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23 septembre 2021

Haïti: La mort se promène toute nue dans les villes et faubourgs, alors que les ministres continuent de percevoir leur salaire, allègrement et éhontément

D’aucuns qualifient la décennie haïtienne 2011-2021 de décennie d’horreur, de calamité et d’enfer, que ce soit sur le plan politique, sur le plan économique et social. On peut se demander s’ils n’ont pas raison, considérant la déchéance multiforme à laquelle toutes les couches du pays assistent depuis l’ère Martellienne à date, sans ignorer que bien avant la présidence délinquante du 7 février 2011, les choses n’étaient pas roses.


Sur le plan politique, le pays tout entier s’est converti petit à petit en une véritable tombe à ciel ouvert sous les yeux coopérants de celles et ceux qui ont usurpé littéralement le titre « d’autorités étatiques qu’ils n’auront jamais valu ». L’ingouvernabilité ou la disgouvernance étatique cesse d’être l’exception à la règle pour devenir la règle même, ce, avec l’aide funeste, horrible et destructrice d’un État dépecé par crétinisme, amateurisme, et délinquance politiques. Aux trois pouvoirs constitués de l’État d’en pâtir! Au pays de s’avilir et d’être vu que dans un rétroviseur de gloire et de prouesses historiques, car le présent politique sent toujours le dur. Pour dire bien de nous, il faut malheureusement remonter des décennies et des siècles.

L’impression, devenue faits palpables, est que tous les membres dudit État ont été disloqués. Les institutions ont été réduites à leurs plus simples expressions, ou complètement anéanties (dans la plupart des cas, c’est ce qui prime). Parler d’État paria serait méconnaître le thème, vu la gravité de la situation d’Haïti.

Les mots ont perdu leur sens, voire leur genre grammatical ( on verra ça plus loin).

Un enfant né après 2010, le simple quidam haitien d’après 2010, ignore ce qu’est une police et sa mission dans l’État.

Ils auront beau entendu parler des forces armées d’Haïti mais n’ont jamais pu voir ou comprendre ce qu’est une armée, du moins, la connaître dans le concert des fonctions régaliennes de L’État. Le ridicule est visible partout, « on joue au Charles Oscar ». Un ami étranger, qui maîtrise parfaitement bien la culture haïtienne, avec qui je partage presque quotidiennement quelques théories politiques et faits sociaux, m’a dit:  » Les autorités haïtiennes sont de véritables « Madigra », de vrais « cochons bipèdes » cravatés, qui ont le regret de ne point pouvoir fourrer leur nez dans de la merde comme leurs pairs quadrupèdes », fin de citation.

Ses preuves et exemples m’étaient si logiques et tangibles (faits politiques avancés) que je me suis tu à l’écouter m’étaler les quatre vérités concernant la vie de la cité haïtienne, il m’a muselé par ses mots emplis de vérité, pour lesquels je n’avais point d’échappatoire rhétorique.

Excusez-moi, si je m’attèle encore ici au volet politique.

Cest quoi la politique dans un langage simple pour ne pas être verbeux, ronflant? *Qu’est-ce que la politique pour qu’un enfant de dix ans puisse me comprendre? Je réponds: C’est gérer le territoire qu’on a, y mettre de l’ordre, permettre que les rapports entre les gens qui y vivent soient harmonieux, humains, le plus possible, nourrir son peuple, pardon, on ne nourrit pas son peuple, mais on permet que son peuple puisse se nourrir correctement sans partialité liée aux classes, aux castes et aux clans sociaux. Permettre ici veut dire créer l’ambiance et la possibilité pour que la vie sociale soit possible pour tous. Chez nous, en Haïti, où j’ai vécu plus de 30 ans de ma vie avant mon exil, c’est l’enfer et la nullité des dirigeants qui font rire même les singes les moins doués. Tout est bizarre là-bas. On arrive même à créer, il faut retenir son souffle, * »Le police »*. Une armée haïtienne rien que pour parader. Rien que pour s’affronter à la police quand ils veulent nous distraire un peu. Ridicule. Les morts jonchent les rues, les plaines, les allées, rien n’est fait. Les quartiers ont vu leurs habitudes partir en trombe, folles. On perd ses amis, ses connaissances, ses biens, ses enfants, son soi-même. Et tous il perçoivent leur salaire mensuellement sans rien faire. Ils ne veulent démissionner pour avoir été trop nuls et trop imbéciles. La démission chez nous n’existe qu’après le mot dans le dictionnaire de Pierre Larousse. Ces « êtres politiques » sont des cancres.

Économiquement, Haïti est entré en enfer où le dollar est devenu inexistant. C’est l’État , d’ailleurs, qui ordonne que le dollar doive rester seulement aux mains des nantis. Le prix de toute chose utile ou comestible a quintuplé, sextuplé ou décupler. Le peuple a gagné les rues mais la caravane passe malgré les aboiements du peuple déchiqueté des quartiers exsangues du pays. Résultats: plus de 10 massacres.

Manger chaque jour est un luxe à Haïti, et les « responsables » s’en foutent pas mal. La caravane du président Jovenel, pour la concrétisation de laquelle plus de 300 millions de dollars américains de matériels ont été achetés, a chaviré. Le vendeur de matériels s’est la coulé douce et a ri du président fantoche et fantôme pour la campagne duquel il avait beaucoup dépensé. Aucune production à l’échelle nationale. Une honte. Et ces gens mangent chaque jour. Ils sirotent le vin et sablent le champagne importés, aux frais du peuple trompé et haï d’eux.

Sur le plan social, la vie n’existe pas pas seulement à Martissant, à Fontamara, mais dans le pays tout entier, car aucune zone n’en est épargnée. On se rappelle delmas 32, Nazon, Christ-roi, communes de Delmas et de Port-au-Prince, respectivement.

Les chiens font la fête de la chair humaine à Haïti, les ossements craquent sous les pneus de grandes cylindrées qui sentent le détritus et les autorités touchent, mangent , dorment « bien » et voyagent. Vous n’avez pas d’âme humaine?

Les premier-ministres, les derniers directeurs de la police nationale, le sénat de la République, les dernières chambres basses, les partis politiques mercantiles, la société civile affairiste et cupide, ayez la décence d’apprendre à avoir honte de vous et de vos familles!

Vous ne valez rien aux yeux des étrangers chez qui vous vous rendez chaque semaine, chaque mois, tirés à quatre épingles, comme des paons et des paonnes, car dans le sens de l’honneur, vous puez la merde humaine puisque chez vous vous ignorez la vie, la propreté, la sécurité, le ludique, l’existence tout court.

Démissionez en bloc, chers nuls fameux de mon pays, vous devriez constamment marcher face contre terre!

Paris, France, le 9 Juillet 2021, Antoine Cazeau Nérilus.

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