugement de défaut; le 16 du même mois le jugement d’opposition est régulièrement signifié. Grande a été notre stupéfaction d’apprendre qu’un Ministre en fonction avait utilisé sa position pour ordonner à un Substitut-Commissaire du gouvernement de délivrer exequatur à ce jugement de défaut qui de toutes façons ne concerne en rien notre propriété. Ordonner l’exécution d’un jugement annulé relève du fantasme de gens qui devraient se faire psychanalyser. C’est une insulte au système judiciaire et à la société. Il est important de noter que jusqu’à date, aucun jugement n’a été exécuté contre la famille Paulémon pour leur propriété le Village ULDECA. Fort de l’appui de ce Ministre et de certaines personnes qui se sont constitués en barons de la corruption et de l’impunité, les sieurs Hadley Carré et Rosemond Jacques ont pris sur eux, avec la complicité de l’ancien juge Lamarre Bélizaire, du juge Duny Dubé, de l’ex Député Jean Romélus Lisma, des notaires Ulrick Jérôme et Jean Jacques B. Charlotin (notaires de Pointe à Raquettes île de la Gonâve et de Delmas), des arpenteurs Saint Fils Georges et Ronald Augustin (arpenteurs de Kenskoff et de Delmas), de rédiger des faux titres de propriété faisant référence au jugement de défaut annulé du 7 Novembre 2011 comme justificatif de droits pour placer leurs acolytes sur notre propriété le Village ULDECA.


L’état de droit tant prôné par le Président de la République et désiré de tous, suppose avant tout le respect et l’application des lois du pays. Aucune société, même tribale ne saurait survivre, voire prospérer dans l’irrespect des lois. Depuis un certain nombre d’années, nous de la société civile assistons à une descente aux enfers orchestrée justement par ceux qui ont la charge d’appliquer et de faire respecter les lois du pays. Ceux-là même qui commettent ces crimes sont invités et reçus à la télévision, à la radio, ils participent aux séances de formations à l’étranger sur la lutte contre la corruption, ils dirigent des commissions de réforme sur les lois du pays ; de passage à des positions clés au sein de l’état, ils renforcent et mettent en place leurs réseaux de mafieux ; ils occupent les devants de la scène, ils se présentent et sont présentés comme étant des références de notre société. L’anarchie en aucun cas ne peut être institutionnalisée. « Quand des personnes sans foi ni loi s’emploient à briser la loi et l’ordre qui, seuls, permettent l’existence d’une société humaine, je dois m’acquitter de mes responsabilités », Tommy Douglas ancien Premier Ministre du Saskatchewan. Le mépris des appels à l’aide contenus dans nos correspondances adressées aux différentes instances concernées (Parquet de Port-au-Prince, Direction des Affaires Judiciaires, BRICIF etc.) nous est déconcertant. L’autruche finira bien par sortir sa tête du trou.
Le 5 Mai dernier, ces professionnels de la dépossession sont encore une fois à l’œuvre. Un homme d’âge mûr dépassant la soixantaine, M. Patrick Benoît, résident et copropriétaire du Village Les Palmes situé sur l’habitation Soisson dans la commune de Pétion-Ville, est violemment battu chez lui sur sa propriété par des « policiers et hommes de main » supervisés par le juge Vrigneau Ricot commissionné pour la commune de Delmas. Baignant dans son sang, bras cassé, crâne défoncé, le visage dans la poussière, il est ligoté comme un animal ne devrait jamais l’être puis il est conduit dans une cellule de garde à vue. L’hyène et sa horde avaient faim. Ils viennent d’assouvir leur besoin de renifler et de goûter le sang. Ils viennent de se faire reconnaître tout puissants; leur sauvagerie ne connait aucune limite. Plus d’un mois après, le silence des autorités se fait assourdissant.
Il est dit que l’histoire est écrite par les victorieux. Nous faisons remarquer qu’elle n’est jamais écrite par ceux-là qui pratiquent le vol, la dépossession illégale, l’abus de pouvoir, l’usage du faux, l’arbitraire, l’enrichissement frauduleux comme étant leur religion et gagne-pain. Le jugement de l’histoire nous attend tous. A chacun d’écrire dans le temps présent ce qui sera les motifs du verdict de demain. « Si bergers du troupeau, nous nous en constituons les loups, si gardiens de la maison, nous nous faisons les voleurs qui la brisent et la pillent, si rebelles au meilleur de nous-mêmes, nous manquons à nos engagements solennels, alors il sera temps d’entrer en jugement avec nous et de nous demander des comptes. » Dumarsais Estimé 16 Août 1946.

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En rédigeant cette lettre, nous croyons fermement que nous nous adressons à des Hommes d’État qui, soucieux du respect de la loi et de son application prendront les dispositions nécessaires pour que justice soit rendue non seulement à la famille Paulémon mais aussi à toutes les autres familles victimes de ces actes de dépossessions illégales.

Nous vous prions d’agréer nos salutations respectueuses.

Grégory Paulémon
Max Olivier Bros (Mandataire de Valérie Bros et de Sybille Bros)

Magalie Paulémon Genna

Françoise Bros

Me Arnel Remy, Av.

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